ACTE V, TABLEAU VI
Ma mère ici?...
Je viens de l'envoyer chercher.
CHÀRINUS.
0 mon père ! je vois bien que vous m'aimez véritablement. SCÈNE II.
Les Mêmes, MARCIA, STORAX.
MARCIA
La voix de mon Charinus, de mon enfant... il est ici ! le voilà! (Martiale presse contre son cœur. Puis tendant la main à Catilina.) Catilina, merci!
CHARINUS.
Ma mère!...
Sauvés tous deux !
STORAX.
Tous trois même.
Oui, tous trois, bon Storax... Mais comme le voila blême!.., grands dieuxL..
STORAX.
Vous trouvez?
Est-ce que tu aurais eu peur, par hasard, Storax?
STORAX.
Peur de quoi?
Eh bien ! mais de cette foule de choses dont Storax peut avoir peur.
STORAX.
Oh ! mon Dieu , non, au contraire... Je n'ai de ma vie été si rassuré.
Tu n'as vu personne ?
STORAX.
Pas une ombre.
Et personne ne t'a vu?
STORAX.
Personne.
Cependant, Orestilla...
STORAX.
Elle dort probablement.
CATILIXA.
Et pourquoi penses-tu qu'elle dorme?
STORAX.
Par Castor ! elle doit être fatiguée ; toute la journée elle s'est promenée au Champ de Mars.
catilixa, allant à Marcia.
Marcia, avez-vous été contente de cet homme ?
marcia.
Oui, c'est un guide fidèle, vous le voyez; un peu taciturne.
CATILIXA.
Il avait raison de garder le silence ; la moindre parole pouvait vous trahir.
MARCIA
Vous avez eu pitié des angoisses d'une mère, Sergius; les dieux vous récompenseront. (Charinus se lève et prend la main de son père.)
CATILIXA.
Charinus vous a-t-il dit qu'il m'aimait ?
MARCIA
Oui.
catilixa, passant au milieu.
Eh bien ! les dieux sont quittes envers moi. Maintenant, écoutez, Marcia. Vous voilà réunie à votre fils, rien ne pourra plus vous en séparer tant que vous ne songerez point à le séparer de moi. Tant que nous resterons ici, et nous n'y resterons pas longtemps, vous habiterez là-bas, dans la maison des bains. C'est une retraite impénétrable, où quarante gladiateurs vous garderont. Ils sont à moi, j'ai acheté leur vie; ils se feront tuer pour défendre Charinus. .
MARCIA
Mais vous m'épouvantez avec cet appareil de précautions. Charinus court donc de bien terribles dangers?
catilixa, descendant la scène avec Marcia.
Marcia, défiez-vous de votre ombre. Que Charinus ne prenne rien que de votre main ou de la mienne... Appelez au moindre bruit... Veillez tandis qu'il dormira, et quand vous serez lasse de veiller, appelez-moi... Mais à personne, entendez-vous, pas même à Clinias, ne confiez Charinus un seul instant.
MARCIA
Oh î soyez tranquille.
CATILIXA.
Et cependant il faut tout prévoir, Marcia; il est possible qu'ici,