‹ CatilinaChapitre 21 sur 138 · ACTE I, TABLEAU II · texte numérisé non relu

ACTE I, TABLEAU II

Son accès ou son abcès... Ma mère m'a toujours dit que feu Sylla...

VOLENS

Ta mère élait une Marius... et comme toutes ces coquines-là, elle dénigre notre dictateur.

GORGO

Dites donc? dites donc, père VoLensV moi aussi j'en suis des Marius. N'en dites donc pas de mal... Marius, voyez-vous, c'était un fier homme.

VOLENS

Pas de comparaison... il s'en faut au moins des deux tiers que Marius ait tué autant que Sylla.

GORGO

Eh ! eh ! il en a tué pas mal aussi, lui.

VALENS

Et les distributions, donc ! Est-ce que Marius a jamais donné comme donnait l'autre ?... Voyons, toi qui étais puur lui, fa-t-il jamais fait cadeau d'une maison de ville et de deux maisons d<; campagne ?

GORGO

Non, je l'avoue.

volens, s' asseyant Eh bien, Sylla m'a donné cela a moi.

Vous avez trois maisons, vous, père Volons?

VOLENS

Je les ai eues.

Les propriétaires de vos maisons devaient être joliment dites donc?

VOLENS

Non; quand Sylla donnait la maison, le propriétaire n'avait plus le droit de se plaindre... on lui avait coupé... la parole.

GORGO

On appelle cela la guerre civile, Cicada.

Tous les combien cela revient-il, les guerres civiles? En a-t-on chacun une dans sa vie ?

VOLENS

J'en ai eu quatre, moi, et j'espère bien, quoi que fasse le pois chiche, que j'en aurai encore une ou deux.

CICAUV.

Dis donc Gorgo, qu'est-ce que c'est que le pois chiche ?

GORGO

Eh! tu le sais bien, c'est ce méchant avocat d'Arpinum, qui dit toujours : sénateurs, la justice ; sénateurs, l'ordre.

Ah! oui, Cicéron, je l'ai entendu une fois parler trois heures de suite.

GORGO

Tu en as eu du courage, toi.

Je m'étais endormi au commencement de son discours. Je ne me suis réveillé qu'à la fin ; il avait parlé trois heures, j'ai vu cela au soleil. Eh bien ! père Volens, si le pois chiche, comme vous dites, est démoli, si j'ai la chance d'une guerre civile, savezvous ce que je demanderai, moi? Je ne suis pas ambitieux.

VOLENS

Que demanderas- tu?

Je demanderai cette maison qui est là sous les arbres. Elle me plaît, elle est postée au coin de la voie Flaminia qui mène à la campagne. Elle a vue sur le Tibre, elle donne sur le Champ do Mars, je la retiens.

vôlens, fronçant le sourcil.

Cette maison...

Eh bien ! qu'y a-t-il? est-ce que vous en voulez aussi de celte maison? mais vous les voulez donc toutes, alors?

VOLEXS.

Non, je n'en veux pas.

Bon, vous voulez déjà me dégoûter de ma propriété.

VALEXS.

Maudite pour moi, je m'entends. C'est dans cette maison que mon pauvre général a ressenti les premières atteintes du mal dont il est mort : il y a seize ans aujourd'hui.

Et que venait-il faire dans cette maison?

VOLENS

Il venait à l'enterrement du père de cette vestale qui fut condamnée par Cassius Longinus pour être devenue mère.

GORGO

Marcia? je l'ai vu enterrer vive.

VOLENS

Fh bien ! c'était la fille du tribun Mercùr

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