DucHESîtB, Hist. anc. de l'Église, X. III, p
M. Glubokovsky dans le paragraphe qu'il consacre à la question de savoir quelle primauté on trouve dévolue à saint Pierre dans le Nouveau Testament, résume sa pensée dans cet aphorisme : « A mon jugement exégétique il n'y a pas de justification biblique pour les revendications papales à l'époque des conciles œcuméniques » . J'entends queles papal daims du temps des conciles œcuméniques n'ont pas de justification biblique.
Nous reconnaissons là l'exégèse négative que nous retrouvons embusquée dans tous les textes scripturaires qui peuvent avoir une portée dogmatique ou confessionnelle : si ces textes sont authentiques, ils ne prouvent rien, mais s'ils prouvent quelque chose, ils ne sont pas authentiques! On peut échapper à ce dilemme en tâchant de ne faire dire aux mots que ce qu'ils disent, comme s'applique à le pratiquer, par exemple, l'article « Simon Peter » de Ghase dans le Dictionary of the Bible de Hastings.
L'historien a aussi le droit de dire que l'histoire subséquente éclaire la signification de textes qui sans elle resteraient obscurs.
Le cardinal Newman a écrit que des paroles du Sauveur comme « Sur celte pierre je bâtirai mon Eglise », sont des prophéties et des pro-
messes, « promesses qui étaient tenues par celui qui les avait faites, prophéties qui devaient être accomplies selon le besoin et interprétées par les événements, par l'histoire », et par l'histoire Newman entend, non pas l'histoire apostolique, celle qui est racontée dans les Actes des Apôtres, mais l'histoire ecclésiastique, celle duiv* etduv* siècles 1.
Voilà ce qu'un historien peut et doit dire, en laissant aux exégètes l'exégèse. Quant au texte I Cor. I, 12, je persiste à le croire beaucoup plus significatif que ne le croit M. Glubokovsky. Si besoin était, je le renverrais au travail du P, Roirôn, « Saint Paul témoin de la primauté de Pierre », Recherches de science religieuse, 1913, p. 489-531.
Le dernier paragraphe de M. Glubokovsky n'a plus guère trait à des considérations d'histoire, et rentre, un peu trop pour mon goût, dans la manière polémique. Je me dois cependant de répondre à un reproche qui m'est adressé. J'ai dit, en effet, que la prérogative propre au pape ne supprime pas la prérogative etVutilité du concile œcuménique.