Ô oATgQiLieis.aïE m papAvte
Paul, d'ApollOs, autorité qui n'en a, sur terre, aucune autre plus haute qu'elle, puisque Tonne peut après Pierre que se réclamer du Christ.
Paul, en écrivant aux Corinthiens, s'applique à leur faire entendre qne soit Paul,[soit ApoUos, soit Géphas, ne sont que des serviteiirsdes serviteurs dp Dieu, et que tous, apôtres et fidèles, sont au Christ, çonime le Ghrigtest à Dieu (I Çof\ m, 21- 23), n ne conteste pas pour antant le privilège que Pierre a d'avoir été le premier à qui le Christ ressuscité s'est montré (xy, 5) ; il m^t eertainement Pierre au-dessus des antres apôtres, au-dessus des « Frères du Seigneur >x (ix, 5). Il n'a pas. un mot pour raJbaisser l'autorité que lui reconnaissent les Gorinthiens qui se yéclanient de lui.
Le second argument de Bishop Gore pour rejeter le catholicisme romain, revient à dire que l'histoire ancienne de l'Église nous fait connaître des Eglises qui coexistent et qui ont chacune des caraçtéristiqnes différentes : il y a l'Église qui parle grec, il y a une Église qui parle syriaque, il y a l'Église d'Afrique, il y a l'Église de Rome, il; y a l'Églises celtique : et en partie à cause de ces différences, de très bonne heure, l'unité se maintenait dijGScilement entre ces Églises. Dans
les teHipE! primitifs» Bisbop Gore yetit qufjla part la plus grande de notre gratitude aille à l'Église de langue grecque, à qui nous devons notye terminologie théologiqu.e et notye intelligence du Nouveay Testament. Plus tard, l'Église d'Afrique fot anéantie^ l'Église syriaque fut perdue de Yue, l'Église celtique fut romanisée, et il ne resta plus en face l'une de l'autre que Ronxe et Gongtantinople, riyales d'aml)ition, dont, Vantagpnisme èibQiJtira au sçbisme, la respojiBalîiliité eu devant être partagée entre les deux: Églises également- Bishop Gore se demande donc : « En se sépaTant du Siège de Rome, en 1054, l'Église d'Orient a^t-elle, au sujet de l'autorité de saint Pierre considérée comme se perpétuant dans l'Église Romaine, abandonné quelque cbose qui ait été de son credo à quelque époque que ce sott? La réponse est : Non. Le cattoUoisme grec n'a pas connu une telle doctrine ».
Bisbop Gore app.nie cet argument snr deux preuves, dont la première est prise à nne page de VfJistQire amiejiM de l'Église^ t. II, pp. 659- 661, de M*^"" Bnchesne. Il est habile de se servir du témoignage d'un historien catholique romain contre, le catholicisme romain, mais ce témoignage est-rii si probant que le pense JSiahop Gore? M^'' Duchesne a voulu expliquer dans cette page comment l'autorité du prince chrétien s'est installée dans le catholicisme. La religion chrétienne, au iv^ siècle, dit^ii, devint la religion de l'empe-.
reur, non seulement en ce sens qu'elle était professée par lui, mais « en ee sens qu'elle était dirigée par lui ». Et cette évolution s'est produite parce que « la papauté, telle que l'Occident la connut plus tard, était encore à naître ». En d'autres termes, il n'y avait pas, dans l'Église du iv° siècle, « une autorité centrale, reconnue et agissante ».
Assurément, parler de papauté à propos de siècles où ce nom même de papatus était inconnu, serait un anachronisme : ne cherchons pas au iv^ siècle un cardinal Deusdedit et son Dictatus papae. Mais est-on autorisé à dire qu'il n'existait pas dans le catholicisme du temps de Théodose une Église qui était une autorité normative, reconnue et consultée? L'Église romaine n'était-elle pas l'Église à la communion de laquelle il fallait appartenir, pour être sûr d'appartenir à la Catholica ? L'Église qui seule au monde prétendait avoir la sollicitude de toutes les Églises ? L'Église qui croyait pouvoir accueillir des évêques que des conciles orientaux avaient déposés, se prononcer sur leurs causes, les renvoyer en Orient innocentés et confirmés? L'Église à qui les orientaux demandaient, comme au temps de saint Basile, qu'elle prononçât pour eux sur la doctrine et sur les personnes ?
La politique de Constantin à la fin de son règne, la politique ensuite de Constance II et de Valens, a brouillé ce jeu normal et voulu imposer au
catholicisme un césaropapisme, contre lequel, le catholicisme d'un saint Athanase, d'un saint Hilaire, fut une protestation éclatante. Ce césaropapisme était lui-même le produit de l'arianisme, en quête de réviser le Nicaenum ! L'Orient reviendra à la foi de Nicée, au temps de Théodose, mais il ne se débarrassera jamais du césaropapisme, qui, atténué ou virulent, empoisonnera le catholicisme grec.
Pendant ce temps, le catholicisme occidental resserrait les liens qui le rattachaient à Rome : saint Ambroise le fixait dans la doctrine de l'indépendance et de la suprématie du sacerdoce. Le catholicisme grec et le catholicisme occidental tendaient à s'opposer comme deux mentalités et comme deux politiques. L'Église romaine sentit le péril de cette dissociation, et dès lors elle agit dans le dessein de confirmer l'unité par la primauté, deux valeurs qu'elle savait bien qu'elles appartenaient au passé du catholicisme.
C'est ici que la page de V Histoire ancienne de V Église de Duchesne aurait gagné à être rapprochée de tel ou tel chapitre de son autre livre. Églises séparées (1896). Bishop Gore aurait pu lire notamment le résumé de l'histoire de la primauté romaine aux trois premiers siècles (p. 155) : ■
« Ainsi, toutes les Églises du monde entier, depuis l'Arabie, l'Osroëne, la Cappadoce, jusqu'stux extrémités de l'Occident, sentaient en toutes choses, dans la foi,
dans la discipliae dans le gouvernement, dans le rituel, dans les œuvres de charité, l'incessante action de l'Eglise romaine. Elle était partout connue, comme dît saint îrénée, partout présente, partout respectée, partout Suivie dans sa direction. En face d'elle nulle concurrence, titille rivalité. Personne n'a l'idée de se mettre sur le" même pied qu'elle. Plus tard, il y aura des patriarcats et autres primaties locales. C'est à peine si^ dans le cours du iii^ siècle, on en voit se dessiner les premiers linéaments pluis ou moins vagues. Aii-dessùs de ces organismes en voie de formation, comme au-dessus de l'ensemble dés Églises isolées, s'élève l'Église romaine dans sa majesté souveraine, l'Église romaine représentée par ses évêques, dont la longue série se rattache aux deux coryphées du chœur apostolique ; qui se sent, qtii se dit, qui est considérée par tout le monde comme le centre et rorgané de l'unité. »
Voilà ce qu'était le passé de la primauté romaine i. 11 s'oblitère dans les épreuves de la persécution de Dioclétien ; il est tenu en médiocre considération par Constantin; mais quand l'épiscopat de cour qui se forme autour de Constance II manifeste contre cette primauté par la lettre iûsoîente qu'adresse en 340 au pape Jules Eusèbe de Nicomédie et son concile d'Antiôche, Rome répond au nom de son propre concile pour revendiquer les droits de la primauté, à commencer par le droit d'accueillir l'appel de saint Athanase, et nous avons cette lettre fameuse du pape Jules, pu j disait Tillemont, la vérité est défendue avec une
1. Cette vue est développée admirablement par le juriste luthérien qu'est R. Sohm, Kirchenrecht, t. I (1892), p. 378-383.
vigueur digne du chef des évêques. Après une lettre pareille, et sans parler du concile de Sardique qui, en 343, ne fera que la confirmer, peuton dire que l'Église du iv^ siècle n'a pas connu une primauté agissante *?
Bishop Gore a une autre preuve à faire valoir.
Les orientaux, assure-t-il, quand ils avaient besoin du secours de Rome s'appliquaient à se concilier le pape en usant d'un langage qu'ils savaient devoir lui plaire; jamais cependant la papauté, telle que l'a acceptée l'Occident, n'a été reconnue par le catholicisme grec. Les grands conciles grecs, en effet, se sont persévéramment tenus à n'attribuer au pape et à son Siège rien de plus qu'une préséance d'honneur, qu'ils rattachaient à la dignité historique de la vieille Rome.
Les orientaux, répondrons-nous, ont toujours eu un sens défaillant de l'unité de l'Église 2. Ils étaient dominés par la volonté de ne pas soumettre l'Orient à l'Occident, volonté que le basileus avait le plus souvent intérêt politique à soutenir. Ils mettaient les points de controverse dogmatique trop facilement au-dessus de tout, et se résignaient au schisme avec une facilité pitayable. « Depuis l'avènement de Constantin à l'empire d'Orient (323) jusqu'au septième concile œcuménique (787), c'est-à-dire pendant une durée
1. Voyez tout le chapitre VIII de mon livre : La paix constan-
tinienne et le catholicisme (1914).