CHAPITRE VI
ciatioii prescrite par le roi ; ces pièces demeureraient entre les mains de Sully qui s'engagerait par un serment solennel, au nom du roi, à récompenser c^e marque de soumission par un prochain mariage. Ces dispositions réglées, les promesses furent examinées par Sully en présence de Catherine, du prince, de madame de Gramont et de du Perron, frère de Tévêque d'Évreux, qui avait. signé comme témoin au château de Pau.
Sully produisit ensuite Tacte de renonciation qu'il avait rédigé dans les termes suivants :
« Nous, Catherine, sœur unique du roy, et nous, Charles de Bourbon, comte de Soissons, de notre pure, libre et franche volonté, sans aucune induction, forée ni contrainte, avons déclaré, et déclarons par ces présentes, toutes et chacune les promesses de mariage qui pourront être ou avoir été faites entre nous, nulles, de nul effet et valeur, en quel(pji^s formes et en quelque lieu qu'elles soient ; avons coftseiiti et accordé, consentons et accordons, que toutes lesdites promesses nous soient respectivement rendues, demeurant les choses comme non fuiti^scf iiç)ii advenues; renon-
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18i CATHERINE DE BOURBON.
çant à tout ce que pourrions nous prétendre en vertu d'îcelles, et que, sans y avoir égard, chacun de nous soit libre et délié, et quil puisse, quand et avec qui il lui plaira, faire et contracter Mariage : en témoing de quby, et pour preuve dé notre vo^ lonté et intention, nous avons sigîié de notre main et scellé de nos armes la présente déclaration, et, ' pour la rendre plus authentique, Tavons .voulu jurer et faire en présence et es mains de....»
La renonciation était, on le voit, bien complète et bien formelle. Y consentir, c'était annuler sans retour toute espèce d'engagement, livrer la seule arme qui leur restait, aux mains les plus intéressées à la briser. Mais Sully était pour la princesse un amî d'enfance, dontraffection levait soutenue dans plusieurs épreuves; en divei^es occasions ît avait obtenu la confiance de Soisfeons ; ce qui Bt que tous deux, avec l'aveuglement de Tamour, avec -l'espoir de rentrer plus vite en gtttce auprès du roi, et d'atteindre sûrement ainsi le nut si longtemps désiré, signèrent aveu^mçnt l'acte de leur séparation; - • *
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