‹ Catherine de Medicis drame en cinq actesChapitre 23 sur 67 · I.A REINE, ALFIÉRI, HÉLÈNE · texte numérisé non relu

I.A REINE, ALFIÉRI, HÉLÈNE

c vtherine. Voici le flacon, docteur. ( Voyant Hélène.'] Ah! vous n'ètes pas seul.

HÉLÈNE, confuse. Madame.

Catherine, à part. I.a comtesse! Si je i

THÉÂTRAL

pouvais... oui, je dois réussir. (H aut.) Approchez, ma toute belle, car vous venez à propos, nous allinns vous envoyer un page, avec mission de vous prier de vous rendre ici. . . Comme vous voilà émue. . . Comment vous gronder si vous paraissez devant nous dans un tel état de crainte?

Hélène. Que Votre Majesté daigne m’entendre avec indulgence.

Catherine. Oui, vousavez besoin de toute notre indulgence. -

ALFIÉRI, <i part. La reine à un projetque je ne puis définir.

Hélène , à pari. Les forces m’abandonnent.

Catherine. Remettez - vous. . . Convenez aver moi, comtesse, que c'est parfois chose cruelle que d'être doué d'un cœur trop sensible; on s’expose souvent... oh! bien involontairement, puis le mal fait, il faut le réparer, et c’est pour qu'il en soit ainsi que vous venez nous trouver. 1 Hélène t'agenouille saut répondre, la Heine la relève arec bonté.) Vous n'ètes pas si coupable que vous ne poissiez entendre votre jugement debout; oui...

nous prétendons vous juger.

ai.fièri, à part. Où veut-elle en venir?

Catherine. Écoutez donc. . . un proscrit s'est présenté à vous. {Mouvement <f Hélène.) Oh ! bien inopinément , sans que vous l’attendiez , je le sais ; cet homme vous l’avez accueilli , caché dans votre château.

HÉLÈNE, regardant Alfiéri. Madame, ce que j’ai fait , je le ferais encore si...

Catherine. Si vous ne préfériez nous demander sa grâce... Nous ne voulons pas voas refuser la première faveur que vient solliciter de nous notre nouvelle dame d’honneur , car vous venez nous demander la grâce de cet homme?

Hélène. Quoi! madame!...

Catherine. Votre protégé ne fut-il («s arrêté par ordre du maréchal Saint-André?

puis conduit à l’aris et déposé au Châtelet ou dans toute autre prison de laquelle il faut le faire sortie à l'aide d’un sauf-conduit , et sans que votre époux puisse se douter que la reine a pris part à cette affaire.

alfiéri , à part. Je commence à comprendre...

HÉLÈNE. Lorsque A'olre Majesté saura que celui qu'elle veut rendre libre , c’esL..

Catherine. Eli! mon Dieu! quelque pauvre huguenot bien obscur, pris lesarmesàlarnain; quelque jiauvre fou qui se sera permis de contrôler la conduite de notre beau cousin de Guise , ou quelque 'autre peccadille de ce genre.

ai.fièri , à part. Bien joué , madame la reine.

CATHERINE. Je lui pardonuc , ma toute

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belle, et à vous aussi , et pour récompense , je ne demande que votre discrétion. ( Elle va à la table, écrit quelques mots , prnd tlans sa poche un morceau de cire qu'elle amollit dans$esdoigts,puis le sceau, qu’elle tire également de sa poche, et l’applique sur un papier quelle remet à Hélène avec un autre quelle tire de son sein. Elle repose le cachet et la cire sur la table.) Voici un saufconduit et un ordre en blanc; je vous laisse le soin de remplir le nom.

HÉLÈNE. Je ne puis ainsi abuser de taboulé «le la reine, je dois lui dire...

Catherine, arec force. Rien !... je ne veux rien savoir. [Arec bonté et bas.) Voici de plus des instructions auxquelles il devra obéir.

ALFlf.lt I , rayant hésiter Hélène. Qu'importe le nom du coupable? le droit de faire grâce appartient à la reine, et c'est pour elle tin bonheur d’en user.

HÉLÈNE , ù part. Telle est donc votre volonté , mon Dieu !

Catherine, \llez, comtesse , bâtez-vous <le remettre ces papiers à celui â qui ils doivent rendre la liberté.

Hélène baisse la main de Catherine en sortant.

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