‹ Causeries avec les enfantsChapitre 10 sur 20 · LA PETITE MARIE · texte numérisé non relu

LA PETITE MARIE

LisoKS ensemble la fable suivante de Mme Ferrier.

Qui n'aimerait la petite Marie !

Elle est si sage dans la nuit !

Elle n'appelle ni ne crie,

Et jamais ne fait aucun bruit.

S'il lui faut passer plus d'une heure

Quelquefois, sans pouvoir dormir, N'allez pas croire qu'elle pleure,

Ou seulement pousse un soupir.

Elle attend que le jour paraisse ;

Puis, tout doucement sort du lit Pour savoir ce que maman dit :

Si maman dort, elle la laisse.

Quand maman se réveille enfin :

Bonjour, maman ! — C'est toi, ma fille !

Les yeux ouverts de grand matin !

Sans dire mot ! qu'elle est gentille !

Viens m'embrasser, petit poussin.

J'ai donc raison quand je m'écrie :

Qui n'aimerait ma petite Marie !

Comptez les vers de la fable. Combien de vers comptez- vous ? — Nous en comptons dixneuf.

Comprenez-vous le sens général de la petite fable ? — Oui;, mais nous ne comprenons pas tout. Il y a des mots nouveaux. — Tant mieux ! nous allons grossir notre petit vocabulaire.

Voyons ! dites-moi ce que vous comprenez. Parlez tour à tour. Commence^ Olive.

La petite Marie est Thérome de la fable. — Continue. — C'est une bonne petite fille. On aime la petite Marie. — Oui : qui n'aimerait la petite Marie ! Tous l'aiment. Elle est aimée de tout le monde^ parce qu'elle est bonne et sage^ n'est-ce pas ? — Oui^ monsieur. — Si tu es bonne comme la petite Marie^ on t'aimera^ Olive. — Je suis sage. — Oui;, mon enfant^ tu es sage, et pour cette raison^ ton papa et ta maman, et tous les enfants, et moi, nous t'aimons.

A ton tour, Elise. Parle de la petite Marie. — Elle est si sage dans la nuit ! — Très-sage. —

N'est-elle pas sage dans le jour? — Si^ Elise: elle est sage le jour et la nuit. Elle n'appelle ni ne crie. — Je ne comprends pas appelle. — Quand tu cries : '' Maman, maman, venez ici ! " tu appelles ta maman. — La petite Marie n'appelle-t-elle pas sa maman la nuit ? — Jamais : et jamais elle ne fait du bruit. — Du hruit? — Oui.

Ecoutez, mes enfants. N'entendez-vous pas du hridt dans la rue ? Venez voir la rue, accourez, venez à la fenêtre. Voilà la rue ! voilà les hommes et les femmes dans la rue. Et voilà une voiture. Voyez : une voiture et deux beaux chevaux bruns dans la voiture. Comme ils courent! Ils ne marchent pas. Ils vont au galop. Ils courent comme le vent Je souffle sur ma main. Le vent souffle dans les arbres du parc et agite les branches des arbres. Les chevaux courent donc comme le vent. Et voyez aussi cette grosse charette conduite par quatre grands chevaux. Comme ils sont courageux, forts et dociles !

Eh bien ! mes enfants, ces hommes et ces femmes qui parlent et qui marchent dans la rue, ces chevaux de voiture qui courent, cette charette qui roule sur le pavé, ne font-ils pas de bruit ?

Le silence ne règne pas dans la rue, n'est-il

pas vrai ? — C'est vrai. — J'entends beaucoup de bruit. N'entendez- vous pas le bruit de la rue ? — Si^ monsieur^ nous entendons le bruit de la charette^ des chevaux^ des hommes et des femmes.

Eh bien ! la nuit la petite Marie est tranquille^ silencieuse ; elle ne fait aucun bruit, pas le plus petit bruit.

Parle, Alice : nous t'écoutons.

Marie pleure la nuit. — Non, amie. Ne dis pas et ne crois pas que Marie pleure la nuit. "- N'allez pas croire qu'elle pleure," dit la fable ; car elle ne pleure jamais la nuit. — Pourquoi?

— Parce qu'elle est bonne. Elle ne veut pas éveiller sa maman. - — Plaît-il, monsieur ? — Ne comprends-tu pas ? — Non.

La nuit nous dormons^ mes enfants. Julie, mets ta tête sur l'épaule de Marguerite. Ferme les yeux. Tu es comme ça quand tu dors. Dors-tu ? — Non. — Dors-tu le jour ? — Non. — Dors-tu la nuit? — Oui, je dors la nuit. — Où ?

— Dans mon hed, — Comment ! . . . Dans ton lit, n'est-ce pas? — Oui, monsieur, je dors dans mon lit, près de ma mère.

Le matin, quand on frappe sur votre porte, vous ouvrez les yeux, mes enfants, vous vous éveillez. Comprenez- vous ? — Oui : nous nous éveillons le matin.

La petite Marie ne pleure paS;, parce qu'elle ne veut pas éveiller sa mère qui dort près de son lit. Et cependant elle passe quelquefois plus d'une heure sans dormir. Pauvre petite ! elle ne peut pas dormir. Mais soyez bien sûrs qu'elle ne pleurera pas^ qu'elle ne criera^ ni n'appellera sa maman. Quelle bonne enfant ! — Oui;, nous l'aimons. — Oh ! elle est si bonne qu'elle ne pousse pas un soupir. C'est un ange d'enfant. Voilà que tu pousses un petit soupir. Elise : pourquoi soupires-tu ? — Je ne sais. — Pousse encore un soupir ;, car Julie veut entendre ton soupir. . . . Yoilà un bon gros soupir cette fois.

Nous allons finir, mes amis. Nous continuerons demain, mercredi, l'étude de la petite fable. Soyez tous bons et sages la nuit; n'appelez ni ne criez, ne faites aucun bruit, car à côté de vous dort votre tendre mère. Ne l'éveillez pas, mes enfants. Elle est si fatiguée ! tout le jour elle a travaillé pour votre père, pour vous, petits, et pour les ]3auvres. Laissez-la dormir jusqu'au jour, jusqu'au grand jour. Le soleil de sa douce lumière matinale l'éveillera. Tu seras là près de son lit, sous ses yeux, chère enfant, sage, bonne, souriante et joyeuse, et ta mère sera comme au paradis, et en te serrant sur son cœur, elle dira : '' Oh ! qui n'aimerait ma bonne petite Marie ! "

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