HORS DE L'EGLISE POINT DE SALUT
Cette doctrine vous indigne, et par ce que nous affirmons que hors de l'Eglise Catholique il n’y a point de salut ; vous vous irritez contre nous, et vous concluez que nous vous condamnons à une perte éternelle, sans même attendre le jugement de Dieu. Ma réponse est bien simple ; nous enseignons la doctrine de Jésus- Christ, cette doctrine est la vérité même, et votre conclusion est sans fondement.
L'Eglise Catholique enseigne, et elle a toujours enseigné que seule elle est la véritable église de Jesus-Christ, et'que par conséquent hors de son sein il n’y a point de salut. La seconde proposition est le résultat nécessaire de la première. Aussitôt que l’Église enseignera, ce qu’elle ne fera jamais, que l’on peut se sauver hors de sa communion, elle cessera d’être l'Eglise de Jesus-Christ.
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ture ? Si pleins de confiance dans le protestantisme :à ses vous le regardiez comme étant très certaine-: se lès \ ment la vraie Eglise de Jesus-Christ, vous avèc | diriez ce que nous disons, et toute religion qui dé5e | ne le dit pas renonce par là même au droit de
se prétendre instituée de Dieu pour le salut du genre humain. Je prouverai ce que j’avance par l’idée renfermée dans le mot Religion et surtout dans celui de Religion Chrétienne.
ï Qu'est-ce que la religion? l’étymologie du l' | mot l'indique; c’est un lien qui unit l’homme à | PONES |
ad Dieu. L'idée de religion renferme deux choses, ' |
ontré la foi et la pratique, la croyance de la vérité et |
idam- l’accomplissement de certains devoirs, au moyen Al
snidèe : desquels nous devons parvenir à la posses- |
bien É sion éternelle de Dieu, unique et dernière (1
Tésue- fin de notre existence, Or aussi certainement |
ne, et à : qu'il n’y a qu'un seul Dieu, et une seule race humaine, aussi certain est-il qu n’y a
a tou- L qu'une seule foi, une seule morale év.vlie par
itable j le tout Puissant pour conduire les hommes au
quent ET
+ Je Si la religion n était qu un.système de cer-
iire de taines observances sensibles, de certaines formes
gnera, à extérieures de culte, en un mot, un simple cé-
De à rémonial, il pourrait y avoir autant de religions
esSCTA | qu’il y aurait de rituels composés au gré et sui-
vant la volonté des hommes. Mais la question
n’est pas là. Elle se rapporte à la religion prise dans la stricte signification de ce mot, surtout en tant qu’elle renferme une croyance à adopter, et des devoirs à remplir. Ce qui est vérité pour un homme est vérité pour tous, et ce qui est essentiellement obligatoire pour l’home en général, est essent'ellement obligatoire pour chaque homme en particulier. Le nier, c’est dire que Dieu n’est pas Vérité. Prenons la confession pour example. A-t-elle été instituée par Jesus-Christ comme moyen de salut, oui, ou non? Il n’y a pas de milieu.
Si elle n’a pas été instituée comme moyen de salut, il n’y a nulle obligation d’y avoir recours; mais si elle a été instituée comme moyen de salut nécessaire pour tous cc :. qui ont péché après le baptème, quiconque a péché de la sorte, ne peut se sauver Sans y recourir. Oserezvous dire que Dieu a obligé les Catholiques sous peine de damnation éternelle de confesser leurs péchés à un prêtre, comme à son représentant, mais qu’il a dispensé les protestants de cette obligation ? Le mème raisonnement conserve toute sa force pour tout autre devoir religieux. En d’antres termes : S’il existe une religion divine, il ne peut y en avoir qu’une, et hors d’elle, il ne saurait y avoir de salut.
Le raisonnement si fréquemment employé ;
religion ce mot, croyance
Ce qui our tous, ire pour ent oblilier, Le té. Pret-elle été 1oyen de e milieu.
noyen de TECOUTS ; noyen de nt péché hé de la . Osereztholiques confesser on représtants de nent conre devoir xiste une qu’une, et ut.
employé ;
DES DOGMKS CONTROVERSÉS. 267
tous les hommes ont un Père communet peuvent par conséquent se sauver dans toutes les religions, est simplement ridicule. C’est précisément parce qu'il n’y a qu’un seul Dieu, qu’il ne peut y avoir qu'une seule religion. Parce qu’il n’y a qu’un seul Dieu, les même devoirs religieux sont obligatoires pour tous les hommes, et tout homme qui ne les remplit pas est perdu pour toujours. Mais, direz-vous encore, nous croyons tous au même Christ. Si vous croyez tous au même Christ, vous êtes done tous obligés d'accepter la foi et d’obéir aux lois qu’il a lui même établies dans son Eglise. Son Eglise, comme je l’ai prouvé, est l'Eglise Catholique seule. Donc hors de l'Eglise Catholique point de salut. Jésus-Christ n’a-t-il pas dit. “S'il ne veut pas écouter l'Eglise, qu’il soit pour vous comme un payen et un publicain.”* ‘ Celui qui ne croit pas sera condamné.”+
Si les hommes pouvaient se sauver dans toutes les religions, la religion chrétienne ne serait pas nécessaire ; Jésus-Christ n'aurait eu aucune raison d'envoyer ses Apôtres précher à toutes les nations ; le commandement qu'il fait à tous les hommes de croire pour être sauvés, n'aurait aucun sens? Sil a fondé une Eglise,
#* 8. Matth. xviii. 17. + 8. Marc xvi. 16.
tout ce quelle enseigne, en sa qualité d'Eglise de Jésus-Christ, doit être cru, car toutes ses doctrines s’appuient sur la même autorité infaillible de son divin Fondateur. Rejeter volontairement un seul article de foi suffit pour encourir un châtiment éternel, car c’est nier en entier le caractère divin de la foi et de l'Eglise de Jésus-Christ, c’est attaquer l’autorité et la véracité de Dieu. Celui qui ne peut ni tromper ni se tromper a révélé chacun des articles de foi enseignés par l'Eglise. “ Quiconque ayant gardé la loi,” dit le Saint Esprit, “]a viole er nn seul point, est coupable comme s’il l'avait violée toute entière.”* Ou la foi, comme formant un tout, est vraie, ou elle est fausse ; nous devons donc tout rejeter ou tout croire, car si elle se trompe en un point, elle ne vient pas de Dieu.
La doctrine que nous souteuons est celle des Pères de la primitive Eglise. Tous sont unanimes sur cette question, tous ils enseignent que hors de l'Eglise on ne peut espérer de salut. St. Cyprien, qui vivait au milieu du troisième siècle, dit dans son ouvrage de l'Unité de l'Eglise: “ Il ne peut avoir Dieu pour père qui n’a pas l'Eglise pour mère” St. Augustin, qui
* 8, Jacq. 11. 10.
d’Eglise utes ses orité injeter voffit pour est nier ni et de ’autorité > peut ni eun des
de Quit Esprit, e comme x la foi, elle est où tout t, elle ne
celle des ont unanent que de salut.
roisième Jnité de père qui astin, qui
À écrivait à la fin du quatrième siècle et an com-
mencement du cinquième, s’exprime ainsi:
“ Quiconque est séparé de l'Eglise Catholique
- n'aura point la vie en lui ; mais sur lui reste la
colère de Dieu”* St. Gregoire le Grand, qui
occupait le siège pontifical à la fin du sixième
siècle, établit en peu de mots la doctrine catho-
lique: “ La Sainte Eglise Catholique enseigne
: que personne ne peut se sauver hors de sa communion.”|
En votre qualité de chrétiens vous croyez
avec nous qu'un homme mourant en état de
péché mortel est perdu sans ressource ; vous
croyez que “ ni les fornicateurs, ni les idolâtres,
L ni les adultères, ni les impudiques, ni les abo-
| minables, ni les avares, ni les voleurs, ni les
à ivrognes, ni les médisants, ni les ravisseurs du
bien d’autrui, ne seront point héritiers du roy-
aume des cieux.”{ + négation réfléchie d’un
article de foi n’est-elle pas un péché mortel,
aussi bien que le vol, l’ivrognerie et l'mpu-
- dicité ? Cette négation, outrage iaït à l’artorité
et à la véracité de Dieu, est un péché plus grief
qu'un outrage adressé à un homme. L’injure
que vous ressentez le plus vivement, c'est d’être
# Ad. Part. Fact. Dan. c. 141. 1 Lib. Moral. 14. +1 Cor. vi. 9, 10, 28*
dcr eiens a animer ia ere dre
flétris du nom de menteur. Qu’un homme soit accusé d’avoir fait tort à l'Etat, il s'inquiète peu de cette accusation ; mais s’il est appele menteur, le sang seul peut effacer une telle fétrissure. Nier de propos délibéré un article de foi, c’est révoquer en doute la véracité de Dieu. Celui qui a l’audace de dire à la face du ciel : Je le sais; cette vérité est révelée, et comme telle, elle m’est enseignée par l’infaiïllible autorité de l'Eglise ; mais je ne veux pas la croire ; celui qui après la déclaration solennelle qu’une doctrine fait partie de la révélation, n’examine pas si cette doctrine est révelée ou non, et refuse de l’admettre, cet homme méprise évidemment Dieu comme source éternelle de la vérité ; faut-il donc s’étonner si mourant coupable d’une telle offense il est perdu pour toujours ?
Sommes-nous donc après tout, nous Catholiques, sommes-nous la cause de sa ruine? Estce nous qui le condamnons aux tourments de l'enfer? Non, sans doute. Il se condamne Ini-même, il est l’agent de sa propre ruine.
Lorsque vous nous dites: vous vous perdrez infailliblement, en dépit de votre titre de Catholiques, si vous mourez dans l’état du péché mortel, êtes-vous la cause de la condamnation portée contre nous? Vous ne faites que pré-
jai
nme soit inquiète : appele telle flérticle de de Dieu.
du ciel :
L comme ble autoa croire ; e qu’une examine non, et 7186 éville de la ant cou- Jour tou-
8 Catho- 1e? Estnents de ondamne ‘e ruine, >rdrez inle Cathou péché amnation que pré-
date AD nn
dire ce qui doit effectivement arriver. Ilen est de même quand nous disons: Quelle que soit la moralité de votre conduite, si vous mourez volontairement dan: |'hérésie, vous. périrez inévitablement, nous ne prononçons pas l’arret de votre condamnation, nous ne faisons que vous avertir, quand il vous est possible de profiter de notre avertissement. Dieu seul est votre juge et le nôtre. Lui seul a droit de décider de votre sort pour l’éternité. Si en conséquence de votre infidélité volontaire il vous condamne, vous subirez l’effet de la sentence par votre faute, et nullement par la nôtre, Une question se présente ici naturellement, vous pouvez me la faire. Un homme se trouve dans ignorance invincible de la véritable foi, et cependant il observe les préceptes de la morale, se perdra-t-il? Je réponds que cet homme mourra dans le sein de l’Eglise Catholique. Soit pendant sa vie, soit au moment de sa mort, la Divine Providence lui fournira des moyens, extraordinaires s’il le faut, de connaître de la foi ce qui est indispensable pour le salut de son âme. Pour plus de clarté distinguons deux sortes de personnes, celles qui sont baptisées et celles qui ne le sont pas. Comme ce sujet est peu compris et rarement bien expliqué, je vous demande une attention particulière aux remarques suivantes.
Par rapport aux personnes nées dans un pays protestant et validement baptisées qui, par défaut ou d'instruction, ou d’occasion favorable, n’ont jamais su que l’Eglise Catholique est ia seule véritable Eglise de Jésus-Christ, si elles n’ont jamais commis de péchés mortels, ou les ont expiés par les sentiments d’une contrition parfaite unie au désir sincère de faire ce que Dieu peut exiger d’elles, ces personnes seront sauvées par la voie ordinaire, comme membres de l'Eglise Catholique. Elles lui appartiennent réellement, y étant entrées par la validité de leur baptême, et si extérieurement elles sopt séparées de sa communion, c’est uniquement par une faute dont elles ne sont pas responsables. Suivant notre doctrine, il n’y a qu’un seul baptême toujours valide, qu’il soit administré par vn Chrétien, un Juif, un infidèle ou un payen, >:rvu cependant qu’il ait été conféré de la runière instituée par Jésus-Christ, avec l'intention de faire ce qu’il s’est proposé dans l'établissement de ce sacrement. Tout homme baptisé de la sorte devient au moment même de son baptème membre de l'Eglise Catholique. A la vérité les Protestants, qui rentrent dans son sein, sont généj'alement baptisés, parce que souvent le baptème qu’ils ont reçu n’a pas été administré validement. Dans au-
un pays par dévorable, e est la si elles , Ou les ntrition ce que s seront nembres tiennent idité de les sont juement respona qu'un t admiidèle ou été cons-Christ, proposé ‘Font moment lise Caqui renbaptisés, nt reçu ans au-
DES DOGMKES CONTROVERSÉS. 273
cun cas cependan nous n'avons l’intention 4 donner un second baptèn ; nous le conféron conditionnellemc :t, pour que celui qui se con vertit ait l’assurance d’avoir été certainement baptisé. Nous ne réitérons jamais ce sacrement lorsqu’aucun doute n’existe touchant le premier baptème. Dans plusieurs contrées, il y à un nombre considérable de Protestants validement baptisés et qui ignorent invi si] ment la véritable Eglise ; ils en sont m: 3, et sans le savoir meurent dans sa comm ion.
Tous ceux qui ont été baptisés validement ne ‘essent point d’être Catholiques, à moins qu'ils ne se renden coupables d’apostasie en adhérant, contre cour conscience, à une erreur opposée à la foi, ou en négligeant volontairement d'examiner, lorsqu’un soupçon bien fondé qu'ils sont dans l'erreur se présente à leur esprit. J’ai la confiance qu’un grand nombre de Protestants se sauvent de la sorte, non pas, il est vrai, comme Protestants, mais comme membres de la seule véritable Eglise établie par Jésus-Christ.
L'état des payens diffère considérablement de celui des Protestants baptisés. Les payens qui sont involontairement dans l’rreur, et servent Dieu, le mieux qu’il leur est possible, selon la lumière qu’ils possédent, et sont disposés à