‹ Catholicisme, protestantisme et infidélité [microforme]Chapitre 29 sur 80 · DER · texte numérisé non relu

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toutes marquées du sceau de la vérité ; il était impossible à Jésus-Christ de les enseigner, et par conséquent elles ne peuvent convenir à une Eglise dont il est le fondateur.

Il est à peine nécessaire de prouver que cette unité doit être visible. L'Eglise est composée d'hommes qui frappent les yeux par leur présence, Ceux qui sont chargés d’instruire les nations jusqu’à la fin des temps doivent être visibles. Les liens qui nous unissent, tels que les sacrements, l’autorité de Pierre, le sont également. Les figures qui représentent l'Eglise, une cité bâtie sur une montagne, une nation, un troupeau, une armée, affectent nos sens. L'Eglise elle même doit être visible, puisqu'elle est établie pour travailler au salut des hommes. Une Eglise invisible ne serait, sous ce rapport, d'aucune utilité pour tous les hommes et pour tous les temps. Il sercit imposible de la découvrir, et personne ne pourrait lui demander les moyens de salut que cependant elle est obligée de procurer.

Que l’unité de foi, de communion, de gouvernement soit une des marques essentielles de l'Eglise est si évidemment clair qu'il est inutile d’en pousser plus loin la démonstration. Personne sur la terre ne peut lui assigner

FONDEMENT DU PROTESTANTISMF. 153

d'autre fondateur que notre Seigneur Jésus- Christ. Personne ne pourra jamais indiquer un seul article de foi qui ne soit pas admis par tous les Catholiques du monde. Personne ne peut nier qu’elle administre les mêmes sacrements sur toute la surface du globe, et qu’elle offre le même sacrifice depuis le lever jusqu’au coucher du soleil. Personne enfin ne peut nier que les Catholiques, dans quelque partie du monde qu'ils habitent, reconnaissent tous le même chef, dans ce qui concerne la foi, le successeur de St. Picrro, ls sonverain Pontife de Rome. Ainsi l'unit; de l'Eglise se manifeste au vu et au su de tout le monde.

Jetez maintenant les yeux autour de vous, et vous apercevrez sans peine que l’unité est loin d’être le partage du protestantisme. Il est déchiré par une multitude toujours croissante de sectes qui se divisent, se subdivisent, et se font une guerre mutuelle, sans pouvoir même retenir une apparence d’union. Comme je l’ai déja fait remarquer, Luther fut temoin de ce déplorable spectacle, et en considérant le grand nombre de sectes opposées les unes aux autres que le protestantisme avait déja produites, il ne pouvait s'empêcher de confesser qu'unegdiscorde si irrémédiable lui imprimait le sceau du mensonge et de l'erreur.

Tout le monde a entendu parler de la célèbre Histoire des Variations du Protestantisme composée par Bossuet, et peut lire dans cet ouvrage les preuves authentiques des innombrables changements dont il a été le principe. Plus changeant dans le diversité de ses couleurs que le caméléon, plus variable dans ses métamorphoses que le Protée de la fable, il présente le plus étrange phénomène qui ait jamais paru.

Hoœnighaus, savant auteur Allemand, est parvenu à composer un cours complet de théologie, en extrayant differents passages d’écrivains protestants. Sans avoir trouvé dans aucun un corps suivi de doctrine, mais en recueillant les fragments de vérités catholiques disséminées dans la confusion de leurs systèmes, il a réussi à en former un tout, à peu près comme s’il eut réuni les morceaux épars d’un miroir brisé. Ce fait seul suffit pour placer le protestantisme au point de vue qui lui convient; il n’est qu’une déviation du catholicisme. Semblable à l'enfant prodigue, il a quitté ia maison de son père, et dissippé le précieux héritage de l’ancienne foi.

Il y a environ trente ans, le Duc de Anbhalt Koethen, à son retour de Paris, où il était devenu Catholique, assembla son Conseil d'Etat

et un certain nombre de pasteurs protestants pour leur rendre compte de sa conversion, Il leur dit que le motif principal qui, en le portant à examiner la doctrine catholique avait déterminé son changement, était l’invariable unité de cette doctrine; “unité,” ajouta-t-il, “que je n’ai pu découvrir dans le protestantisme.” Les pasteurs soutinrent que l’ar:usation n'était pas fondée, puisque sur les points essentiels les Protestants étaient d’accord. ‘Admettez-vous,”” leur demanda le Duc, “la doctrine de la justification comme un point essentiel ?” Ils répondèrent affirmativement. “Eh bien,” reprit le Duc, en se tournant vers un des pasteurs, ‘ ayez la bonté de me dire comment vous définissez cette doctrine”” Le pasteur donna sa définition. A peine avait-il cessé de parler qu’un second s’écria : Ce n’est point l’idée qne je me forme de la justification; je l’entends tout autrement.” Un troisième apporta une troisième définition. Le Duc termine le différent par ces mots: ‘Messieurs, vous venez de me donner une preuve convaincante de l’union qui règne parmi vous, et de l’unité du protestantisme.” Vous ne pouvez dire que les Catholiques se contredisent d’une manière si palpable. Ils peuvent différer lorsqu'il s’agit

d'opinions, mais jamais quand il est question de matières de foi. Du moment qu’un Catholique nie un des articles qu’elle enseigne, fut-il un Thomas d'Aquin, il cesse d’être Catholique. Un Protestant qui combat les idées que vous avez sur la religion n’en reste pas moins ce qu'il est, avec pleine liberté de défendre son sentiment contre tous les Protestants du monde. En cela il est parfaitement dans son droit, puisque votre règle fondamentale le constitue juge absolu de ce qu’il croira ou ne croira pas. .

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