SCENE XIX
Les Mêmes, MARCIA. (Marcia, en entrant, va embrasser son père au front, puis elle revient sur le devant de la scène.)
SYLLA
Salut, Marcia! J'aimais ton père...
MARCIA
Et mon père vous aimait, seigneur.
SYLLA
Je le sais, il m'a laissé tous ses biens.
MARCIl'S PŒPOS.
Par Hercule, je ne m'étais donc pas trompé.
MARCIA
Ce n'est point la, seigneur, une preuve d'affection, mais de
respect.
STLLÀ.
Qu'elle soit d'affection comme je le crois, ou de respect comme tu le dis, Marcia, je ne puis accepter cette preuve.
MARCIA
Pourquoi donc, seigneur?
SYLLA
Parce que Marcius n'avait pas le droit de déshériter sa fille, même en faveur d'un ami.
MARCIA
Seigneur, vous oubliez qu'il n'y a plus d'héritage pour moi en cette vie. J'appartiens corps et âme à la déesse Vesta... un serment me lie... qui ne peut être délié que par une autre déesse, la plus puissante de toutes, par la mort.
SYLLA
Ce n'est pas ce que le pontife me disait ce matin même : Marcia, quel jour es-tu née ?
MARCIA
Le quatrième jour des ides de mars, l'an G62 de Rome.
SYLLA
Et quel jour entras-tu au collège de Vesta ?
MARCIA
Aux kalendes de janvier, l'an de Rome 673.
SYLLA
Eh bien , il y a une erreur de sept mois et deux semaines. Le collège n'avait pas le droit de te recevoir. Marcia. Tu avais plus de dix ans accomplis lorsque tu fus vouée. [L'esclave grec qui a relevé la tête au commencement de l'observation deSylla, se détacite du lit et écoute.)
niphé, vivement.
Eh quoi , seigneur ! ma chère Marcia serait libre?
SYLLA
Libre, puisqu'elle n'est pas dans les conditions de la loi.
MARCIA
Mes vœux ?
SYLLA
Ils seront annulés.
MARCIA
Mon serment ?