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CHAPITRE II

LA POÉSIE DE l'aMB CHEZ LES ROMANTIQUES.

Un caractère essentiel du romantisme : la poésie de Tâme. Définition profonde. La poésie de l'âme dans la Tristesse cTO/ympio, le Lac et les Nuits. Prétentions religieuses du romantisme. Conflit entre le lakisme et Tâme française. Musset casse les vitres de la boutique romantique. Du m^^ticisme de Victor Hugo. La conquête protestante^ Caractère catholique et classique de la récente renaissance religieuse : MM. Brunetière, Faguet, Lemaitre, Coppée, Paul Bourget. Une contre-épreuve tirée des œuvres de Renan. L'Iphigénie de Racine et la jeune fille de Victor Hugo.

Une dénaitioQduromaQtisme exigerait de très longs développements; elle remplirait aisément un gros volume. Je n'ai pas la prétention de la renouveler ou de la rendre plus claire, car, même après les nombreux et remarquables travaux qui ont paru sur laquestion, ou, peut-être, à cause même de ces travaux, des obscurités demeurent attachées au mot romantisme. Je prends ce mot dans son sens le plus large.

Ainsi compris, le romantisme constitue un des plus grands faits de l'histoire des littératures. Parce qu'il est européen et non pas seulement français, on a osé le comparer, pour l'importance et Tétendu^», à la Renaissance. Sont romantiques, en effet, toute ou presque toute la littérature allemande, presque toute la

littéralure anglaise, une partie de la littérature italieane, une partie de la littérature espagnole, presque toute la littérature française du xix® siècle. Il n'y a peut-être pas lieu de parler des autres pays septentrionaux qui ne se distinguent pas essentiellement, au point de vue qui nous occupe, de l'Angleterre ou de l'Allemagne. Quant à nos amis les Russes, ils appartiennent, pour la plupart, à la gauche romantique.

Des critiques éminents ont déterminé les caractère^ généraux du romantisme. Il me suffira donc de comparer àces caractères généraux, sur lesquels il semble bien qu'on se soit mis d'accord, les principes de la vie catholique.

Les romantiques se persuadaient volontiers qu'ils avaient le monopole de ce qu'il est convenu d'appeler la poésie de Tâme. « Comment la définir? Puisqu'elle est dans Tâme, elle ignore la diversité des genres : tout au plus peut-on dire qu*elle procède d*un double mouvement : concentration de Tàme qui se replie sur elle-même pour recueillir les suggestions du dedans et les impressions du dehors ; expansion qui projette par jaillissements et par ondes les images et les etfusions sentimentales, cela avec le rythme souple, l'harmonie concertante, dont on peut donner non le dessin détaillé, mais les thèmes et les motifs conducteurs. » Essayons de traduire en une langue simple, voire prosaïque, cette si poétique définition. Il faut entendre, sans doute, que le romantique contemple son âme, étudie son âme, la juge intéressante et raconte ensuite à ses amis tout ce qu'il a trouvé, dans ces diverses opé-

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