‹ Causeries avec les enfantsChapitre 9 sur 20 · LE PETIT TÉMÉRAIRE · texte numérisé non relu

LE PETIT TÉMÉRAIRE

Perché sur une table, un petit Téméraire S'écriait : " Ah ! que je suis grand ! *'

Patatras ! le voilà par terre.

Ah ! qu'il est petit maintenant !

Vous m'avez demandé hier, amis, ce que c'est que le matin, — Qu'est-ce, monsieur ? — C'est une partie du jour, et le jour est une partie de l'année, la trois cent soixante-cinquième partie

de rannée, ou bien la trentième partie du mois, ou bien encore la septième partie de la semaine.

Vous ouvrez de grands yeux, mes enfants. Je n'en suis point étonné. C'est parce que vous ne savez pas ce que c'est que année ^ mois^ semaine et jour.

Désirez-vous le savoir ? — Oui, monsieur. — Venez tous à la fenêtre. Voilà le ciel, le ciel immense, le beau ciel bleu. Oh ! qu'il est beau, qu'il est pur, qu'il est clair, qu'il est élevé le ciel d'Amérique ! — Oui, monsieur ; il est bleu, il est beau, il est pur. — Eegardez là-haut, dans la direction de mon doigt. Fixez vos yeux sur ce point brillant, un peu plus gros que la tête d'Arthur, regardez fixement cette splendeur du ciel. . . . Pourquoi fermez- vous les yeux ? — C'est très-brillant, monsieur. — Trop brillant pour vos yeux. — Oui, nous ne pouvons regarder fixement.

C'est le soleil, mes enfants, le roi du jour. Ne connaissez-vous pas les rois ? — Non. — Vous n'avez pas de rois en Amérique. Vous avez le président Grant. En Italie on a le roi Victor- Emmanuel, et en Angleterre la reine Victoria. — Nous avons le roi-soleil, monsieur. — Bravo ! Marguerite: voilà un grand roi pour l'Amérique.

Eh bien! le soleil est le roi du jour. Au

commencement du jour, le soleil se lève de ce côté-là, à l'orient ; à la fin du jour, il se couche là, à l'occident ; au milieu du jour il est au-dessus de nos têtes, au haut du ciel : le voilà.

Le commencement du jour, c'est le matin. Nous nous levons le matin. Le soleil aussi se lève le matin. Il se lève de grand matin. A quelle heure se lève-t-il ? . . . Je tire ma montre de ma poche. Voilà ma poche, et voilà ma montre.

Où est ta montre, Arthur? — Elle est dans ma poche. — Tire ta montre de ta poche et parle. — Je tire ma montre de ma poche. Voilà ma montre. — Regardez, chers amis, voilà deux aiguilles qui marchent sur la montre d'Arthur, sur le cadran. Les aiguilles marquent les heures. Voyez-vous ces chi&es, un, deux, trois, etc.

Eh bien ! A quelle heure se lève le soleil ? — Il se lève à six heures. — Oui, il s'est levé ce matin à six heures.

A quelle heure te lèves-tu. Olive ? — A sept heures. — Et toi, Marguerite ? — Après sept heures. — A sept heures et demie? Voilà un demi sur la planche : i. — Oui, monsieur, je me lève à sept heures et demie. — Et toi, George ? — Je me lève après sept heures, et avant sept heures et demie. — • Te lèves-tu à sept heures et

"an quart ? Voilà un quart J sur la planche. — Oui^ monsieur : je me lève à sept heures et un quart.

Le soleil est au ciel le jour, mes enfants, depuis le matin jusqu'au soir. A la fin du jour il disparaît. Nous ne voyons plus sa brillante lumière. Il fait obscur après "son départ. La nuit, la noire nuit arrive. Le silence règne sur la terre. L'activité des hommes a cessé.

Le jour a un roi, mes amis, et la nuit a une reine, une riante et douce reine, une charmante reine toute blanche, qui se promène lentement dans l'azur du firmament. C'est la lune.

Peux-tu regarder la lune fixement, Alice ? — Oui, je la fixe avec plaisir. — Et le soleil ? — Je ne puis pas le regarder fixement. — Pourquoi ? — Il est trop brillant. — Il est beaucoup plus brillant que la lune, n'est-ce pas ? — Oui, monsieur, mais la lune est plus belle et plus douce.

Le jour est la septième partie de la semaine. Le premier jour de la semaine est lundi ; le dernier est dimanche. Tu viens à l'école le lundi, n'est-ce pas, George ? — Oui. — Nous étudions le français à l'école les lundis, les mardis, les mercredis, les jeudis et les vendredis. Le samedi est un jour de congé. C'est le sixième jour de la semaine. Le dimanche est le septième. C'est le jour du repos et de la prière. Le dimanche est consacré à Dieu.

Combien de jours y a-t-il dans un mois^ Alice ? Ne comprends-tu pas ? — Non. — H y a douze mois dans Tannée. Les voici : janvier^ février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre.

Eh bien ! combien de jours y a-t-il dans un mois? — Il y a trente jours dans un mois. — Oui : avril, juin, septembre et novembre ont chacun trente jours. Mais janvier est plus long : il a un jour de plus ; il a trente-et-un jours. Nommez les mois de trente-et-un jours. — Janvier, mars, mai, juillet, août, octobre, décembre. — Combien de jours a février ? — C'est le petit mois. Il a vingt-huit jours. — Il a vingtneuf jours, tous les quatre ans, mes enfants. Cette quatrième année est l'année bissextile.

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