‹ Catherine de Medicis drame en cinq actesChapitre 48 sur 67 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, SAINT-SORNIN.

Cette scène doit être débitée très-vivement par Catherine.

Catherine. C'est vous, chevalier.. . Vous venez de la plaine... que s’y passe-t-il? Oh! parlez, parlez sans préambule.

saint-sornin. Eli bien, madame, la victoire...

Catherine. Restera à M. de Coudé. .. j'en étais sûre...

SAINT-SORNIN. Voire Majesté se trompe... malgré les exploits de celte journée, maigre les clïorls des huguenots, qui tous mouraient plutôt que de se rendre... M. de Cuise est vainqueur.

CATHEP1NE. Oh!... mais êtes-vous bieu certain de ce que vousdiies là, monsieur?

SAINT-SORNIN. Sur mou honneur, madame la reine [tout m'en croire...

Catherine. Continuez... chevalier.

SAINT-SORNIN. L’année du prince que commandait M. l'amiral eut bientôt entièrement culbuté le corps dirigé par le maréchal Saint- André... Même avantage sur l'aile droite. . . niais, emportés par l'ardeur qui les animait, les huguenots oublièrent que les troupes du duc de Guise n’avaient (tas encore été engagées dans l’action et s'abandonnèrent à la poursuite de leur ennemi vaincu. .. Tout à coup la lourde cavalerie de M. le duc s'ébranla, fondit sur eux comme un torrent furieux, et dès lors le sort de la bataille fut décidé !

Catherine, à pari. Que faire maintenant ?

Saint-Sornin. C'est une triste journée que rellc-ci, madame, journée qui a coûté bien du sang... et qui va faire couler bien j des larmes. . .

CATHERINE, à part. Oui, je dois prendre J ce parti. {!/■ ut.) Et qui vous dit, monsieur, que je ne sois pas la première à pleurer sur ccsdiseordcscivilcs... t Mouvraient. ) Docteur, mettez-vous là cl écrivez. ( tSaint-Sornin.) Vous m’êtes dévoué, chevalier, je le sais...

Sites-moi : pouvez-vous facilement regagner la plaine ?

| Saint-Sornin. Je suis prêt à tout entreprendre pour le service de la reine.

aefiEri. Quel est votre projet, madame?

Catherine lui jette un regard foudroyant. Alfieri preef I la plume.

Ca therine, dictant. <■ Mon beau et féal ! » cousin, je suis au château de Dreux, à quel- | • ques pas du théâtre de vus exploits. Diett

• aidant, vous veuez de faire triompher sa a sainte religion ; moi aussi je veux ma part » de gloire daus cette journée. Que dans une

* heure un corps de vos meilleurs archers » soit devant la porte Chartraine. . . elle s’ou- » vrira aux noms de Catherine cl Guise. Vea nez, mon beau cousin, venez me trouver.

» suivez le brave chevalier auquel je confie » ces lignes. J'ai hâte de vous remettre h » brevet de généralissime des armées du roi » mon fils. » (A part.) Me voilà donc retombée sous cet odieux pouvoir !

ai.fiêri. Mais, madame...

CATHERINE. Silence !... l'adresse au dur de Guise, messire... et vous, chevalier, hàtejvous. ( Saint-Sornin t incline, et sort. .1 part. ) Me voila doue retombée sous cet odieux joug!

Al.FiÊRl, à part. Pauvre France.

On rnU*nd du bruit au dehor».

Catherine. Quel est ce bruit?

alfiEri, au balcon. En bonmic vient d'entrer dans le passage qui conduit a la tour... Si je ne me trompe, ce doit être Mtrot.

CATHERINE, avec impatience. Il vient nous confirmer ce que nous venons d'apprendre.

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