INTRODUCTION XXI
noncer au travail et à la lutte. Mais si roii n'y prend garde, rinfatuation que nous légua le xix'' siècle fera naître dans Tesprit des jeunes gens des illusions dangereuses, qui amèneront peut-être des catastrophes. Or, avec des préoccupations diverses et sur des tons très différents, presque tous les romantiques ont chanté Tadmiration béate du présent et les gloires prochaines d'un âge d'or très certain.
Dans cet ordre d'idées, que de niaiseries Victor Hugo n'a-t-il pas popularisées parmi ses admirateurs ! Grâce à lui, l'opinion publique, objet d^innombrables flatteries, se considère comme très éclairée; partant^ elle est souveraine et infaillible. Essayez, un jour, d'émettre un avis qui ne concorde pas avec ce qu'il est convenu d'appeler les idées du jour. Inévitablement il se produira un phénomène dont on ne saurait trop relever Tim-. portance symptomatique. Après que les principaux arguments auront été épuisés ou tout au moins énoncés, votre interlocuteur fera valoir en faveur de sa thèse Topinion dominante, et il laissera deviner que cette opinion dominante représente, pour lui, Vuliima ratio, une sorte de tribunal suprême et sans appel.
Voilà l'état d'esprit que le xix' siècle doit à Chateaubriand le royaliste prophète de la démocratie, à Lamartine le parrain du suffrage universel, à Victor Hugo le systématique flagorneur de la démagogie.
XXTI CATHOLICISME Et ROMANTISME
à Micheletel à d^autrôs. Osons penser et dire que cet éjat d'esprit esl absolument déplorable. Le x^® siècle français n*a pas su trouver. une forme de gouvernement durable ; il n'a commis que des erreurs dans sa politique extérieure; iï n'a su qu'epo^^«i|vter à 1! Allemagne uriejjiùLQSophiè.mjl- «aine et aussi antipalïiique que possible à hotrie esprit national ; il a ignoré la théologie, il a confondu la physiologie et la psychologie, il à ipjuliUJiL morale; il n'apu atoutir, dans tout ce qui touche à la science de la vie; religieuse, qu'à des résultats négatifs. Et il est satisfait de sa propre activité, et il applaudit à ses triomphes, et il se proclame infaillible! ,
Répudiant les traditions de Sçiinte-Beuvé, la plupart des critiques universitaires de ùos jours se contentent d'expliquer et de paraphraser les grands écrivains du xix« siècle ou de chanter leur gloire. La comparaison devrait se faire entre les classiques elles romantiques dans des conditions d'impartialité absolue. Ces derniers ont composé, par exemple, .de nombreux et magnifiques clairs de lone, depuis Chateaubriand jusqu'à Paul Verlaine, en passant par Lamartine, Hugo, George Sand et. d'autres. Quoi de plus agréable que de faire choix de quelques-unes de ces pages, puis de les mettre en parallèle avec les quelques lignes célèbres' de Bossuet? « Je me suis levé pendant la nuit avec