‹ CatilinaChapitre 20 sur 138 · LE NOIR · texte numérisé non relu

LE NOIR

Qu'en faut-il faire?

LE PÉDAGOGUE

Puisqu'il aime tant le ïibre, fais-lui prendre un bain.

Au secours!... au secours!... on me noie!... volens, faisant un mouvement.

Cependant...

GORGO

Il sait nager, sois donc tranquille.

le noir , jetant Cicada dans le Tibre. Bon bain, citoyen Romain... bon bain.

cicada, dans le Tibre.

Ohé! les sénateurs!... Ohé! les bandes de pourpre!... Ohé ! les laticlaves! les noirs! les pédagogues ! les Africains !... volens, avec mélancolie.

C'est égal! ce n'est pas de ton temps, mon vieux Cornélius Sylla, qu'un de tes vétérans eût été obligé de reculer devant un esclave.

cicada.

Ni que cet esclave eût jeté à l'eau un citoyen Romain, n'est-ce pas, père Volens?

GORGO, puis TOUS.

L'eau était-elle bonne?

Allez vous-en jouer, vous autres... Brrrou... un pou de soleil, s'il vous plaît !... Je suis comme Diogène... Un peu de soleil,,. Merci. Gorgo. (Il se met au soi-

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VOLENS

Mais patience, voilà les élections qui arrivent, on va nommer les consuls. Tel nous dédaigne aujourd'hui comme des mendiants, et prétend que nous devons travailler si nous voulons vivre... qui viendra demain nous baiser les pieds pour avoir notre voix.

GORGO

Alors nous leur dirons : Nous ne sommes pas des hommes... nous sommes des machines à élections. Voulez-vous être élus? graissez les machines.

Tu vends ta voix, toi, Gorgo ?

GORGO

Je crois bien, c'est le plus clair du revenu du citoyen romain que sa voix... N'est-ce pas, Volons?

VOLENS

Nous n'avons plus Sylla pour nous enrichir... il faut bien plumer ce qui nous tombe sous la main. Nous plumons les candidats... un tas de pies et un tas de geais... la monnaie d'un aigle.

Peuh ! Je ne suis pas fâché que Sylla soit où il est, moi...

VALENS

Comment ! malheureux !.,.

Mais laissez-moi donc finir, vieux brave. Voilà ce que je veux dire : Si Sylla vivait, il ne serait pas mort ; s'il n'était par mort, il ne serait pas enterré ; et s'il n'était pas enterré, nous n'aurions pas cette belle ombre fraîche et noire... que fait son tombeau au Champ de Mars... de la huitième à la douzième heure. C'est si bon, l'ombre... quand il y a du soleil.

VOLENS

Tais-toi, Cicada. .. et cependant tu as raison... De Sylla, de ses victoires, de ses bienfaits... il ne nous reste qu'un peu d'ombre fraîche l'après-midi.

Ainsi passe la gloire... comme aurait pu dire le pédagogue qu'on aurait pu me donner. Est-ce que je l'ai connu, moi, Sylla?

VOLENS

Quel âge as-tu?

J'aurai seize ans aux prochains consuls, dans deux jours.

VOLENS

Tu es né justement l'année où son accès le prit... et où il mourut,

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