Netvman, An Esscry on ihe development, éd., 4878, p
Les théologiens catholiques, en effet, enseignent que le pape ne peut toucher à la constitution divine de l'Église. Le pape ne peut donc supprimer Tépiscopat, qui appartient à cette constitution divine, ni supprimer la fonction de cet épiscopat J72 magisterio etregimine ecclesiastico.
M. Glubokovsky semble croire que les conciles œcuméniques appartiennent à la constitution divine de l'Église : ils n'appartiennent qu'au Kirchenrecht. Ils . ne sont pas, en effet, une institution du Christ ou des apôtres. Leur magisterium est le magisterium collectif de l'épiscopat universel, en y comprenant l'évêque de Rome. L'assistance du saint Esprit qu'ils revendiquent est celle qui est promise à cet épiscopat universel. Les conciles œcuméniques ne sont jamais absolument nécessaires.
Mais, poursuit M. Glubokovsky, supposé le pape infaillible, le concile œcuménique (sans le pape) n'a pas « the décisive voice in church affairs » . Nous l'accordons sans difficulté. Donc conclut M. Glubokovsky, « les conciles, et pleinement les conciles œcuméniques entant que tels, n'ont plus de place dans le système présent de la papauté ». M. Glubokovsky ne conçoit le concile que souverain, nous le concevons coordonné, coordonné àl'autorité du pape en l'absence duquel il ne s'assemble pas.
Alors le concile n'est pas libre ! Non, il n*est pas libre, si le pape s'est prononcé ex cathedra
sur la question soumise au concile, mais l'hypothèse est vaine. En réalité, le concile est consulté sur une question qui n'a pas été définie ex cathedra, il l'examine, il la discute : on a vu au concile de Trente la question de la souveraineté du pape, mise à l'ordre du jour par les légats, et retirée, parce que le concile ne s'accordait pas sur la formule proposée*. On peut voir dans les procès-verbaux du concile du Vatican quels amendements les définitions ont subis avant d'être fixées.
Cette coordination a toujours été la règle, même au temps où saint Léon faisait précéder jAe concile de Ghalcédoine de sa lettre à Flavien. Si M. Glubokovsky veut bien consulter la Col- . lectio Lacensis, t. Vil (1890), p. 286 et 397, il verra que, au concile du Vatican, on a discuté la question de savoir quelle serait la condition des futurs conciles œcuméniques, et fortement affirmé soit l'utilité, soit la liberté, qu'on leur reconnaît.
Un dernier mot : M. Glubokovsky oppose, en terminant, ce qu'il appelle a the ascending progress » du catholicisme romain à ce qu'il appelle « the order ofihe œcumenical councils », et il déclare que la papauté, « avec sa suprématie qui absorbe tout, restera un insurmontable obstacle à notre réunion avec le catholicisme romain » .
1. G. Constant, La légation du card. Morone frès l'Empereur et le conciU de Trente (1922), p. 479.
Non, il n'est pas d'obstacle insnrmoïitable à la réalisation des desseins de Dieu sur son Eglise. Le jour où M. Glubokovsky découvrirait, comme Soloviev, que la potéstas papale rentre dans l'ordre des conciles œcuméniques, ainsi qu'en témoigne le concile de Ghalcédoine, la réunion du catholicisme oriental au catholicisme romain serait bien près de s'accomplir, pour le bénéfice de l'un et de l'autre.