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A. JUELICHER, Einleitung (1906), p

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les lointaines chrétientés d'Asie, de Galatie, de Gappadoce, où s'était exercé naguère l'apostolat de Paul.

Les théologiens catholiques, depuis le concile du Vatican qui a consacré le mot de développement et en a revêtu le principe de la formule de Vincent de Lérins, ont étudié à maintes reprises la notion du développement des dogmes, ils ont même poussé la théorie sensiblement au delà de la formule élémentaire du Commonitorium. Bishop Gore me demande d'exposer ma pensée sur le développement : je n'en ai pas d'autre que les prohati auctores de mon Église, auxquels il me suffit de le renvoyer ^ Historien, je me tiens modestement aux faits, à l'observation des faits, à la vérification des faits, et je m'attache ici au fait de la papauté antique.

Bishop Gore, qui a mis tant de science et de persévérance à défendre le fait de l'épiscopat primitif, dans son livre magistral The church and tke ministry, ne m'en voudra pas de m'attrister qu'il n'ait pas appliqué les mêmes qualités à examiner le fait de la papauté primitive. Il se

1, Voyez A. Gardeil, £e donné révélé et la théologie (1910),':P 151-186. On devra voir aussi F. Marin-Sola, Évolution homogène du dogme catholique (1924).

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borne à renvoyer avec « consolation » ses lecteurs à ce Papalism de Denny que M. Foakes Jackson, dans son Introduction to the history of Christianity (1921), juge en deux mots :

« Very hostile ». L'attitude de Bishop Gore est, elle aussi, celle de l'hostilité.

« Il est clair comme le jour, écrit-il, que l'Orient n'a pas l'idée d'une autorité centrale divinement instituée ». Aux yeux de M. Gore, la papauté est une institution fondée! sur une doctrine qui s'est pleinement épanouie à Rome, au v^ siècle, et qui n'a pas été dès lors contestée en Occident. Mais cette doctrine ne fait point partie de la tradition apostolique dont Qrigène détaille les éléments, et dont se soiit réclamés, soit les pères grecs en Orient, soit Irénée ou TertuUien en Occident. Cette doctrine est inconciliable avec' la théorie et la pratique de Cyprien.

Voilà la thèse de Bishop Gore, très nette, très radicale, et qui est la thèse même de DôUinger.

Que la doctrine de la primauté ait trouvé à Rome sa pleine expression sous la plume du pape Innocent ou du pape Léon, je le veux bien; qu'elle n'ait pas trouvé auparavant son expression sous la plume de papes comme Damase ou Sirice, je le conteste. Mais bien avant d'être une doctrine épanouie, la primauté était un fait, qui se manifestait : l'^dans la sollicitude que l'Église romaine avait pour toutes les Églises ; 2** dans

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l'autorité que lui donnait le dépôt de la foi apostolique que l'on était sûr de trouver chez elle; 3° dans le pouvoir qu'on lui reconnaissait de corriger à l'occasion les autres Eglises*. Cette triple prérogative eût été une prétention insup' portable, si elle n'avait pas été justifiée par une économie que l'on tenait pour apostolique et divine.

Cette doctrine, insiste. Bishop Gore, ne fait point partie de la tradition apostolique tisUe que l'expose Origène. Soit, mais il ne faut pas oublier que celte tradition apostolique n'a pas trait aux institutions. Irénée, qui a écrit une Démonstration de la prédication apostolique, n'y fait aucune place aux institutions» Le symbole baptismal de Rome mentionne l'Eglise, la sainte Eglise, mais il n'estime pas nécessaire de mentionner l'épiscopat qui est pourtant apostolique d'institution et sans lequel l'Église ne sub-

1. H. M. GWATKIN, Early church History (1909), 1. 1, p. 213-214, a une belle page que je veux citer « (The church of Rome) was the centre of christendom as a whole. Its central direction was lully recognlzed by Irenaeus, and became more and more definite as time went on till the rise of Constantinople.., Rome was the natural link of East and West. As a Greelc colony in the Latin capital, it was the représentative of "Western Christianity to the Easterns, and the interpréter of Eastern thought tho the Latin "West. For ail thèse reasons Rome was the natural centre of discussion. Her orthodoxy was unstained. "Whâtever hérésies might flow like Syrian Orontes to the great city, no heresy ever issued thence. The strangers of every land who found their way to Rome and the tombs of the great apostles were welcomed from St. Peter's throne \vith the majestic blessing of a universal father. The church of God which sojourneth in Rorne was the immémorial counsellorof ail the churches; and the voice of counsel slowly passed into that of command ».

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sisterait pas, Origène, par ailleurs, n'ignorait pas l'Église romaine, cette Église qu'il appelait « la très vieille Eglise des Romains », et qu'il tint à visiter. Pourquoi ce grée tenait-il à visiter « la très vieille Église des Romains » ?

Parée que, répondrons-nous, l'Eglise romaine était contemplée en Orient comme « le domicile des apôtres », et comme « ayant été depuis l'origine la métropole de la religion », ainsi que le dira le concile d'Anlioehe de 340, Elle était, au iii** siècle, en dépit même des résistances qu'on lui opposait parfois, l'Église sur laquelle on finissait toujours par se régler. C'est Rome qui a voulu la confornûté sur la date de Pâques au temps du pape Victor : des résistances se sont produites très vives en Asie où l'on était quartodécimant : Rome, par charité, n'a pas rompu avec les réfractaires, mais la conformité s'est établie sans qu'on sache quand, paisiblement, silencieusement, et le concile de Nicée a trouvé la question de la Paque résolue, loin qu*il ait eu à la résoudre 1. C'est Rome qui a fait valoir la validité du baptême des hérétiques : ici encore des résistances se sont produites en Afrique, en Orient, et l'on connaît les éclats de Cyprien et de Firmilien : Rome encore n'a pas usé de rigueur, mais la conformité s'est faite ensuite, si bien que saint Augustin n'imaginera

1. DucHESNE, La question de la Paque an concile de Nieée (1880).

pas qu'elle ait pu être procurée autrement que par un concile universel. Rome y avait suffi par son influence, et l'Afrique même avait en fin de compte donné tort à Gyprien^.

Je sais bien que des critiques comme M . Harnack ne voient dans cette influence universelle de l'Eglise romaine, encore vers 250, qu'une primauté de services rendus : « Un fondement dogmatique ou historique, clairement connu, manquait encore, écrit-il; du moins selon toute vraisemblance il était encore à Rome vacillant, incertain ». M. Harnack écrivait cela en 1892 ^ : depuis lors, dans le mémoire qu'il a donné en 1918 sur lé Tu es Petrus et où il a voulu montrer que le Super hanc petram aedificabo Ecclesiam meam était une interpolation tendancieuse, il a émis l'hypothèse que ce faux avait dû être commis au bénéfice de l'Eglise romaine et à Rome même à l'époque d'Hadrien^. Le fondement de droit divin de la primauté avait donc été posé à Rome dès les premiers deeennia du second siècle!

Laissons-là ces conjectures, et tenons-nous au texte d'Irénée sur la. potior principalitas de l'Eglise romaine. Irénée veut que toutes les Églises se rallient à l'Église de Rome comme au plus sûr dépôt de la foi apostolique et parce qu'elle

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