‹ Catholicisme, protestantisme et infidélitéChapitre 6 sur 62 · L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE

Dans toutes nos entreprises, et surtout quand elles se lient à de graves intérêts, nous cherchons la sécurité. Dans la poursuite des sciences nous soupirons après la certitude. Lorsque nous voulons atteindre un objet qui nous intéresse vivement, nous nous réjouissons de trouver ime • route frayée et sure, ou si la route est incertaine, d'avoir un ami fidèle qui nous guide.

Si au lieu d'un avantage purement temporel il est question de la vie éternelle, il est pour nous d'une plus haute importance de connaitre le chemin qui nous y conduit, et de savoir si ce chemin est à l'abri de tout danger. Nulle question pour nous d'une plus grande consé-

-^r.p. qije celles-ci : Suis-je, ou ne suis-je pas

dans la voie du salut ? Suis-je ou ne suis-je pas assuré de professer la vraie religion ? Ma foi est elle ou n'est-elle pas infailliblement certaine ? M'est-il possible de trouver sur la terre une réponse qui me satisfasse pleinement sur les questions qu'il m'importe si fort de résoudre?

Protestants et Catholiques s'accordent à dire que cette- réponse se trouve uniquement dans la vraie foi. Mais ici une autre question se présente. Y a-t-il sur la terre une autorité qui puisse éclaircir tous mes doutes, et me donner une certitude infaillible sur ces doutes si graves ?

Le Catholique répond aflBrmativement. Yoici la doctrine qu'il professe sur ce point. Jésus- Christ a établi une église infaillible à la garde de laquelle il a confié ses enseignements et les moyens de salut à prendre. Il l'a établie pour toujours. Cette église est l'Eglise Catholique. En sa qualité de gardienne infaillible de la parole de Dieu, écrite et non écrite, elle enseigne tout ce que Jésus-Christ lui a enseigné. Comme son infaillible représentant sur la terre, elle conservera jusqu'à la fin des siècles la pureté de son origine. Par son entremise, Jésus-Christ unit le ciel à la terre, et cette union, pareille à la mission que l'Eglise a reçue, subsistera aussi longtemps que le rnondo.

" Yoici que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles."'^

Dans l'Eglise nous avons un guide auquel nous pouvons nous confier avec autant de sécurité qu'à Jésus-Christ même. " Celui qui vous écoute m'écoute."f " Et je vous dis : Yous êtes Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mo^ église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Et je vous donnerai les clefs du royaume des cieux, et tout ce que vous lierez sur la terre sera lié aussi dans le ciel : et tout ce que vous délierez sur la terre sera aussi délié dans le ciel.":]:

• Plein de confiance dans la direction de l'Eglise, le plus humble, le plus ignorant des fidèles jouit d'une aussi pleine sécurité par rapport à la foi, est aussi certain d'être dans la voie du salut, que l'homme le plus distingué par ses dignités et par sa science. .Par le moyen de son pasteur spécial, tout catholique est en communion avec son évêque qui a établi ce pasteur pour le guider, et par le moyen de son évêque il communique avec le légitime successeur de St. Pierre, auquel Jésus- Christ a confié le soin et la direction de tout le troupeau. " Paissez mes agneaux, paissez mes brebis." § "J'ai prié pour vous afin que

* Matt. xxviii. 20. f Luke x. 16. t Matt. xvi. 18, 19. § John xxi. 15, 16, 17.

votre foi ne défaille jamais ; et lorsque vous serez converti, confirmez vos frères."^ Uni au SQcesseur de St. Pierre chacun de nous peut invoquer avec confiance la célèbre règle de St. Ambroise : " Ubi Petrus, ibi Ecclesia." Où. est Pierre, là est l'Eglise. »

Toute l'histoire de l'Eglise confirme le Catholique dans sa foi, et le console par l'assurance qu'il est dans la voie du salut. Dix huit siècles à travers lesquels nous reportons nos regards déposent en faveur de la vérité de notre croyance. Dès le berceau même de l'Eglise, et pendant les trois premiers siècles de son existence, dix-sept millions de martyr^, nos frères dans la foi, ont scellé de leur sang la doctrine que nous professons aujourd'hui. Cet admirable témoignage s'est perpétué avec la succession des siècles. Dans toua les temps la divinité de notre croyance a été confirmée par le sang de véritables martyrs, tous enfants de l'Eglise. De nos jours même, les villes et les campagnes de la Corée, de la Chine, du Tonquin, de la Syrie, n'ont pas hésité à lui rendre ce glorieux témoignage, et à renouveller ainsi, aux yeux du monde, celui que les générations précédentes lui avaient rendu.

Dix-huit siècles écoulés, depuis que Jésus- * Luke xxii. 33.

Christ s'est manifesté à la terre, sont donc dixhuit siècles de triomphe. Non seulement l'Eglise a pu survivre à ses persécuteurs, elle a survécu môme aux ennemis puissants et invétérés qui sortirent de son propre sein. Armée de toute la puissance des rois et des empereurs, l'hérésie n'a cessé de lui faire une guerre plus cruelle et plus meurtrière que le fer des bourreaux, et cependant l'Eglise occupe toujours la place qui lui a été assignée par la main du Très-Haut. Debout et calme sur le roc des âges, soutenue par les promesses de l'éternité, elle ne s'épouvante pas de la fureur des flots amoncelés contre elle, parce qu'elle sait que comme ils se sont toujours brisés à ses pieds, ils s'y briseront toujours. Tout a changé autour d'elle ; sa foi et le pouvoir spirituel qui lui est propre ne connaissent point de changement.

Le témoignage de cette armée de martyrs qui se sont succédé de siècle en siècle, la perpétuité de l'Eglise, en dépit de toutes les attaques qu'elle a eu à soutenir, suflSraient pour autoriser la foi du Catholique, lors même qu'il n'en aurait point d'autre preuve ; mais une autre nuée de témoins, dont il est impossible d'assigner le nombre — ^je veux parler des Saints que l'Eglise Catholique a formés, de cette

multitude d'hommes et de femmes que leurs vertus héroïques présentent à notre admiration, lui donne une nouvelle assurance que sa foi est divine. Les annales de l'Eglise, et les annales du monde ont conservé la mémoire des travaux de cette longue suite d'hommes apostoliques qui ont porté la bonne nouvelle du salut à toutes les nations de la terre. Sur toutes les pages de l'histoire ecclésiastique, et sur toutes celles de l'histoire profane, le catholique peut lire avec bonheur le nom d'hommes et de femmes illustres par leur charité, et dont les sublimes vertus, unies à la plus touchante modestie, ont, pendant dix-huit cents ans, attiré l'admiration universelle. Dans toute la série des âges passés, le Catholique se trouve en présence d'un assemblage d'hommes, de docteurs, d'évéques, de papes, également éminents par leurs talents, leur génie, leur autorité et leur sainteté ; assemblage que nulle autre société ne saurait offrir. Rome en particulier, depuis Saint Pierre jusqu'à Pie IX, a été illustrée par une succession de Pontifes dont le zèle et l'héroisme jettent sur l'histoire un éclat pareil à celui des astres, et qui marquent ainsi le progrès de l'Eglise, à mesure qu'elle s'avance de l'exil du temps au repos de l'éternité.

CAKACTÊRE DU PROTESTANTISME. 33

Pour résumer, par là même que je suis Catholique, je suis infailliblement certain que ma foi est vraie, parceque Teglise est infaillible ; je suis infailliblement certain que je marcbe dans la voie du salut, parceque l'église qui me guide ne peut tomber dans l'erreur. Des millions de martyrs confirment ma foi par leur témoignage; des millions d'hommes, les plus illustres de notre race, ont été conduits au ciel en suivant la direction que je suis moimême. Par mon adhésion à la loi qu'ils professaient, je prends le sentier qu'ils ont parcouru. Je n'en puis douter ; en marchant sur leur trace, le route que je tiens est sure, et le terme de cette route me met en possession d'un bonheur sans mélange. Telle est ma consolation qui, par son abondance, est en proportion avec le félicité éternelle, objet de ma poursuite.

Cette consolation le Protestantisme vous la ravit sans retour. Au point de vue protestant, l'Eglise Catholique n'est que l'aggrégation d'un grand nombre de membres, mais sans union les uns avec les autres. Tout Protestant admet explicitement qu'il n'existe point d'église infaillible. Il regarde la prétention d'infaillibilité en matière de foi comme une insulte faite à Dieu; il accuse d'apostasie l'Eglise fondée par les apôtres, et il la flétrit irrévo-

cablement en imprimant sur elle le caractère de l'Antéchrist.

Dans votre pensée, Jésus-Christ n'a point accorde à l'Eglise le privilège de l'infaillibilité. Votre doctrine fondamentale est que Dieu a ordonné à tous les hommes de consulter la Bible, et à chaque individu de puiser dans cette source, et de former sa foi comme il le peut, de sorte que l'interprétation privée de la Bible remplace et doit remplacer de droit l'autorité de l'Eglise, et être adoptée comme la seule règle de foi.

Cette doctrine est désolante, car elle exclut la possibilité d'arriver à la certitude dans tout ce qui a rapport à la foi. Comme je vous le montrerai plus tard d'une manière plus étendue, à moins que de renoncer à votre régie de foi, et de faire appel à l'autorité de l'Eglise Catholique, il ne vous est pas même possible de prouver que le Bible soit la parole de Dieu, et le résultat d'une inspiration divine. Si vous refusez constamment de reconnaitre l'infaillibilité de l'Eglise qui vous a donné la Bible et a défini qu'elle contenait la parole de Dieu, je ne crains pas de vous en défier, vous ne produirez jamais, de manière à vous satisfaire, une simple preuve que ce livre divin a été inspiré tout entier. Dans tous ia suite de l'Ecriture

VOUS ne sauriez indiquer un seul passage qui vous révèle l'inspiration de toute la Bible, et tant que vous la considérerez comme l'unique règle de foi, et que vous réjetterez la tradition et l'autorité de l'Eglise, vous chercherez vainement ailleurs la preuve qui vous manque. Supposons, cependant, si vous le voulez, que vous êtes parvenus à prouver Tinspiration de la Bible, à la satisfaction d'un esprit intelligent, oii puiserez vous la certitude infaillible que vous la comprenez, et que vous ne vous êtes pas trompés essentiellement dans la doctrine que vous en avez tirée ?

Ici se trouve le grande différence entre la consolante sécurité du Catholique et la désolante incertitude du Protestant. Le Catholique s'appuie sur V infaillibilité de l'église, d'où il conclut infailliblement que sa foi est divine. Le Protestant, en conséquence même du nom qu'il se donne, ne pouvant invoquer rien de plus ferme que son interprétation privée, ne s'élèvera jamais au dessus d'une simple opinion particulière, fort sujette à l'erreur. Le Catholique se fonde sur l'infaillible promesse de Jésus Christ: "Les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle." Le Protestant se trouve en face, et ne peut se délivrer do l'arrêt terrible sorti de la bouche de notre Sau-

veur : " S'il n'écoute pas la parole de l'église, qu'il vous soit comme un payen et un publicain.""^ Le Catholique vogue en sûreté dans la barque de Pierre, à l'abri du naufrage ; le Protestant s'attache à une misérable planche jetée sur les vagues d'un mer en fureur : peutêtre parviendra-t-il à se sauver, et c'est à ce peut-être que se borne toute son espérance. L'Eglise Catholique peut dire à ses enfants : " Confiez-vous à ma direction, je viens de Dieu ; que votre vie corresponde à votre foi, et vous arriverez au port du salut." Le prçtestantisme après avoir jeté entre les mains de ses adhérents un vénérable livre déshonoré par mille interprétations qui se combattent les unes les autres, leur dit enfin : " Lisez pour votre propre compte, et découvrez la vérité, si vous pouvez ; formez votre foi, retenez la fortement, si vous en êtes capable, peut-être vous sauvera-t-elle." Le cœur humain peut-il se trouver jamais dans un position plus désespérante ? Tout au plus serait-il en votre pouvoir de dire : "Peut-être j'ai réussi à découvrir la vérité; mais peut-être aussi me suis-je égaré dans mes recherches. Si je me suis trompé que deviendra mon âme pendant la durée de de l'éternité ?"

Pour échapper à l'incertitude qui s'attache * Matt. xviii. 17.

inévitablement à toute opinion purement humaine, quelques Protestants emportés par le fanatisme, ont imaginé la doctrine de Vlnspiration Personnelle, Ils affectent de croire que l'Esprit Saint leur parle intérieurement, et s'efforcent de se persuader que cette direction imaginaire est aussi sure que celle d'une église établie par l'autorité de Dieu. Cette prétendue inspiration ils la réduisent bientôt à un simple movement de sensibilité, source la plus féconde des plus déplorables illusions. En vérité, il est difficile de concevoir comment un homme, qui n'est pas absolument dépourvu d'intelligence, peut élever sa foi et les espérances de la vie future sur un fondement aussi chancelant. Personne n'ignore à quelles extravagances certaines sectes, et en particulier les Méthodistes,* se sont laissé entraîner pour

* Ici je désire rappeler une remarque déjà faite dans la préface. Ce que je censure, ce sont les erreurs dans la doctrine, et non les personnes. J'ai la ferme conviction que dans les rangs des Méthodistes, surtout des Méthodistes Améric.ains, se trouvent, comme dans toutes les autres sectes, un grand nombre d'hommes sincères et dignes de respect. Pareils à ceux dont il est fait mention dans la texte, ils s'abandonnent à la chaleur de leur imagination, parcequ'ils éprouvent un besoin immense de se procurer, dans ce qui regarde leur salut e'ternel, quelque apparence de certitude. L'ignorance où ils sont de la doctrine ca-

avoir adopté la système de l'Inspiration Personnelle. Dans quelques circonstances, le degré d'excitation, auquel ils se livrent, devient une véritable ivresse religieuse. Cette expression, j'ose l'ésperer, ne vous offensera pas. J'en appelle à l'impression faite sur chacun de mes lecteurs, lorsque passant devant un rassemblement (camp meeting) de Méthodistes, ils entendaient leurs chants discordants, leurs hurlements, leurs cris aigus, et contemplaient les sauts et les contortions que leur suggérait un fanatisme produit par l'inspiration. Tout homme sage doit sentir qu'un spectacle si déshonorant ne peut être l'effet d'une opération divine. L'ivresse religieuse s'évanouit, le fanatisme fait place à des pensées plus graves ; le doute revient avec une nouvelle force, et s'abat sur cette triste victime de l'erreur. La foi, hier l'objet de ses délices, lui parait incertaine, et lui fait éprouver aujourd'hui les plus cruelles tortures.

Après tout, le Méthodisme n'est qu'une des

tholique est cause qu'ils cèdent k ce genre de déceplion. Si, dans le cours de cette discussion, je parle plus fréquemment des Méthodistes, ce n'est point parceque je suis moins bien disposé à leur égard, mais uniquement parçequils forment, dans ce pays, la portion la plus nombreuse et la plus active des Protestants.

innombrables sectes qui, depuis trois cents ans, se disputent sur le sens de la Bible, et ont presque épuisé la liste de toutes les extravagances imaginables, et de toutes les contradictions possibles.

Tel est donc le résultat auquel vous êtes arrivés. Yous avez établi en principe que l'interprétation privée était la seule règle de foi. La conséquence naturelle de ce principe s'est révélée par la multiplication des sectes et des opinions opposées les unes aux autres. Autant d'esprits indépendants, autant de sentiments diflPérents. Le spectacle de tant de désordre, de confusion, d'incertitude, n'est point de nature à rassurer une âme faite pour la vérité, et portant en elle même l'invincible désir de la posséder en pleine sécurité. N'est il pas évident qu'un système aboutissant nécessairement à de semblables résultats, et engendrant une interminable suite de pensées contradictoires, ne peut venir de Dieu, et que, par conséquent, il n'a pas la vérité pour lui? Dieu est la vérité même ; l'esprit de vérité ne peut révéler des dogmes contradictoires. Comme Dieu, la vérité, est une et immuable ; une foi qui vient de Dieu doit donc être une comme lui, et comme lui aussi étrangère à tout chaDgement. Votre foi a changé et change continuellement.

Donc elle n'est point vraie. Luther lui-même frémissait à la vrie de cette diversité de dogmes incompatibles les nns avec les antres, qui, même de son temps, étaient sortis de ses principes, et plusieurs fois il ne put s'empôclier de reconnaître dans une si grande variété la marque la moins équivoque d'erreur et de mensonge. Aujourd'hui l'état des choses est plus déplorable encore. Qu'est devenu le protestantisme de Luther et des premiers réformateurs ? Y a-t-il actuellement nn seul Protestant qui adopte en son entier la doctrine qu'ils professaient ? J'en doute beaucoup. Plus évidemment que jamais le protestantisme porte, gravé au front, le sceau de l'erreur; on ne saurait s'y méprendre.

Permettez ici à un homme qui s'intéresse vivement au bien de votre âme de vous dire : Considérez d'un côté la sublime attitude de l'Eglise Catholique, le témoignage qui la fait remonter jusqu'à Dieu, à qui elle doit son origine, et qui la dirige, le privilège de l'infaillibilité qui la protège contre tout changement et toute incertitude, son unité ne faisant de tous ses membres qu'un seul corps, Tautorité de son chef, qui veille sans cesse à ce que le lien qui les unit ne se relâche jamais, la sécurité absolue qu'elle communique à ceux qui lui obéis-

sent dans tout ce qui regarde la grande affaire du salut ; et de Tautre, la multiplicité et la fluctuation de vos sectes, le changement continuel de vos opinions, que la logique ne peut concilier ensemble, les disputes interminables, les confessions de foi promulguées aujourd'hui, et demain tombées en désuétude, l'enseignement de l'un en contradiction avec celui de l'autre, vos guides sans pouvoir, sans influence, excepté celle qu'ils reçoivent d'un caprice éphémère, ou de la mode du jour, et pour vous enfin l'absence de toute certitude dans tout ce qui se lie à vos destinées éternelles.

Avec ou sans le Bible, le Catholique, savant ou ignorant, vit en pleine sécurité. Le protestantisme laisse l'ignorant sans ressource, et le savant sans croyance assurée ; le premier ne peut faire usage du principe de l'interprétation privée, le second y cherche en vain un terme à ses doutes. Pour interpréter la Bible d'une manière passable, des connaissances étendues sont nécessaires ; la science la plus éminente abandonnée à son propre sens, n'a jamais réussi, et ne réussira jamais à former un système de foi satisfaisant : quant à celui de l'Inspiration Personnelle, imaginé par un certain nombre de sectes protestantes, à quoi se reduit-il en dernière analyse? aux vains efforts d'un

homme qui, désespérant de se procurer Tinfaillibilité, la cherclie dans une déplorable infatuation plutôt que dans l'autorité où. elle se trouve.

Le contraste entre le Catholique et le Protestant au point de vue de l'autorité dogmatique ne demande pas de plus amples écclaircissements. Comme société, le protestantisme ne se présente pas sous un jour plus favorable. Le Catholique marche sur les traces d'une immense multitude d'hommes illustres par la sainteté de leur vie, et dont le salut ne peut être révoqué en doute. Où. sont parmi vous les martyrs, les confesseurs, les docteurs, les pères de l'église, les vierges, les bienfaiteurs du genre humain, tous distinguées par l'éminence de leurs vertus, et dont vous puissiez affirmer le salut avec certitude ? Faites nous connaître leurs noms, si vous en avez la liste. Supposé même que vous puissiez nous opposer vos saints, comment pouxriez-vous prouver qu'ils professaient la même foi que la vôtre? Il n'est point en votre pouvoir de nous donner cette preuve, puisqu'il n'existe parmi vous ni autorité infaillible, ni un symbole de foi commun à tous, et auquel vous vous fassiez honneur de vous soumettre, ou de vous conformer. Le Catholique possède la certitude que les saints,

dont il honore le mémoire, professaient, ni plus ni moins, la foi qu'il professe lui-même, parceqae le Catholique croit, sans addition et sans retranchement, tout ce que l'Eglise lai propose comme articles de foi. Yous glorifier d'un pareil avantage est pour vous chose impossible.

Luther a donc fait une dangereuse expérience, pour ne rien dire de plus, lorsqu'il abandonna le grand chemin par où des millions d'hommes, pendant quinze siècles, sous la conduite infaillible de l'Eglise, étaient allés au ciel, pour marcher en aveugle dans des sentiers de traverse, sans autre guide que ses idées particulières, et sans examiner si la direction qu'il prenait le menait au port du salut, ou à sa ruine. Le temps n'a fait qu'augmenter ce qu'il j a d'alarmant dans cette expérience.

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