‹ Catherine de Medicis drame en cinq actesChapitre 46 sur 67 · CATHERINE DE MED1C1S. 2S · texte numérisé non relu

CATHERINE DE MED1C1S. 2S

peut être le motif d'un tel intérêt? {Haut.) Tout semble rentrer dans l'ordre, la nuit sera calme.

CATHFHINE. Oui... nos craintes ont cessé, nous sommes heureuse... bien heureuse en ce moment. (/Venant des papiers dans son esrarrelte. ) Tenez, docteur, examinez ces calculs astrologiques; si j'en crois ce qu'ils disent, le temps de la dissimulation est passé, celui d'agir est venu. (Alfieri prend 1rs papiers et s'asseoit près d'une table du côté opposé.) Tu dis donc que M. le prince est à ' Dreux et que lu peux facilement le rejoindre?

stelli. Ce que j'aurais déjà fait si Votre Majesté avait voulu le permettre, quoiqu’en ce moment il doit avoir quitté la ville.

Catherine, l'interrompant. Tu le hais bien, n'est-il pas vrai, ce comte de Saint-André qui a voulu faire de toi un traître?

STEi.LI. Madame...

Catherine. Oh! tu dois le haïr... Kh bien, moi aussi, je le hais et veux que le parti du prince triomphe, car par le prince seul, la France peut être délivrée de ces brouillons dont les projets d'ambition viennent sans cesse en opposition à mes volontés.

alfiéri, à part. D'un mot je pourrais changer cette grandp décision.

STELU. Quoi!... madame... mais je ne puis comprendre.

Catherine. Eh bien, docteur?

ai.hëri. Ces signes sont de bon augure...

Catherine, co«/ini«(H/. Ecoute, je veux que dans quelques heures M. le prince et les huguenots soient en possession de cette ville, et j'ai compté sur loi pour leur transmettre ce qu'ils devront faire pour s'en rendre maîtres.

STEl.M. Est-il possible!

CATHERINE, d Alfiéri. Que dites-vous, Alfiéri? Etes-vous toujours satisfait du travail de votre élève?

alfiéri. Jusqu'alors, madame, ces calculs semblent devoir promettre la victoire aux calvinistes.

CATHERINE, continuant. I.c détachement des bourgeois qui gardent la porte Chartraine m’est dévoué; en lui présentant cet ordre tu pourras sortir; alors tu gagneras en toute hâte le quartier du prince, tu t'engageras à diriger à minuit vers cette porte un détachement nombreux de ses meilleurs hommes d’armes... cette porte leur scia ouverte...

(A part.) Alors, malheur à vous, M. de Guise, malheur aussi à vous, M. le maréchal!

(Haut.) Si contre mon attente le prince est encore à Dreux, tu lui diras que moi, la reine, je veux lui parler ici, dans une heure.

stei t.l. J'obéis, madame...

Catherine. Un mot encore, fin se pré- /

sentant à cette porte, le commandant de l'expédition prononcera ces mots : Catherine et Confié.

ste* u. Catherine et Condé.

Catherine. Va... cl cette mission remplie, tu me rejoindras à Paris.

STELU. Madame...

Catherine. Je te l'ordonne... Non, je t’en prie... n'as-tu pas foi aux paroles de la reine?

4 Stelli s'incline.

Catherine, d Alfiéri. Tout danger est passé, n'est-il pas vrai, docteur? (Signe affirmatif d Alfiéri.) Pars donc, et que Dieu te garde.

Fau<sf! «finir.

STEiLl. Une grâce, madame la reine.

Catherine. Parle, elhâte-toi.

STEI LI. Je suis sans armes, et pour une semblable mission...

Catherine. Tu as raison, (f)élachnnl son poignard.) Tiens, et n’oublie pas que la moindre égratignure faite par ce poignard, c'est la mort.

Sletlî « incline et sort.

Page 1