English Chureh Union
k. The Christian East, 1922, juillet, p. 63.
de sa foi la foi du pape Léon, et soumettre au dit pape un canon sur lequel ses légats font des difficultés. Quelle déférence le concile œcuménique met dans sa souveraineté! En réalité, le concile est souverain, mais il ne l'est pas sans le pape : c'est là l'explication de sa déférence, et le dernier mot présentement appartiendra au pape, de l'aveu même du concile, et non pas seulement de l'aveu de l'évêque de Gonstantinople. ■'
Succès sans lendemain, dira peut-être Bishop Gore. Non, car le lendemain de Ghalcédoine, ce n'est pas le schisme d'Acace, en 484, et la connivence nouée alors par l'évêque de Gonstantinople, qu'appuie son empereur, avec les monophysites d'Alexandrie et d'Antioche; le lendemain de Ghalcédoine, c'est la fin du schisme d'Acace, en 515, et le formulaire que le pape Hormisdas impose à la signature des évêques de l'Orient à qui il rend la communion. Que professe alors cet épiscopat oriental? Que la foi catholique s'est conservée toujours immaculée dans le Siège apostolique : « //i sedeapostoUca immaculata est semper catholica servata religio ». Que la seule communion valide est celle que l'on a avec ce Siège apostolique :
« ...sequentes in omnibus apostolicam sedem et praedicantes eius omnia constituta, spero ut in una communione vobiscum, quam sedes apostolica praedicat, esse merear, in qua est
intégra et vevax christianae religionis soliditas ». Que quiconque n'est pas en communion avec le Siège apostolique est séquestré de la communion de l'Église catholique, et n'a pas le droit d'avoir son nom récité dans les saints mystères *.
Nous pouvons maintenant reprendre la question posée par Bishop Gore : « En se séparant du Siège de Rome, en 1054, l'Église d'Orient at-elle abandonné quelque chose qui ait été de son credo à quelque époque que ce soit? » Et nous pouvons dire : Oui, le catholicisme grec a renié ce qu'il professait au temps du concile de Ghalcédoine.
Un scrupule peut se poser ici, et l'on doit se demander si le concile de Ghalcédoine n'a pas témoigné au Siège apostolique une exceptionnelle déférence simplement pour complaire aux sentiments qu'il savait bien être ceux de l'empereur Marcien.
Je me rassure en considérant que, dès avant l'avènement de Marcien (août 450), à un moment où règne encore Théo do se II et où Théodose II «st prisonnier de la faction d'Eutychès, l'épiscopat grec s'est tourné vers Rome pour en appeler du brigandage d'Éphèse à
1. C. MiRBT, Quellen ziir Geschichte des Papsttums (1901), p. 71.
l'autorité du Siège apostolique. On ne connaissait naguère encore que la fameuse lettre d'appel à Rome de l'évêque de Gyr, Théodoret :
on a retrouvé depuis la lettre d'appel de l'évêque de Constantinople, Flavien, et de l'évêque de Dorylée, Eusèbe. Trois évêques dont celui de Constantinople, déposés par un concile d'Orient, font appel à Rome !
Sans doute, Rome restait la seule autorité vers qui ces évêques pussent se tourner, 'étant donné qu'ils avaient contre eux Dioscore le tout puissant évêque d'Alexandrie, et son concile d'Éphèse qui jouait au concile œcuménique, et l'empereur Théodose. Mais quel langage tiennent-ils à Rome et mieux encore quel est le sens de leur recours ?
La lettre de l'évêque de Dorylée est un hommage au « Siège apostolique qui depuis le commencement a eu soin et coutume de défendre les victimes de l'iniquité, d'aider ceux que les factions maltraitaient, de relever ceux qui étaient gisants à terre ». Car l'Eglise romaine « a un sens droit, une foi inébranlée en Notre- Seigneur Jésus-Christ, une charité sincère pour tous les frères... ». Ce langage n'est pas pure adulation, a écrit M. Harnack en le rapportant, et cela n'est pas vrai pour la première fois au V® siècle^.