LE SOLDAT
T'adresser une humble prière !
Que tu écouteras, je l'espère, d'une oreille bienveillante.
Je suis très pauvre.
Après avoir usé mes forces à la défense et à la gloire de Rome,
Maintenant que je suis invalide
Et que mes armes se rouillent à la maison,
Je vis du travail de mon fils,
Qui est l'espoir et le soutien de ma vieillesse.
Hélas! voici qu'il vient d'être traîné à la prison pour dettes,
Et je suis désespéré.
Viens à mon aide, Seigneur!
(Il se met à genoux.)
Donne-moi une obole... J'ai mendié de maison en maison, Toutes les portes étaient closes...
Cela est bien digne d'eux.
Voilà l'image de la misère générale !
C'est ainsi qu'on récompense les vieux et braves soldats.
La reconnaissance est ignorée des Romains de nos jours.
Il fut un temps où, dans une juste colère,
Je voulais les punir par le fer et par le feu,
Mais de douces paroles ont touché mon cœur,
Et mon âme est tendre comme celle d'un entant.
Si je ne veux plus punir,
Je puis du moins soulager la douleur.
Tiens, vieux soldat,
Paye tes dettes avec cet or.
(Il lui jette la bourse.)
le soldat, se levant.
O généreux Seigneur !
Est-ce bien possible, dois-je te croire?
Oui, vieillard, fais libérer ton fils, l'espoir de ta vieillesse !
(Le soldat sort.)
N'est-ce pas vrai, Aurélia,
Que je fais ainsi meilleur usage de cet or,
Qu'en l'employant pour corrompre des suffrages ?
Sans doute il est beau de détruire le pouvoir des tyrans,
Mais consoler ceux qui souffrent,
Vous donne une joie qui vous récompense du bienfait.
aurelia, se jetant dans les bras de Catilina
Ton âme vibre encore à ce qui est beau et noble ; Je te reconnais maintenant, mon bien-aimé.