‹ CatilinaChapitre 20 sur 61 · ACTE II, SCÈNE III. l'à · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. l'à

Plaindre eu d'indignes mains cet étal abaisse Succombant à l'éclat de sou règne passé ; Des mœurs de nos aïeux les vertus respectées Par l'infâme licence en nos jours infectées 5 Un sénat tyrannique opprimant à son choix Un peuple gouverné par d'arbitraires lois. Ainsi sur nos malheurs la voix publique entraîne. Si c'est là vous blesser, et si c'est là la haine Que du nom de complot vous daignez honorer, Avec tous les Romains , oui , j'ai pu conspirer.

CICÉRON

C'est vous qui les plaignez, le trouble et la licence Dont nos divisions ont formé la naissance ? Auteur de tous ces maux, c|ue vous seul enfante/, N'y joignez point encor ceux que vous inventez. Ni la fausse pitié qui ne peut nous séduire. Si vous blâmez nos mœurs, cessez de les détruire. N'armez point, défenseur de son autorité, Contre un peuple indocile un sénat irrité. Vous affectez encor de plaindre la patrie , Dont la gloire sans tache à vos yeux est flétrie 5 Et son pouvoir, qui pèse à tant de souverains, N'est rien à vos regards s'il n'est pas dans vos mains. Juste ciel ! nous touchons aux bornes de la terre , Asservie à nos lois par les droits de la guerre ! Parthe, Ibère, Germain, de toutes parts défaits, Ne sont de tant d'exploits que de faibles efléts i Va l'on méprise à Rome, au fort de sa puissance, Un nom partout ailleurs terrible à qui l'oirense î

Méprisable» en effet, parmi tant d'ennemis, De n'armer de fureurs que celle de tes fils , Rome ! et lorsque pour toi tout l'univers s'empresse, Au milieu des trésors dont le fardeau t'oppresse, De les voir , à leur perte empressés de courir, En s'y précipitant vouloir nous asservir ! Dieux! du fragile effort de leur aveugle rage, De vos soins paternels vous défendrez l'ouvrage. Némésis et Vesta , vous puissant Jupiter , Dieux à Rome indulgens, déesses de l'enfer. De vos feux immortels percez la nuit obscure Où se cache à nos yeux l'intrigue et le parjure. Dans vos temples ouverts tandis qu'en votre nom Aux mortels égarés j'annonce le pardon , Donnez à mes accens un pouvoir qui les touche Dans les biens que le ciel leur promet par ma bouche ; A l'esclave des dons, la liberté pour prix 5 Au citoyen l'honneur de nous avoir servis. Le sénat, informé des pièges qu'on. nous dresse, Va d'un crime d'état juger dans sa sagesse. Vous, que j'accuse ici de corrompre nos lois. Venez , si vous l'osez , y démentir ma voix.

Croyez que dès ce jour j'aurai calmé vos craintes, Avant que du sénat vous excitiez les plaintes.

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