‹ Catholique ou Protestant? [microform]Chapitre 18 sur 35 · V. DE S*-LA]VîBERT · texte numérisé non relu

V. DE S*-LA]VîBERT

J'ai répondu huit jours plus tard.

Cher Monsieur, - '

Il est vrai que je connais peu le catholicisme comme le protestantisme du reste. Souvent je me suis dit, au cours des derniers mois : « Pour choisir en connaissance de cause, il faudrait lire trop de livres. Ta vie n'y suffirait pas ». Et c'était une des raisons pour lesquelles il m'eût semblé sage d'accepter, les yeux fermés, la doc-

Snell, op. cit., p. 132. Les mots soulignés dans le texte le sont par l'abbé Snell.

trine précise et complète de l'Eglise romaine. Mais depuis l'expérience dont je vous ai parlé dans une précédente lettre, tout, pour moi, s'est extraordinairement simplifié.

J'ai compris que Jésus-Christ suffît.

Dites-moi que l'Eglise romaine, parmi d'autres, a eu son utilité, qu'elle est encore un refuge pour de nombreuses âmes, qu'on y adore aussi Jésus-Christ, je serai d'accord. Mais qu'elle soit, à l'exclusion de toute autre, l'Eglise, la vraie, la seule, l'infaillible Eglise de Jésus- Christ, c'est ce qu'il faudrait démontrer.

Selon votre conseil, j'ai relu les pages de l'abbé Snell concernant l'infaillibilité.

J'ai essayé d'y mettre la simplicité d'un cœur de bonne foi. Ne trouverez-vous dans ma réponse que les ergoteries de l'orgueil ?

Pour le catholique, convaincu d'avance, son Eglise est infaillible, c'est un axiome indiscutable. Mais pour qui prête un instant d'attention, ne fût-ce qu'à un seul des cinq faits que je vous ai signalés l'autre jour, l'infaillibilité de l'Eglise romaine, loin de présenter ce caractère d'évidence dont parle l'abbé Snell a, au contraire, le plus urgent besoin d'être prouvée.

J'irai plus loin; l'infaillibilité qu'elle s'attribue comme un divin privilège, n'est-elle pas en réalité sa suprême erreur ? Plus j'y réfléchis, plus il m'apparaît clairement que la prétention de l'Eglise romaine à l'infaillibilité, c'est la pierre meulière attachée à son cou, et qui la noie spirituellement ; toutes les Eglises sont sujettes à errer ou à pécher; mais toutes peuvent se repentir. Seule l'Eglise de Rome ne le peut pas, se disant infaillible I

En terminant, vous déclarez : « Christ, qui a fait les promesses à l'Eglise, n'a pu l'abandonner ».

Et Israël ?

Au dire de Saint-Paul, Dieu ne l'a-t-il pas rejeté

pour un temps ? Les rameaux de l'olivier franc n'ontils pas été coupés, pour faire place à des rameaux sauvages^) ? Et l'apôtre ajoute ; «Si Dieu n'a point épargné les branches naturelles, prends garde qu'il ne t'épargne point non plus ».

A qui Paul adresse-t-il ces paroles ? N'est-ce pas à l'Eglise chrétienne sortie du paganisme ? et plus particulièrement à l'Eglise de Rome ?

Et ne signifient-elles pas que, comme Israël a été rejeté, par sa faute, une Eglise peut l'être aussi ?

Que pensez-vous de cette analogie ?

Clier Monsieur et ami, que ne donnez-vous au Christ personnellement et à Lui seul cette foi implicite et totale que vous avez en l'Eglise romaine! C'est le vœu le plus ardent de votre affectionné

1) Romains 11, v, 22-24,

TEOISIÈME PARTIE

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