‹ Catholicisme et papauté [microform]Chapitre 23 sur 31 · Renan, Marc Aurèle, p · texte numérisé non relu

Renan, Marc Aurèle, p

3. M. d'HERBiSNY, Theologica de Ecclesia, t. II (1921), p. 152-172.

110 CÀTHaLICISME ET PAPAUTÉ. >

on H^auraitpas eu un corpus totiiis Ecciesiae'^. LWité visible de l'Église a été faite par ttrie unité constituée, qui avait pour elle une autorité que les Eglises dispersées ne récusaient pas, à laquelle elles recouraient plutôt : cette unité était l'Église romaine. Les historiens comme M. Harnack, qui se sont appliqués à résoudre le problème des origines du catholicisme, ont le mérite d'avoir montré que qui dit catholique dit romain. M. Kattenbusch a fait valoir que la règle de foi, en laquelle toute la catholicité s'est unie, est issue de Rome et adéquate au symbole baptismal romain^. M. Sohm a p-ensé établir que l'épiscopat monaréhique a été emprunté à Rome par le resie de la catholicité, e1 avec Fépiscopat monaréhique le germe de tout le Kirchenreehf. Le même Sobm n'a pas craint d'écrire qtfe les grandes questions ecclésiastiques qui 9& sont posées au ii® et au ih^ siècle « ont trouvé leur solution pour l'Église à Rome » ; que Rome tient une place uniqpie, qui n'est échue à aucune aiElre communauté ; que <c Roïne est la têle de rÉgH'se et que sans elle FÉglise n'est- pltïs l'Église » j que « c'est setïlemeKt par leur ufoioiï

1. GxrATKiN, op- cit.^: 308: i True^ Giyprian's wliol'e tlleory of the Chui'cli implied- tlie equality of bishops, and Ue. utterly disavows, for liimself as others any tyrannïcaX clafin fo autliority by one bisbop over another. But even Gyprian could not stay tbe drift of lâie time ». Encore n.'es*-il que juste de signaler la contradiction intimé de la doctrine de Gyprienv Voyez Dtem e'ffAPMAïï, » Pfofessor Hugo Koch on S. Gyprian », iJeune bénédictine, 1910J pi 462'.

2. Voyez Harnack, Theologischer LitteraturzeUungi'&Q% pi 582.

avee Home que les communautés partieàlières appartiennent à l'Église »; que « ces persuasions àe l'ancienne Église catholique du n® et du m* siècle rendent seules compte de la prodigieuse puissance de la communauté romaine en face de toutes tes autres communautés i », Je ne puis que regretter que l'historieisme de Bishop Gore ait été jusqu'ici imperméable à ces vues classiques aujotfrd'hfui chez les bistowens.

On inférera de l'exposé qui précède que^ dès le II* et, ïe m® siècle, la « papauté » était dans les faits, qu'elle était dans la conscience de l'Église romaine ,.qu'el]ie était acceptée non moins coûsciemmeoit. paip ua saint Irénée : nous avons essayé de fixer les traits auxqiiels. se reconnaît cette « papauté » primitive, et nous avons pressenti la part qui fut la sfienae daas^ la formation du catholicisme.. Il nous reste à examiner quelques p.Feu.yes que Bishop Goire croit devoir appeler à SOS, aide pouB étahlir que « la suprématie du. pape iure divirw, et, (fijialement), son infaillibilité, est un développement occidental, et qu'en le rejetant les orientaux n'ont rien rejeté qu'ils eussent èFft aintérieOîFement ».

êk eBtte- assertiosç no^UiS^ opposonsv et c'est une

i. R. SOHM, Kirchenrecht, t. I {Wfl), p. 382*383;

réponse classique*, que le concile de Chalcédoine a accepté cette suprématie du pape iure divino. A Chalcédoine, en effet, dès l'ouverture du concile, les përes ont accepté que les légats de saint Léon qualifiassent l'évêque de Rome de « caput omnium Ecclesiarum ». Le concile fini, ils ont écrit à saint Léon, le remerciant d'avoir été pour tous « l'interprète de la voix du bienheureux Pierre », et d'avoir à tous « procuré la bénédiction de sa foi ». Ils insistent : Nous étions là environ cinq cent vingt évêques « que tu conduisais comme la tête conduit les membres ». Le malheureux Dioscore « avait visé dans sa folie celui à qui le Sauveur a confié la garde de sa vigne, nous voulons dire ta sainteté, et il avait voulu excommunier celui qui a pour mission d'unir le corps de l'Église 2 ». La pensée des pères de Chalcédoine ne contredit pas la doctrine de saint Léon sur sa propre suprématie de droit divin, elle la confirme.

Mais il y a le 28® canon de Chalcédoine !

Ce canon est l'œuvre du quatrième concile œcuménique, à la suite du second concile œcuménique, énonce Bishop Gore. Le qualificatif d'œcu^ ménique ne doit pas nous en imposer ici : les

1. Les Échos d'Orient, 1924, p. 246, m'apprennent que cet argument a été présenté déjà dans un livre de J. L. Lucchesini, Sacra monarchia S. Leonis... fulgens in polemica hîstoria Cfoncilii Chalcedo-

nensis (Rome, 1693), dédié à Innocent XII. L'argument est repris par M. d'Herbigny, op. cit. p. 119-152.

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