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aucun désir dans le cœur d’un homme charnel : il ne fait que lui inspirer du dégout.
Il en est autrement de la pensée d’un châtiment éternel. Elle épouvante le cœur le plus endurci, il ne peut la mépriser. Plutôt que d'admettre la possibilité d’une éternité de peines, il en révoque en doute l'existence, il la traite de fiction ; pour lui l’immortalité de lâme n’est qu’un songe. Si cependant ses efforts ne peuvent parvenir à le convaincre, il se lance sans retenue dans le tumulte du monde, il se plonge dans les plaisirs afin d’oublier tout ce que l’avenir lui présente de terreur. Son langage aujourd’hui est celui que le livre de la Sagesse mettait, il y a mille ans, dans la bouche de l’homme pervers: ‘ Le temps de notre vie est un ombre qui passe.
Venez donc, hâtons-nous d’user des créatures pendant que nous sommes jeunes. ÆEnivronsnous des vins les. plus excellents, parfumonsnous d’huiles de senteur, et ne laissons point passer la fleur de notre jeunesse. Couronnonsnous de roses avant qu’elles se flétrissent, qu’il n’y ait aucun lieu de délices où notre intempérance ne se signale. Que nul ne se dispense de prendre part à notre débauche; laissons partont des marques de réjouissance, parce que c’est là notre sort et notre partage. Les
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impies ont en ces pensées, et ils se sont égarés dans ces vains raisonnements, parce que leur propre malice les a aveuglés, et qu’ils n’ont pas connu les secrets de Dieu.”*
Enfin la double sanction de la loi divine est fondée sur la nature des attributs de Dieu. J'ai fait remarquer plus haut rue Dieu étant infiniment bon, il accorde au juste une récompense éternelle, et parcequ'il est infiniment juste, il punit les méchants d’un malheur sans fin, J’anrais pu dire que c’est la même justice rétributive qui récompense la vertu de l’un et punit la dépravation de l’autre. Tous les attributs de Dieu forment la mème nature divine, ils sont Dieu même, et s’ils reçoivent différents noms, c’est en raison de leurs différents rapports aux créatures. La loi éternelle n’est, en dernière analyse, qu’un autre nom pour celui de Dieu. La récompense et la peine éternelle s'appuient sur la mème justice distributive, identifiée en Dieu avec la loi éternelle, et sont comme deux foyers qui nous renvoient l’image des attributs divins.
Les remarques qui précèdent me donnent le droit, ce me semble, de déduire les conclusions suivantes. 1. En tant que les supplices éter-
nn. nd
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nels présentent un mystère, la raison n’est pas autorisée à prononcer sur ce sujet un jugement sans appel. 2. Quoique nous ne puissions pas comprendre pleinement l'éternité des peines, ni prouoncer sur elle un jugement définitif, cependant la lumière de la raison suffit seule - pour établir qu’elle est en harmonie avec la justice et la sagesse de Dieu. 3. Comme il est ici question d’un point de doctrine révélé, l’homme doit soumettre son jugement à l’autorité de la révélation.
Le temps viendra où. Jésus-Christ lui-même remplira la prédiction si claire et si solennelle par laquelle il a voulu graver dans l'esprit des hommes la nécessité absolue de se soumettre à ses enseignements. Un jour viendra qu'il dira aux justes : ‘ Venez, vous qui êtes les bénis de mon Père,” et aux méchants: “ Retirez-vous de moi maudits, et alors ceux-ci iront au supplice éternel, et les justes à la vie éternelle.”?*
J’ai prouvé la mission divine de Jésus- Christ, et je puis dire.avec St. Augustin:
‘ Celui qui n’est pas réveillé par cette voix de tonnerre n’est pas seulement endormi, il est mort.
Comme j'ai toujours parlé simplement dans
#* Matth. xxv. 84, 41, 46.
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tout le cours de cet ouvrage, vous m’excuserez si je dis er concluant: En g’élévant contre la doctrine d’un supplice éterne’, les infidèles ne doivent pas chercher la raison de leur opposition dans l'impossibilité ou l’absurdité de cette doctrine, mais en eux-mêmes, Car si l'éternité de l’enfer est réelle, ils n’ont que trop de raison de la craindre.