‹ Catholicisme et romantismeChapitre 7 sur 33 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

David pour voir vos çieux qui sont les ouvrages de vos doigts, la lune et les ^toiles que vous avez fondées, — Qu'ai-je vu, ô Seigneur, et quelle admirable image 4es effets de votre lumière infinie I Le âoleil s'avançait, et son approche se faisait aôQjiattre par une céleste blancheur qui se répandait de tous côtés: les étoiles étaient disparues, et la lune s'était levée avec son croissant d'un argent si beau et si vif, que les yeux en étaient charmés.. • »

Les quelques lignes de Bossuet représentent évidemment peu de chose en comparaison des innombriables volumes sublunaires dont se glorifie la littérature romantique. Mais elles obligeroqtxritiques et professeurs à se poser quelques questions intéressantes. Est-il normal, est-il littéraire, est-il digne d'un homme de se livrer ainsi à de nocturnes rêveries, langoureuses le plus souvent et consacrées au culte du moi? A qui sait les interroger, la lune et les étoiles ne tiennent pas de longs discours ; elles disent comme au Psalmiste, comme à saint Augustin, comme à Bossuet :

« Monte, monte plus haut ! » Les romantiques redoutent cette ascension ultra-sidérale; après s'être élevés jusqu'à la voie lactée^ jusqu'à Sirius ou à Vénus, ils aiment, d'ordinaire, à redescendre dans les demi- ténèbres de leur moi.

Les maîtres chrétiens sauront demander aux

consleilations qui brillent au-dessus de leurs têtes, d'autres leçons. Us feront remarquer à leurs élèves que l'obscure clarté qui tombe des étoiles permet aux héros cornéliens de jeter à la mer les ennemis de leur patrie et de leur foi. Us diront à leurs élèves la marche à l'étoile de Bethléem, l'attitude d'Abraham regardant le ciel par une belle nuit d'Orient,tandis qu'il songe à sa postérité, lé lyrisme supérieur de la prophétèsse Déboràh qui avait eu pour alliées les étoiles, dans sa lutte contre Sisara.

Veut-on un second terme de comparaison entre classiques et romantiques? M. José-Maria dé Hérédia entre dans une chapelle abandonnée ; il voit inscrits sur les dalles les noms des chevaliers et des grandes dames d'autrefois, il songe un ins« tant à leurs vertus ou à leurs malheurs ; puis il s'arrête longuement devant

La rose du vitrail toujours épanouie.

Le vers est beau, certes, mais je ne puis supporter cet enthousiasnie archéologique d'oà naît une si profonde indifférence poUr les beautés de la vie morale^ Puisque les héros et les chrétiennes ne sont plus, que nous importe l'éclat de cette rose toujours épanouie? Elle a perdu sa principale raison d'être, savoir : l'admiration des yeux qui maintenant sont fermés pour toujours.

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