Voyez mon Église naissante (éd. de 1982), p. H
est l'Église principalis^ c'ést-à-dire TÉglise aînée, l'Église établie en la personne de Pierre le jour où le Christ prononce le Tu es Petrus, l'Église dont toutes les autres ne sont que les puînées *. La justification de l'autorité centrale reconnue à l'Église romaine est dans le dépôt de la foi qu'elle conserve et dans la principalitas qu'elle tient de Pierre. C'est Irénée qui dit cela, et Irénée est un grec.
Victor, qui est évêque de Rome, contemporain et ami d'Irénée, est pénétré de la sollicitude de toutes les Églises, son action dans la controverse pascale l'atteste assez, car son action s'étend à toutes les Églises d'Orient, de l'Egypte à l'Asie, qu'il entend rallier à la même date pascale, et son action est énergique assez pour que Renan ait pu en dire : « La papauté était déjà née, et bien née^ ».
Ces faits, qui se relient les uns' aux autres (nous pourrions en aligner d'autres encore) 3, infirment donc la thèse de Bishop Gore, et ils soutiennent seuls une histoire des origines du catholicisme. Les évéques n'auraient eu à rendre compte qu'à Dieu chacun de leur administration, comme le prétendait si indûment saint Cyprien, l'isolement des Églises aurait été la loi de l'Église : on aurait eu un numerus episcoporum,
1. Voyez mon article « Petrus initium episcopatus », dans la Revue des sciences religieuses, 1924, p. 440-457.