‹ CauseriesChapitre 11 sur 24 · II · texte numérisé non relu

II

A trois heures de l'après-midi, j'aperçus une immense étendue d'eau devant moi, avec une grande ville à droite bâtie en amphithéâtre et une petite à gauche.

Je présumai que la petite ville à gauche était Honfleur, la grande ville en amphithéâtre à droite le Havre, et l'immense étendue d'eau la mer.

J'étais trop loin des bords pour exciter la curiosité de la population; je ne rencontrais que des pêcheurs sur leurs barques, qui s'interrompaient au milieu de leur pêche pour me regarder passer en disant :

a — Ce sacré Mocquet, voyez donc comme il nage : c'est pis qu'un canard. »

Et, moi, je leur disais en grinçant les dents :

« — Tas de canailles, va! o

En attendant, c'était moi qui allais, et d'un fier train, je vous en réponds. Aussi, je ne tardai pas à sentir, au mouvement de la vague, que j'étais en pleine mer.

La nuit vint.

J'aurais pu appuyer à droite ou à gauche ; mais, comme rien ne m'attirait plus particulièrement à gauche qu'à droite, je continuai à nager en ligne directe.

Vers le point du jour, j'aperçus devant moi quelque chose comme une ombre. Je fis un effort pour me dres-

ser dans l'eau et voir par-dessus les vagues. J'y parvins, et il me sembla que c'était une île.

Je redoublai d'efforts, et, le jour venant de plus en plus, je m'aperçus que je ne m'étais pas trompé.

Une heure après, je mettais pied à terre.

Il était temps : je commençais à me fatiguer.

Mon premier soin, en arrivant dans l'île, fut de chercher quelqu'un à qui demander où j'étais.

Vous comprenez bien, général, que je comptais profiter de la première occasion pour revenir en France. Je me disais :

« — Ma femme va être inquiète et le général furieux, d'autant plus que, quand je leur raconterai ce qui m'est arrivé, ils ne voudront pas me croire. »

Et remarquez bien que je n'étais qu'au commencement de mes aventures.

L'île me parut déserte.

Par bonheur, j'avais si bien dîné au port aux Perches, que je n'avais pas faim du tout. Seulement, j'avais soif; mais cela ne m'inquiétait pas : j'ai toujours soif.

Je trouvai une source et je bus.

Puis je me mis en devoir de visiter l'île ; car, enfin, si j'étais destiné, comme Robinson, à vivre dans une

île, mieux valait connaître cette île plus tôt que plus tard.

L'île était plate et sans une seule colline. Je m'avançai à travers un marais dix fois large comme celui de Value. Au fur et à mesure que j'avançais, j'enfonçais davantage dans la tourbe et je sentais la terre trembler autour de moi. J'essayai d'aller à gauche, j'essayai de revenir sur mes pas, partout la terre cédait, menaçant de m'engloutir. Je me décidai donc à aller droit devant moi pour tâcher d'atteindre une grosse pierre que je voyais à cinquante pas à peu près.

J'y parvins... Ma foi, il était temps : je sentais la terre s'enfoncer sous moi, comme le jour où, du côté de Poudron, je fus obligé de mettre mon fusil entre mes jambes. Seulement, je n'avais pas de fusil, de sorte que cette dernière ressource me manquait.

Je montai sur le rocher, et je m'assis à son extrémité.

Mais à peine y fus-je installé, qu'il me sembla que mon poids, ajouté à celui du rocher, le faisait entrer petit à petit dans le marais. Je me penchai, et je n'eus bientôt plus de doute : le rocher s'enfonçait d'un pouce à peu près par minute et je pouvais calculer, à six pieds par heure, que, dans deux heures, si aucun

moyen de salut ne se présentait, je serais englouti.

Une ou deux fois j'essayai de descendre et de gagner un endroit plus solide. Mais il faut croire que la terre s'amollissait de plus en plus : la première fois, j'entrai jusqu'au genou, la seconde jusqu'à mi-cuisse, de sorte que je n'eus que le temps de me raccrocher à mon rocher et de remonter dessus.

Mais mon rocher lui-même s'enfonçait toujours.

Je compris que tout était fini pour moi; j'essayai de me rappeler une des prières que ma mère m'avait ap prises lorsque j'étais tout petit ; mais il y avait si longtemps de cela, que j'avais tout oublié.

J'étais assis ; je laissai tomber ma tête sur mes genoux, en fermant les yeux.

Mais je n'avais pas besoin de voir pour me rendre compte de la situation.

Je sentais le rocher qui continuait de s'enfoncer d'un mouvement presque insensible, lorsque, tout à coup, une grande ombre effleura mon œil, même à travers mes paupières, et il me sembla que quelque chose passait entre le soleil et moi.

Je rouvris vivement les yeux.

Ce qui passait entre le soleil et moi, c'était un aigle superbe, ayant plus de dix pieds d'envergure. Il tourna

quelque lemps autour de ma tète. Je crus qu'il avait de mauvaises intentions et je cherchais une arme quelconque pour me défendre, lorsqu'au lieu de s'abattre sur moi, il s'abattit devant mui, replik ses ailes, lissa ses plumes, et, me regardant d'un air goguenard, me dit:

« — C'est donc toi, Mocquet? »

J'avoue que je fus on ne peut plus étonné d'entendre un aigle m'adresser la parole et me nommer par mon nom; mais, depuis quelque temps, il m'arrive des choses si extraordinaires, que mes étonnements sont de courte durée.

« — Oui, monsieur, lui répondis-je poliment, c'est moi.

» — Comment te portes-tu?

» — Mais assez bien pour le moment. Et vous?

» — - Moi, comme tu vois, je me porte à merveille. »

Puis, après un moment de silence :

« — Tu me parais inquiet, me dit-il ; qu'as-tu donc?

» — Ma foi, monsieur, lui répondis-je, je ne vous dissimulerai pas que j'aimerais autant être rentré chez le général, auquel j'ai une réponse à donner de la part du comte Charpentier, que d'être ici.

» — C'est-à-dire, mon cher Mocquet, que tu cher-

ches un moyen de transport et que tu n'en trouves pas.

» — Vous y êtes, monsieur, » m'écriai-je.

Et je me mis à lui raconter comment vous m'aviez envoyé à Oigny, comment j'avais rencontré Berthelin, comment il m'avait invité à sa noce, comment je m'étais grisé, comment j'étais tombé dans l'Ourcq, comment de l'Ourcq j'avais passé dans la Marne, de la Marne dans la Seine et de la Seine dans la mer ; comment, enfin, j'avais débarqué dans l'île où j'avais l'honneur de le rencontrer, et cela, juste au moment où la position devenait assez critique pour me donner de graves inquiétudes.

« — En effet, dit l'aigle en jetant un coup d'oeil sur mon rocher, qui s'enfonçait de plus en plus, il n'est guère à croire que tu puisses te tirer d'affaire, mon pauvre Mocquet.

» — Vous croyez? lui demandai-je.

» — Ah ! me dit-il, tu es le dix-septième que je vois mourir comme cela. »

Je laissai échapper un gémissement.

« — Bon ! dit-il, ne te désespère pas trop : tu as la chance de tomber sur un des genres de mort les plus rapides et les moins douloureux, tandis qu'en continuant de vivre, tu étais exposé à un tas de maladies

plus douloureuses les unes que les autres, aux rhumatismes, à la goutte, aux névralgies, à la phthisie, à la paralysie... »

Je l'interrompis.

« — Sauf votre respect, monsieur, lui dis-je, vous qui êtes si savant, ne connaî triez-vous donc point un moyen pour moi de quitter cette île ; car, si caressante que soit la mort que vous me promettez, j'aimerais encore mieux vivre, fût-ce cent ans, en courant toutes les chances mauvaises de la vie, que de mourir dans une heure, si agréablement que ce soit.

» — Tu as donc bien peur de la mort?

» — Ce n'est pas pour moi, c'est pour ma famille ; et puis j'ai une réponse à rendre au général de la part du comte Charpentier.

» — Ts bien, je vais être bon garçon, quoiqu'il soit inconvenant de se griser comme tu l'as fait, et surtout le saint jour du dimanche. — Monte sur mon dos.

» — Comment, m'écriai-je, que je monte sur votre dos?

» — Oui, et tiens-toi bien, de peur de tomber.

» — Vous voulez plaisanter.

» — Foi d'aigle, dit l'oiseau en posant sa patte droite sur sa poitrine, je parle sérieusement. Ainsi, accepte

mon offre, ou prépare-toi à mourir étouffé dans la boue comme un crapaud ; aussi bien voilà ton piédestal qui s'enfonce, et je ne donne pas un quart d'heure sans que ce soit le tour de la statue. »

En effet, il n'y avait plus du rocher hors de la boue que la partie sur laquelle portaient mes deux pieds, et encore la tourbe liquide commençait-elle à mouiller la semelle de mes souliers.

Je regardai autour de moi et compris qu'il n'y avait pas d'autre moyen de salut que d'accepter la proposition que me faisait l'aigle; en conséquence, prenant mon parti :

« — Je vous remercie de l'offre que vous me faites, monsieur, lui dis-je, et l'accepte de grand cœur; seulement, je crains d'être un peu lourd.

» — Bon ! dit l'aigle, ne crains pas cela, je suis fort. »

Il s'approcha de moi, releva ses ailes de manière à ce que je pusse me mettre à califourchon sur son dos sans en gêner les mouvements ; je l'empoignai par le cou et il s'éleva rapidement dans l'air.

D'abord, je le serrai un peu fort, car je craignais de tomber; mais, au mouvement qu'il fit, je compris que je gênais sa respiration et j'ouvris un peu la main.

« — C'est bien, dit-il ; maintenant, cela va aller tout seul.

» — Pardon, lui dis-je le plus poliment que je pus, attendu que je me voyais à son entière discrétion, — s'il plaît à Votre Seigneurie, et sauf le respect que je dois ? son jugement supérieur, il me semble que nous ne prenons pas le chemin de la maison.

» — Tout à l'heure, tout à l'heure, dit l'aigle ; j'ai pour le moment affaire dans la lune, et nous allons d'abord y passer. »

Vous comprenez ma stupéfaction! je faillis en perdre l'équilibre et me laisser tomber.

« — Dans la lune! m'écriai-je; mais je n'ai point affaire dans la lune, moi; je n'y connais personne. Vous auriez dû me prévenir. Cela me retarde, de passer par la lune.

» — Bon ! dit l'aigle, vingt-quatre heures de plus ou de moins, qu'est-ce que c'est que cela? Si je t'avais laissé sur ton île, tu aurais été autrement en retard. Décide-toi donc; viens avec moi ou va-t'en.

» — M'en aller! lui dis-je; vous en parlez bien à votre aise. Par où voulez-vous qu<4 je m'en aille?

» — Par où tu voudras. Tu comprends, la route est libre.

d — Non pas, peste ! j'aime encore mieux aller avec vous dans la lune. J'attendrai à. la porte pendant que vous ferez vos commissions. »

Cependant, nous continuions de monter ; la terre ne m'apparaissait déjà plus que comme un brouillard et la mer comme an miroir, tandis qu'au-dessus de ma tète, je voyais la lune s'élargir au fur et à mesure que la terre diminuait.

La nuit vint, la terre se couvrit d'obscurité, tandis qu'au contraire la lune s'illuminait de la réflexion du soleil, que je voyais écorné par la terre.

L'aigle montait toujours.

Il vint un moment où la terre me cacha entièrement le soleil; alors je me trouvai dans l'obscurité la plus complète ; j'avais entièrement perdu de vue la lune.

L'aigle montait toujours.

Peu à peu la terre démasqua le soleil et le jour revint.

Le soir, je n'étais plus qu'à deux ou trois lieues de la lune ; elle m'apparaissait comme une grosse boule jaunâtre de la forme d'un fromage de Hollande ; elle avait un gros bâton fiché dans le côté comme la queue d'une poêle.

Je présumai que c'était par là que la prenait le bon Dieu quand il avait affaire à elle.

a — Mon cher Mocquet, me dit l'aigle, nous voilà arrivés ; mets-toi à cheval sur ce bâton et attends-moi. »

ïl ne s'agissait pas de discuter, vous comprenez bien ; je fis ce que désirait l'aigle et me cramponnai de mon mieux à cette espèce de manche à balai.

11 me sembla qu'il branlait dans la une ; de plus, le poids de mon corps le fît incliner ; en sorte que je me trouvai comme sur un cheval qui se cabre.

« — Le diable t'emporte, aigle maudit ! » murmurai-je en patois picard, pour qu'il ne m'entendît pas.

Mais lui éclata de rire et dit :

« — Bonsoir, Mocquet î si tu te trouves bien là, restes-y mon garçon.

» — Comment, que j'y reste?

» — Sans doute.

» — D'abord, je ne m'y trouve pas bien.

» — Tant pis ; mais ce n'est pas moi qui te porterai ailleurs.

» — C'était donc une farce? m'écriai-je. Eh bien, elle est jolie, votre farce î

» — Non, Mocquet, ce n'est point une farce, c'est une vengeance.

» — Une vengeance ? Et pourquoi vous vengez-vous de moi ? Je ne vous ai rien fait.

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» — Comment, tu ne m'as rien fait? Tu as, l'annér dernière, déniché mes petits sur la plus haute tour d : château de Vez.

» — Allons donc, j'ai déniché deux émouchets ; vous n'êtes pas un émouchet, vous,

» — Oui, fais l'innocent, va !

» — Monsieur l'aigle, je vous jure...

» — Au revoir, Mocquet!

» — Monsieur l'aigle...

» — Porte-toi bien.

» — Au nom du ciel !..

d — Bien du plaisir. »

Et, battant des ailes, il s'envola en riant.

Je ne riais pas, moi, vous comprenez bien ; le bâton s'inclinait de plus en plus : si j'avais pu accrocher un coin de la lune, je me serais au moins assis dessus, et j'eusse été plus à mon aise; mais je tenais le bâton à deux mains, je n'osais le lâcher d'une seule, de peur que les forces ne me manquassent à l'autre, et que je ne fusse précipité.

En ce moment-là, justement la porte de la lune s'ouvrit, criant sur ses gonds comme une porte qui depuis plus de trois mois n'a pas été graissée, et l'homme de la lune parut...

— Quel homme ? demandai-je de mon coin.

— Dame, répondit Mocquet, probablement celui qui la garde.

— Il y a donc un homme dans la lune?

— Oh ! cela, je puis le certifier : je l'ai vu comme je vous vois, et, de plus, il m'a parlé.

— Que t'a-t-il dit?

— Il m'a dit :

« — Que fais-tu là, fainéant?

» — Comment, fainéant? lui dis-je. Eh bien, je vous réponds qu'il y a peu d'êtres de notre espèce qui fassent une besogne pareille à celle que je fais en ce moment.

» — Et à quel propos fais-tu cette besogne-là?

» — Oh ! je n'en ai pas eu le choix, » lui dis-je.

Et je lui racontai comment vous m'aviez envoyé chez le comte Charpentier, comment j'avais trouvé Berthelin, comment il m'avait invité à sa noce, comment je m'étais grisé, comment j'étais tombé dans l'Ourcq, comment de l'Ourcq j'étais passé dans la Marne, de la Marne dans la Seine, et de la Seine dans la mer. Puis vint l'histoire de l'île, du marais, du rocher, de l'aigle ; puis je lui racontai comment ce misérable oiseau m'avait abandonné sur mon bâton comme 'in perroquet sur son perchoir, en me souhaitant bien du plaisir,

souhait qui était loin de se réaliser; enfin, je le suppliai de me tendre la main et de m'aider à monter sur la lune.

Riais lui, commençant par tirer sa tabatière de sa poche, puis l'ouvrant, y fourrant ses doigs, y puisant une prise de tabac et la reniflant, secoua la tète.

« — Comment, vous secouez la tête? m'écriai-je.

» — Oui, Mocquet, je la secoue, répondit le priseur.

» — Qu'est-ce que cela veut dire ?

» — Cela veut dire que tu ne peux pas rester ici.

» — Comment, je ne peux pas rester ici?

» — Non ; tu vois bien que tu fais pencher la lune.

» — Certainement que je le vois bien.

» — Alors, tu comprends, si la lune penche encore d'un degré ou deux, tu vas renverser mon eau, qui est là dans le creux d'un rocher. Et, comme il ne pleut ici que tous les trois mois, qu'il a plu avant-hier, je serai mort de soif avant les prochaines pluies.

» — Mais, aussi, m'écriai-je, je ne compte pas rester ici, vous comprenez bien. Je profiterai de la première occasion qui se présentera pour la terre.

» — Il n'y a jamais d'occasion pour la terre, me répondit l'homme.

» — Il n'y a jamais d'occasion?

» — Jamais...

» — Comment ferai-je alors ;

» — Tu lâcheras le bâton ; et, comme la terre e«t juste au-dessous de la lune en ce moment, dans dem ou trois heures, tu seras arrivé.

» — Mais je me briserai comme verre. — Aiior-s doncl

» — Quoi, allons donc?

» — Jamais.

» — Jamais quoi ?

» — Jamais je ne lâcherai mon Mtoni

» — Ah ! tu ne le lâcheras pasl

» — Non, je ne le lâcherai pas.

» — Eh bien, c'est ce que nous allons voir. »

L'homme de la lune, qui avait gardé sa tabatière dans sa main, la remit dans sa poche, rentra dans sa maison et en sortit cinq minutes après avec une hache.

A cette vue, je devinai son intention et je frémis de tout mon corps.

« — Eh ! mon cher monsieur, lui dis-je, j'espère bien que vous n'allez pas couper mon bâton. Mais c'est tout simplement un meurtre, un assassinat 4.h ! vieux drôle ! ah ! vieux coquin ! ah ! vieux... »

Un craquement terrible me coupa la voix : au troi-

sième coup de hache, le bâton s'était rompu et je tombais, mon bâton entre les jambes, avec une telle rapidité, que la voix me manqua.

Débarrassée de moi, la lune se remit d'aplomb, et je vis l'homme qui suivait des yeux ma chute à travers l'espace avec une satisfaction qu'il ne se donnait pas même la peine de cacher.

Au bout de dix minutes, à peu près, d'une chute furieuse, il me sembla entendre à mes oreilles un grand bruit d'ailes accompagné de formidables coing! coing ! coing !

Je passais à travers une bande d'oies sauvages.

« — Comment 1 me dit le jars qui conduisait la troupe, c'est vous Mocquet ? »

J'avoue que cela me fit plaisir de me trouver en pays de connaissance. — Seulement, comment cette oie me connaissait-elle ? C'est ce que je n'ai jamais pu savoir.

« — Ma foi, oui, répondis-je, c'est moi-même.

» — Êtes-vous en bonne santé ?

» — Pour le moment, cela ne va pas mal, répondisje ; mais j'ai peur que, d'ici à peu, il n'y ait du changement.

» — Sans être trop curieux, continua le jars, puis-je vous demander comment il se fait que je vous rencon-

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