‹ Catherine de Medicis drame en cinq actesChapitre 58 sur 67 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

STELLI, puis ALFIÉRI.

STELLI. Blanche... la revoir... oh! non, je n'aurai pas ce courage... que lui dire, mon Dieu ! Mais si madame de Saint-André consent il recevoir le prince, si les prévisions de M. de. Coudé se réalisent. .. ce serait trop de bonheur... il est lit, chez la reine, qu'il n’a pas craint de revoir après la sc ne qui s'est passée il Dreux... Avec quelle indignation il s’est écrié : Un horrible secret existe entre ces deux femmes, et je saurai bien forcer Catherine à parler... \lors, moi aussi, je me suis dit : Il faudra bien qu'à son tour cet homme parle!

alfiéri. i/»i a entendu ses dernières paroles Et cet homme parlera, messire, car le temps de parler est venu pour lui.

STELLI, le toieant arec mépris. Vous?...

c'est juste, la reine est il Mézières... et comme à Dreux, comme au Louvre, comme partout enfin où il peut être question de trahison, messire Alfieri accompagne la reine.

ALPIéhL Toujours de grands muls...

comme au Louvre, comme à Dreux... comme

partout... Eh! que dira-t-elle, madame la reine? F'ou... mille fois fou, qui ne réfléchis pas que le scandale naît du scandale, et que plus le prince dira, cette femme est innocente, plus ce peuple de courtisans lui répondra; Vous la défendez trop bien, monseigneur, pour qu’elle ne mérite pas le stigmate d'infamie qui lui a été mis au front.

STELLI. Taisez- vous, taisez-vous, messire.

ALFIÉRI. Melaùc... n'avez-vous pas dit, cet homme parlera? Eh bien, cet homme vous apporte la preuve incontestable de l'innocence de la comtesse.

stelu. Que dites-vous?

AI.FIÉRI. La vérité !

stelu . Mais comment ajouter foi à vos paroles, vous qui déjà tant de fois...

ALFifim. Vous ai trompé... c'est qu'il s’agissait des intérêts de Catherine... Mais écoutez-moi, car je vous l'ai dit, il n'est plus question de paroles, mais bien de preuves...

stelu. Parlez, messire...

ALFIÉRI. Pour acquérir ces preuves... et surtout celle que la comtesse n’est pas votre mère.

STELU. Il serait possible!... oh ! parlez, parlez !

AI.FIÉRI. Non, la comtesse Hélène de Lustrac. n’est pas votre mère... Pour acquérir cette certitude, pour que je puisse le publier hautement, il faut me jurer de faire aveuglément ce que je vous dirai de faire.

STELLI. Dussiez-vous me tromper encore, je le jure...

alfiéri. Bien!... vous êtes incrédule, je veux vous rassurer : vous connaissez l’écriture de la comtesse.

U lui donne un papier.

Stei.li. Oui, voilà bien l’écriture de ma bienfaitrice.

alfiéri. Lisez...

STELl.l, lisant haut. « Moi , Francesco Beflvcnuti, dans le but d’exercer une vengeance légitime contre le maréchal de Saint- André, déclare être l'auteu r de la lettre par laquelle la comtesse s’accuse d’avoir manqué aux devoirs d'épouse, en reconnaissant Slelli pour son fils. » Horreur!... « Signé F’rancesco Benvenuti. » Mais si cet écriL..

alfiéri. Etait faux lui-même... voyez...

Il lui donn«* nn autre papier.

STEI.F!. Los mûmes phrases, la même déclaratinn, mais d'une autre écriture.

AI.FIÉRI. Et les signal lires...

steli.i. Identiquement semblables...

ALFIÉRI, reprenant les papiers. Ce qui prouve la validité de cette déclaration.

stei.i.i. Oh ! mais c'est trop de bonheur, mon Dieu!... et qu'exigez-vous de moi.

messire, pour me mettre en possession de ces papiers ?

MAGASIN TflÉATltAL.

ALFIÊRI. Dans une heure, le maréchal sera an château... Avant promptement oublié l’accès de jalousie dont il fut atteint, il a résolu «le profiter de sa position vis-à-vis de la comtesse. Lue renonciation à ses droits de tutelle envers sa fille; une retraite dans un couvent, tel est l'ordre qu'il vient lui signifier.

ST ELU , arrr indignation. Oh!... mais cet horrible projet ne s'exécutera pas !

ALFIfRl. Et qui s’y opposera ?

STELLI. Moi . messire, car vous allez me donner ces papiers... n’est-il pas vrai?

At.Elf.Rt. Oui... si vous me jurez d’exiger que le maréchal vous rende raison de l'insulte qu'il vous fit, en ne craignant pas de vous charger d’une mission infâme... oui, si vous ose/, lui dire, en lui mettant ces papiers sous les yeux : Monseigneur, votre projet est infâme et ne s'exécutera pas!

STELLI. Oh ! je ferai cela, messire, je le ferai...

alfiÊri. Kt moi, je jure de vous faire connaître aujourd'hui même, et devant tous, lu nom que vous devez porter.

STELLI, en sortant. Je reçois votre serment , messire. (.t part.) Blanche, je puis donc te revoir.

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