I. H. s. QUID VOLO NISI UT ARDEAT V. F. G
ce qui signifie : Jésus, Sauveur des Hommes, que veuxje ? sinon qu'il flamboie, le glaive ardent de la Parole^)-
^) Société d'Histoire neuchâteloise. I. H. S. = Jésus Hominum Salvator. V. F. G. = Verbi Flammeus Gladius. — Qui ne voit ici le groupe central des Réformateurs, au monument de Genève, où "arel, Calvin, Bèze et Knox s'avancent tous les quatre la Bible à la main.
En regard du catholicisme romain, au point de vue de l'organisation extérieure, le protestantisme n'est que faiblesse, j'en conviens volontiers.
Mais sa force, aujourd'hui encore, est dans les prédications, études bibliques, catéchismes, écoles du dimanche où, liés par une tradition séculaire, des milliers de ministres, selon leurs lumières et leur foi, interprêtent la Parole au peuple. Elle est aussi dans ces réunions laïques de tant de sociétés et dénominations diverses, dont la Bible est toujours le centre. Elle est davantage encore dans ces cultes de famille, vraie caractéristique du foyer protestant pieux, où le père, soir après soir et chapitre après chapitre, expose l'Evangile aux domestiques et aux enfants^). Enfin elle est surtout dans ce culte individuel et silencieux du chrétien qui, chaque matin, trouve dans sa Bible le pain des forts...
— Les curés, interrompit Charles, connaissent aussi la Bible. Celui dont j'ai parlé nous taquinait parfois et citait volontiers des versets contre le protestantisme.
— Utiliser la Bible comme un recueil d'arguments pour la discussion ou la prédication, que l'on soit protestant ou catholique, ce n'est pas en nourrir son âme. Etudier la Bible, avec prière, en écoutant la voix de l'Esprit qui parle à la conscience, c'est autre chose.
— Les Réformateurs et le peuple protestant, fis-je, ne se sont-ils jamais égarés ? Il me semble pourtant...
— La tendance à laisser s'altérer l'enseignement et la figure du Christ n'est pas catholique, elle est humaine. Que de pensées qui n'étaient pas évangéliques, chez les Réformateurs déjà, et dès lors dans toute l'histoire du
^) J.-B. Coriieloup, ancien religieux, après sa sortie de l'Eglise romaine, passa quelque temps dans une famille à Cherbourg. « Nous faisions chaque jour, dit-il, le culte de famille matin et soir. Cette pieuse coutume protestante est assurément ce qui m'a fait le plus de bien, et m'a mis en quelque sorte en plein cœur du christianisme.., » Cf. Conversion d'un prêtre à l'Evangile, p. 70,
protestantisme, chez les théologiens qui se disputaient entre eux, chez les séparés, qui ne le faisaient pas moins ! Nous avons eu, dans le protestantisme, le Christ éthéré, liturgique de l'orthodoxie morte; le Christ découronné du libéralisme; le Christ étroit de maint sectaire. Mais l'Evangile était là, dans les chaires et sur les tables de famille. On l'ouvrait et il rayonnait. Christ lui-même. Christ en personne apparaissait de nouveau dans sa gloire...
— Et la critique biblique, repris-je ?
— La critique ? Un terme bien malheureux qu'on devrait abandonner, puisqu'il laisse croire que les théologiens se permettent de blâmer Jésus et les apôtres.
— Qu'est-ce donc que cette fameuse critique ?
— Tout simplement V Introduction aux livres de la Bible, introduction dans laquelle on cherche à dire où, quand, dans quelles circonstances et par qui ils ont été écrits.
Si, dans ce travail, certains auteurs peu respectueux des choses divines ont publié des pages propres à angoisser les cœurs chrétiens, combien d'autres, par contre, aimant la Bible, l'ont fait aimer par leurs ouvrages !
— Et si la critique négative réussissait à tout renverser ?
— Ayons confiance en Christ et en sa Parole immortelle. Si jamais se trouvaient des brûleurs de paille humide assez nombreux et assez forts pour démontrer que le soleil ne brille plus, le soleil n'en brillerait pas moins victorieusement, une fois leur fumée dissipée.
— N'est-ce pas à propos de la Bible qu'on se dispute le plus ? reprit Charles. J'ai entendu récemment dire à un pasteur qu'au temps actuel la question biblique soulève entre protestants des discussions aussi âpres qu'autrefois la question de la Sainte-Cène et celle du baptême. Chacun recommande ses publications sur ce sujet et dénigre avec une belle ardeur celles des autres.
— C'est vrai. Et pourtant, plus j'y réfléchis, plus une constatation me réjouit. Il est un livre que, de part et d'autre, on recommande avec la plus complète unanimité : c'est le Livre par excellence, le Livre protestant. Au fond, comme on est d'accord !
— Beaucoup, reprit Charles, trouvent ennuyeux de lire la Bible autrement que pour en discuter.
— Vous touchez ici à l'une des plus troublantes questions qui soient. Attaquer la Bible, c'est lui faire peu de mal. Mais bâiller devant la Bible...
T. Fallot l'a dit : « Les larmes de nos ancêtres arrosaient jadis le volume sacré; actuellement, dans certains milieux, c'est la poussière des choses mortes qui le recouvre... »^)
— Comment, dis-je, restaurer l'antique intérêt pour la Bible ? .
Jacques ne répondait rien. Un pli soucieux barrait son front.
J'insistai.
— Penses-tu qu'on puisse ressusciter cet ancien amour des Ecritures ?
— Peut-être, dit Jacques lentement, a-t-on lui mémorisé et cité trop.de yersefe bibliques. Il faut revenir à la lecture suivie, par larges tranches, ou d'un livre entier... Alors la Bible cesse d'être un recueil de sentences sacrées; elle reprend vie; elle offre de nouveau l'intense intérêt qu'elle doit offrir...
Charles s'exclama.
— On n'a pas le temps !
— Il me souvient, rétorqua Jacques, d'un mot de feu le professeur Ernest Martin, de Genève. « L'Epître aux Galates, disait-il, n'est pas plus longue qu'un numéro de journal de moyenne grandeur. Qui donc n'a pas le temps de lire son journal tous les jours ? »
^) T, Fallût, Qu'est-ce qu'une Eglise ? p. 54. Lire jusqu'à page 57.
Devant nous, un groupe de jeunes gens et de jeunes filles allaient chantant. Le mouvement de marche était plein de vigueur. Quelle joie de les entendre.
N'y tenant plus, Jacques d'abord, puis Charles et moi-même enfin, nous accompagnâmes à pleines poitrines :
Pour triomphier dans les' combats.
Quelle est notre force ici-bas ?
Quelle est la divine lumière Qui nous dirige et nous éclaire Dans la sombre nuit de l'erreur?
C'est la Parole du Seigneur^).
Quand les dernières notes eurent retenti sous le rocher qui domine la route, Jacques, tout éinu, s'écria : — Et dire que c'est vrai !
Y., le 3 novembre 1916.
Voilà seize mois bientôt que nous descendions du Mont ***, Jacques Marchand, Charles B. et moi, au soir d'un jour qui, jamais, ne s'effacera de mon souvenir- Journée de pluie et de froid, oui. Mais, plus encore, journée lumineuse d'initiation. Ce jour-là, j'ai pris pleine conscience du fait dont mon âme vivait déjà sans s'en rendre assez compte : « Christ suffit ».
Et puis il est un mot de Jacques qui m'a été singulièrement utile : lire la Bible par larges tranches. Je l'ai fait ; j'ai lu la Bible coinme on lirait tout autre livre : non pas cinq ou six versets, pour avoir fait « ma lecture », mais une portion étendue, un livre entier, quitte à en reprendre ensuite les détails. J'ai acheté quelques commentaires ; j'ai prié ; j'ai ouvert mon âme à l'Esprit- Il est quantité de choses que j'avais entendues dans des conférences, ou chez M. Delaborde (j'y vaismainte-
^) Chants des Unions chrétiennes, 5™^ édit., n» 508.
nant chaque dimanche avec un réel profit) et qui ont pris pour moi un relief particulier depuis que Je les ai en quelque sorte découvertes à mon tour dans le saint volume.
Les catholiques disent que si Jésus avait attribué une importance de premier ordre à la lecture des livres du Nouveau Testament, il les eût rédigés lui-même ou aurait commandé de le faire. Or, Jésus n'a rien écrit, rien fait écrire. Pas un mot dans l'Evangile ne nous impose le devoir de lire le texte même des Ecritures pour être sauvés... i)
Evidemment !
Mais ces livres existent. Ceux de l'Ancien Testament aussi. Je les possède. Quel bienfait de Dieu ! Aucune loi ne m'oblige à les lire. C'est l'Esprit d'amour qui me dit, comme autrefois au jeune Augustin : « Prends et lis ».
L'heure passée chaque matin à lire et à prier la plume à la rhain, c'est le repas de l'âme ; c'est ce pain, c'est ce poisson sur la braise, que Christ prépare, au bord du lac, dans la brume matinale, pour les pêcheurs épuisés^);
C'est ma messe quotidienne, rencontre non pas rituelle mais spirituelle avec Jésus.
Cômbieîn j'ai joui, hier et aujourd'hui, d'étudier l'Epître aux Ephésiens ! Qu'est-ce que l'Eglise ?
C'est le corps du Christ.
Non seulement le corps dont Christ serait l'âme
ï) Cf. Mgr. Marius Besson: l'Eglise et la Bible, p. 9 et 10. *) Jean XXI, 9.
mais le corps dont Christ est la tête, le Clief suprême^). Boiïc nul besoin d'un autre Chef suprême.
Et je le comprends anieux : ce n'est pas en s'attachant à la vraie Eglise qu'on s'unit au Christ. C'est au contraire en se donnant au Christ qu'on appartient à l'Eglise.
Comme c'est simple et clair.
Et le Salut !
« C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi; cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu ! Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie ; car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées d'avance afin que nous les pratiquions »2).
Oh ! que voilà bien élucidée la grosse question de la foi et des œuvres, qui a soulevé tant de controverses entre catholiques et protestants !
Sauvés par grâce, par pure grâce, sans nul mérite de notre part, sans œuvre préalable...
Mais sauvés pour les œuvres... Tout est là : consécration à Dieu, sainteté, amour, dévouement...
Y., le 6 novembre 1916.
Y a-t-il parole plus juste et plus profonde que celle de Jésus : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits ? »3)
Depuis quatre cents ans, catholiques et protestants discutent... Mais le meilleur argument pour notre cause c'est un protestant qui vit en vrai disciple de Jésus.
Que Dieu me soit en aide !
') Ephés. I, 22-23 ; IV, 1-16.
") Ephés. II, 1-10.
') Matth. VII, 16-20.
Je songe également au mariage des ecclésiastiques. I Quelle raison plus convaincante en sa faveur qu'un ménage pastoral où l'épouse est l'aide effective de son mari ?
Y., le 12 novembre 1916.
En lisant régulièrement la Bible, j'apprends à prier. Il n'est guère de pages du Saint-Livre où l'Esprit ne me fasse voir un idéal à réaliser, un péché à fuir, une œuvre à accomplir, ou encore une promesse merveilleuse de mon Père céleste; et tout naturellement la prière monte à mes lèvres- Non plus cette prière, catholique en somme, que j'ai trop longtemps pratiquée en répétant des formules. Mais la prière vivante, qui est tantôt le combat de Jacob avec l'ange, tantôt l'entretien paisible de Marie avec Jésus.
L'Esprit, ai-je dit.
Qu'est-ce que le Saint-Esprit pour le catholique ?
Le catholique connaît une doctrine très précise du Saint-Esprit :
Le Saint-Esprit, qui procède du Père et du Fils, est la troisième personne de la sainte Trinité^).
Le Saint-Esprit est l'assistant grâce auquel l'Eglise infaillible ne peut enseigner aucune erreur^).
Individuellement, le Saint-Esprit est donné à tout catholique le jour de sa confirmation par l'évêque, c'est-à-dire vers sa douzième année^).
Quant au Saint-Esprit lui-Aême, dont l'action vivante et infiniment variée éclate chez tous les vrais disciples de Jésus ;
^) Haas, Grand Catéchisme, quest. 137.
*) Haas, op. cit., quest. 166.
') Haas, op. cit., quest. 410 et suiv.
l'Esprit qui est saisi par un acte de foi personnelle, dans la prière intense ;i)
le catholicisme officiel l'ignore. Me trompé-je ? il en craint le souffle subversif.
Y., le 17 novembre 1916,
Aujourd'hui, en lisant le 8^^ chapitre de S*- Jean, je suis arrêté par le verset 36me •. « si le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres ».
Je revois, dans un paysage maritime, deux hommes qui se promènent, causant de questions religieuses. J'entends le son de leur voix... L'un d'eux fait de la
('liberté protestante un portrait qui n'en est qu'une grossière caricature : « Chez nous, on est libre d'aller au temple ou de n'y pas aller ; de croire ce qu'on y dit ou de ne pas tout croire ; de prendre la Sainte-Cène ou de ne pas la prendre. » L'autre (un catholique) s'égaie de ses propos^).
Le rouge de la honte me monte au front. Est-ce bien 1 moi qui ai tenu ce langage? Au fait, que comprenais-je alors à la liberté chrétienne dont parlait S. Paul aux Galates'), aux Romains*), et que Jésus définissait aux Juifs ?5) Je commence à l'entrevoir maintenant, cette liberté qui consiste à être affranchi du péché et des hommes ; oui, des hommes aussi, mais pour être l'esclave volontaire du Christ.
D'une façon générale, quand je songe à mes conversations avec les de S^-Lambert, comme avec l'abbé Claudin,
') Luc XI, 11-13. Actes I, 14; II, 1.
'') Voir p. 58 du présent volume.
') Gai. V, 1-13.
" Rom. VI-VIII.
Jean VIII, 30-36.
j'ai le sentiment très net que ma profonde infériorité vis-à-vis d'eux ne venait pas tant de mon ignorance des questions religieuses, quoiqu'ils les aient connues beaucoup mieux que moi. Non ! Tout simplement ils étaient des catholiques convaincus, enthousiastes et trouvant dans leur piété un bonheur réel. Tandis que moi, plus ou moins respectueux de ma religion, je n'en vivais pas.
Aujourd'hui, connaissant Christ personnellement, et aimant la Bible, comme je répondrais de manière différente, sur la base de mes expériences !
Peut-être ne gagnerais-je pas les S*-Lambert au protestantisme. Mais loin d'être entraîné par eux vers Rome, je pourrais les rapprocher de l'Evangile...
Y., le 3o novembre 1916,
Je viens de relire dans mon journal l'espèce de procèsverbal de mes conversations avec Y. de S*-Lambert. Il est un point surtout dont je raisonnais comme l'aveugle-né parle des couleurs : c'est Vacte de foi.
« Les protestants, me disait-il, parlent beaucoup de la foi, mais il leur est impossible d'être assurés en leur foi comme sont les catholiques... Si croire signifie accepter et tenir pour certain tout ce que Dieu a révélé, seul le catholique, fermement appuyé sur l'autorité infaillible de l'Eglise, peut faire un acte de foi certain, indéfectible, intégral ))^).
Plus tard, l'abbé Claudin me concédait que le protestant peut a;:river à un acte de foi grâce au fait que l'orthodoxie protestante, loin de le laisser en tête-àtête avec la Bible, établit une autorité intellectuelle et directrice qui se donne la mission de l'enseigner. Mais, ajoutait-il, cette orthodoxie, ce faisant, tombe dans une contradiction monstrueuse et qui est bien une abomination... 2)
^) Cf. p. 53 et 54 du présent volume.
*) Cf. p. 81-82.
Maintenant, je vois que les arguments de ces Messieurs, qui me semblaient écrasants, loin de pulvériser le protestantisme évangélique, ne le touchent pas même en réalité.
Deux trains viennent en sens contraire, à toute vapeur, des extrémités de la plaine. Que va-t-il se passer ?...
...Horreur I !...
Il ne se passe rien du tout : les deux trains sont sur deux voies différentes. Ils se croisent bruyamment et les voilà bien loin.
Ainsi en est-il du catholicisme et du protestantisme ; quand ils parlent de la foi, ils sont sur deux voies différentes. La foi dont parle le catéchisme romain n'est pas la même chose que la foi dont parle l'Evangile. Pour le premier, la foi est une opération de l'intelligence. Elle consiste à « accepter et tenir pour certain tout ce que Dieu a révélé »^). Telle est aussi la foi que concède l'abbé Claudin aux fidèles protestants qui acceptent « l'autorité intellectuelle et directrice de l'orthodoxie »
Pour Jésus, la foi est autre chose.
Ici encore l'Evangile illumine tout.
Quel est l'homme que Christ admira en disant : « Je vous le déclare, même en Israël, je n'ai pas trouvé une aussi grande foi » ? .
C'est le centenier de Capernaûm^).
Acceptait-il donc, et tenait-il pour certaines plus de vérités révélées que n'en acceptaient les Docteurs d'Israël ?
Assurément pas.
Au contraire, ceux-ci acceptaient et tenaient pour certaines beaucoup de vérités révélées que le centenier païen de naissance et d'éducation, ne connaissait pas encore.
Mais il sut se confier en Jésus.
') Haas, op. cit., ouest. 5 b.
*) Luc VII, 1-10.
Sans « Eglise infaillible », sans même « l'autorité intellectuelle et directrice d'une orthodoxie », le protestant qui connaît personnellement son Sauveur peut se confier en Jésus.
Et pourquoi ne se confierait-il pas en Lui ?
Et pourquoi son acte de foi ne serait-il pas certain, indéfectible et intégral, puisque Christ est puissance infinie, éternel amour, prêt à le guider en tout par sa Parole et par son Esprit ?
Oh ! que Dieu soit béni qui m'a permis de comprendre ces choses et de les réaliser en quelque mesure !
Non, ce n'est pas une autorité huniaine qui a créé en moi la foi en me persuadant un beau jour que la Bible est la Parole de Dieu.
Alors que la Bible m'ennuyait en somme,
C'est le Saint-Esprit qui m'a attiré.
C'est le Saint-Esprit qui m'a montré mon péché,
C'est le Saint-Esprit qui m'a révélé l'amour du Christ souffrant et mourant pour moi,
C'est le Saint-Esprit qui me donne confiance dans le Christ.
Et parce que j'ai confiance dans le Christ, j'aime de jour en jour davantage la Bible qui me parle de Lui et où je sais qu'il me parle.