CHAPITRE VJ
peuple ne dissipaient pas la profonde tristesse dans laquelle elle était plongée depuis les rigueurs dont elle avait été l'objet. Ce ne fut qu'au retour (J'un voyage dans les montagnes, dont le souvenir est conservé par des inscription^ gravées sur quelques maisons des Eaux-Chaudes, qu'elle consentit à fixer le jour de son départ*.
Cette résolution affligea vivemen,t lea Béarnais qui avaient espéré la conserver comme souveraine. Ils lui présentèrent plusieurs adresses pour la supplier de rester. Palma Cayet rapporte à ce sujet l'anecdote suivante. « En sa maison d,e Castel Beziat, à Pau, que la royne sa mère avoit faict bâtir jpour elle expressément, à sçavoir, sur une certaine esmotion là advenue durant .ces guerres dernières; voyant qu'il luy fallpit venir trouver le roy son frère, ce que les Béarnois ne consentoient aisément, elle escrivit ces mots : « Quo me fata 'Oocdnt, )> Tous aussi,tost, s'estant layé les mains pour se mettre a table, elle
1. Lettre de la princesse à M. d'Espalungne, Bibl. na Dupny, 407, fdl. 68. — ^ IdemSiû capitaii;ie Incamps.— Chi de Lourdes, par M. de Lagrèî^é.
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trouva rhémistiche tel, « Ne qiio te fata vocavent, » Or, c'estoit un équivoque par antiperistase pour la destourner de son voyage ; et néantmoins ceux qui firent cela n'y gaignèrent rien, car elle estoit toute résolue dç venir en France trouver le roy son frèr^ à son mandement *. »
El^ quitta Pau à la fin d'octobre 1592, et la régente de Navarre fut saluée une dernière fois par les acclamations enthousiastes d'une foule immense. Les pauvres, qu'elle avait secourus, pleuraient amèrement. De vieilles paysannes béarnaises paraissaient inconsolables. « Vous me reverrez, je reviendrai pour vous, leur disait Catherine avec émotion. — Ahl madcmio^ plan vedem Panodo^ como de boste may^ mes no veyram pas la tornada^ lui répondit tristement une de ces femmes*. Oes paroles se réalisèrent : la sœur de Henri IV s'éloignait pour jamais de ce peuple héroïque qui voyait disparaître avec