C.OItNKlLLi
Soit; je vous abandonne son théâtre. J'ai commis assez de faibles drames sur mon déclin pour me disj)enscr de consacrer de nouveaux Exa-
CAUSERIE SUR FOiNTE>'ELLE 7
7nens à la fâcheuse veine de mes proches. Vous êtes difficile, mon cher ancien rival, en matière de triomphes scéniques, étant pour cela qualifié. Je vous concède, de plus, que les Bucoliques de mon neveu ne me plaisent qu'à demi. Ses peintures de la vie pastorale, comme ses Lettres galantes, sont déparées par le détestable excès de recherche dont ses bergers pomponnés aiment à faire assaut et parade : ils se souviennent trop, peut-être, de Segrais et de d'Urfé, tous ces mièvres babillards, dignes fils de Céladon, asservis an code de la civilité juvénile et honnête. — Au surplus, Fontenelle en personne l'a reconnu (1) : le genre champêtre n'est pas pour lui le tableau, soit ingénu, soit idéal, de la vie agreste, tel que se le figuraient vos contemporains Despréaux et Fénelon, attentifs surtout aux modèles antiques: non pas! mais une fiction aimable, aussi peu réelle qu un conte de fées, et qui doit caresser, accorder ensemble deux des plus fortes passions humaines, à son sens : le désir de la félicité oisive et celui de la paisible tendresse — la paresse et lamour.
RACINE
Chansons que tout cela!... S'il eût bien lu vos tragédies, il eût cru lame des hommes plus virile et plus haut située !
(1) Discours SU)- la nature de l'efflogue p. 105 et suiv.' dans les OEuvrcs diverses de M. de Fomenellp:, t. II; Amsterdam.
CORNEILLE
Enfin, c'était là son idée! Que le décor manque, par surcroît, de chèvres et de brebis, peu lui en chaut! L'allégorie subsiste intacte; cela sutfit.