‹ Causeries avec les enfantsChapitre 12 sur 20 · PIGEON YOLE · texte numérisé non relu

PIGEON YOLE

VouLEZ-YOUS jouer aujourd'hui ? — Oui, Ouî^ jouons. — Jouerez-Yous sagement comme les bons enfants du parc ? — Nous serons sages. — Ne causerez-YOus aucune tristesse^ ne ferez- vous aucune peine à l'Ange gardien ? — Non^ monsieur^ nous ferons rire l'Ange gardien.

En jouant, mes enfants^ il faut parler français. Parlerez-vous français ? — Oui, nous le promettons.

Nous jouerons ^^ Pigeon vole." — Nous comprenons. Le pigeon est un oiseau : il vole. — Où vole-t-il? — En l'air. — Perche-t-il sur les arbres comme le moineau ? — Non. — Où se

repose-t-îl quand il est fatigué de voler ? — Dans sa maison. — Oui : dans le colombier. Et il se repose aussi sur nos maisons^ sur les toits, au sommet de nos maisons. Il se promène sur les toits. Ses deux enfants courent après lui sur les toits. — Pourquoi ? — Parce qu'ils ont faim ; ils demandent la nourriture à leur père.

Pour jouer " Pigeon vole/' il vous faut connaître les oiseaux et les autres animaux.

J'ai ici beaucoup de tableaux couverts d'animaux. ... Je montre un cheval, un âne, un boeuf, un chameau, une vache, un veau. Voilà une brebis, un agneau et une chèvre. Voyezvous ses cornes ? — Oui, la chèvre a deux cornes.

Voilà un chien, un chat et un renard. Le renard est un rusé compère : il a mille ruses dans son sac. — Le chat est rusé aussi. — Certes, très-rusé. Aimez-vous le chien? — Oui, il est fidèle et intelligent. — C'est le compagnon de l'homme. Je préfère le chien et le cheval à tous les autres animaux domestiques.

Voilà le lion, le tigre, le léopard et l'ours. Voilà un loup, une méchante bête qui mange les pauvres petits agneaux et met le désespoir dans le coeur de la brebis^ — C'est une bête cruelle, monsieur.

Kegardez tous ces jolis oiseaux : le canari, le

rossignol, l'alouette. C'est l'oiseau du ciel, mes amis. Elle monte dans l'air, bien haut, bien haut, et chante dans le ciel, au-dessus des champs verts.

Voilà l'oiseau-mouche, le plus petit de tous les oiseaux. Il ressemble au papillon que voilà. Il vole sur les fleurs, sur les roses, sur les lis, comme le léger et volage papillon.

Voilà l'oiseau-moqueur. C'est l'artiste de la Floride. . . . Regardez cet aigle fier et superbe, et cet oiseau de proie, ennemi des pigeons et des petits oiseaux : c'est l'épervier.

Oh ! quelle vilaine bête ! c'est une chauvesouris. Elle aime les ténèbres de la nuit. Elle a horreur de la lumière du jour, comme le hibou. — Le hibou a de grands yeux, monsieur. — Oui, et cependant il ne voit que dans la nuit. C'est la nuit qu'il chasse, qu'il entre dans les colombiers. — Papa dit que le hibou est philosophe. — C'est vrai : le hibou et le boeuf sont deux grands philosophes. Ils méditent beaucoup. Quand le boeuf est immobile dans la prairie, la tête droite, son grand œil fixé sur le tronc d'un arbre, à quoi pense-t-il ? — Nous ne savons pas à quoi il pense. — Et savez-vous à quoi pense le hibou tout le jour, au fond de son trou ? — Non.

Voilà une fourmi, George. Elle est indus-

trieuse^ n'est-ce pas ? — Ouï, elle travaille tout le jour avec ses soeurs. — Où ? — Sur la terre^ dans la prairie. — Elle travaille sur la terre et dans la terre^ dans sa fourmilière. On la rencontre partout^ au jardin^ aux champs^ dans la prairie^ active et vigilante toujours.

Maintenant nous pouvons jouer '' Pigeon vole."

Viens ici^ Julie. Je mets mon doigt sur mon genou. Mets ton doigt à côté du mien. Mets le bout de ton doigt sur mon genou. Ecoute et regarde.

'' Pigeon vole ! " vois-tu ? je dis " Pigeon vole/' et je lève mon doigt. — Oui^ monsieur : tu dis " Pigeon vole/' et tu lèves ton doigt. — Lèves-tu ton doigt ? — Je ne lève pas mon doigt. Il est sur ton genou. — Il faut lever ton doigt quand je dis "Pigeon vole." N'est-il pas vrai que le pigeon vole ? — Si. — - Le pigeon n'est-il pas un oiseau ? — Si.

Eecommençons. Vite le petit doigt sur mon genou près du mien. — Voilà, monsieur. — Sois attentive. Je parle et je lève mon doigt.

Chat vole ! . . . Pourquoi lèves-tu ton doigt ? — Parce que tu lèves ton doigt. — Le chat volet-il ? — Non, bien sur ! — Par conséquent il ne faut pas lever ton doigt. — Pourquoi lèves-tu ton doigt, monsieur ? — C'est une ruse, amie.

c'est pour te faire aussi lever ton doigt. Si tu lèves ton doigt quand je dis : " Chat vole/' tu payeras un gage.

Viens ici, George. Jouons. — Voilà mon doigt, monsieur, sur ton genou. — Je commence.

Pigeon vole ! — Je lève mon doigt. — Corbeau vole ! — Je lève mon doigt. — Papillon vole ! Chauve-souris vole ! Mouton vole ! . . . Ah! te voilà attrapé, George. Tu as levé le doigt. — Oui, monsieur, mon doigt a suivi le vôtre. Je sais bien que le mouton ne vole pas. — Paye un gage. — Voilà mon livre.

Viens, Alice, approche. Jouons ensemble.

Sois prudente. Canari vole ! — Je lève mon doigt. — Eossignol vole! — Je lève mon doigt. — Oiseau-mouche vole ! — Je lève mon doigt. — Pinson vole ! — Je lève mon doigt. — Chameau vole ! — Je lève mon doigt.

Oh ! petite, tu lèves le doigt. Un chameau qui vole dans l'air ! Ce serait un gros oiseau, n'est-ce pas ? — Je suis attrapée, monsieur. — Donne ton gage. — Je donne ma bague.

Adieu, mes petits amis.

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