VIII PRÉFACE
caprices et à la cruauté d'un tyran, Ptolémée VII le Gros. Sa capitale fut bien encore dans la suite le siège d'écoles importantes, mais la littérature alexandrine avait achevé son évolution ; dès lors il ne se rencontre plus d'écrivains assez inventifs pour ajouter aux caractères qui la distinguent. La poésie de cette époque diffère profondément de celle qui l'avait précédée : non seulement elle a modifié les anciens genres, mais elle en a créé de nouveaux; elle a , dans l'art de la composition et du style , des^ procédés à elle, auxquels ses ouvrages se reconnaissent aisément. Je n'avais plus à définir les qualités et les défauts propres aux poètes alexandrins : M. Couat, dans une savante étude, où il a passé en revue les principaux d'entre eux, s'est acquitté de cette tâche avec une sûreté de mé thode et une finesse de goût que je ne pouvais espérer dépassera^). Tout récemment, M. Susemihl a publié à Leipzig une histoire générale de la littérature alexandrine^^); c'est un catalogue précieux , qui atteste chez l'auteur de vastes connaissances; il complète très heureusement l'ouvrage de M. Gouat, mais il ne le fera pas oublier. Je tiens même à déclarer qu'entre les deux, le plus ancien m'a été le plus utile; car il ne s'agissait pas pour moi de découvrir de nouveaux noms dans la foule des poètes grecs antérieurs à GatuUe, mais de retrouver dans le recueil de ses poèmes la preuve de l'influence qu'ont exercée sur lui les plus connus et les plus dignes de l'être. On s'apercevra sans
^'^ Couat (Aug.), La poésie alexandrine sous les trois premiers Ptolétnées, 1 voJ. in-8^ Paris, Hachette, 1882.
^^^ Susemihl (Franz), Gesckichte der ^ieckischen Litteratuv in derAlexaudrinet^eit, a vol. in-8\ Leipzig, Teubner, 1891-1893.