LE COQ ET LA PERLE
YoiLA im coq^, une poule et des poussins. La poule est la mère des poussins.
Connaissez-vous la perle ? — Oui. — Ecoutez une fable d'Esope^ une fable très-courte et trèsfacile à comprendre.
'' Un Coq trouve une perle en grattant la terre. Il la rejette et dit: je n'estime pas cette perle. Je préfère un grain d'orge."
Comprenez- vous cette petite fable ? — Nous comprenons tout, excepté un grain d'orge.
Eegardez ce tableau. Voilà des épis : un épi de froment, un épi de seigle, un épi d'orge, un gros épi d'orge. D'ans l'épi d'orge il y a beaucoup de grains d'orge. — Nous comprenons.
Examinons un moment cette fable du Coq et de la Perle. Je vous interroge.
C'est la première fable que nous étudions, n'est-ce pas ? — Que signifie première^ monsieur ? — Ce mot n'est-il pas encore dans votre vocabulaire ? — Non : notre vocabulaire français est petit. — C'est vrai. Mais prenez patience. Nous avançons petit à petit, pas à pas, un pas à la fois. — Qu'est-ce que pas^ monsieur ? — Regardez : voilà un pas, deux pas. Levez- vous, Benjamin et Arthur. — Nous nous levons. — C'est bien. Vous êtes debout. Venez ici près de moi. . . . C'est ça. Je vous place à côté l'un de l'autre. Regardez le mur que voilà. Marchez vers le mur ensemble et au pas. Levez d'abord le pied gauche. Marchez ensemble, comme les soldats. En avant ! gauche, droite ! gauche, droite ! halte ! . . . C'est très-bien. Vous avez marché au pas. Comprenez-vous pas ? — Oui. — Nous avançons donc dans la langue française pas à pas.
Mais vous ne comprenez pas première. Regardez ma main. Le pouce est le premier doigt, l'index est le deuxième, le doigt du milieu est le
troisième^ le doigt annulaîre est le quatrième, le petit doigt est le cinquième. — Nous comprenons première.
Eh bien! nous examinons notre première fable.
Que préfères-tU; George, une perle ou un grain d'orge ? — Je préfère une perle. — Bien entendu : une perle a plus de prix qu'un grain d'orge.
Est-ce que le Coq préfère aussi la perle au grain d'orge ? — Non : il est bête. — C'est un coq. Il ne peut pas manger une perle, n'est-il pas vrai ? — C'est vrai. — Peut-il manger un grain d'orge ? — Oui. — Le grain d'orge est une excellente nourriture pour le Coq. — Oui, excellente. — Le Coq n'a-t-il pas raison de préférer le grain d'orge à la perle? — Il a raison. Ne préférez- vous pas la perle, monsieur ? — Si : j'apprécie comme toi, cher ami, la valeur de la perle.
Mes enfants, apportez demain en classe votre livre, votre petit livre des Causeries. Nous commencerons à lire. Nous lirons une belle fable.
l'ane et l'enfant.
Ayez-yous yos livres ici ? — Ouï : les voilà. — Ouvrez-les à la page 47. Vous avez sous vos yeux un enfant et un âne.
Lisons l'histoire de l'Ane et l'Enfant. C'est une petite fable écrite par Mme Ferrier. Je lis le premier la petite fable. Ecoutez bien et soyez très-attentifs à ma prononciation.
Partant pour l'école un matin,
Un jeune Enfant emportait à la main
Du pain.
H rencontra sur une place Un pauvre âne avec sa besace,
L'air mélancolique, piteux,
Et le lui donna tout joyeux.
Alors, en relevant la tête :
Hi'han ! hi-han ! cria la pauvre bête.
Oh ! dit TEnfant, tout ébahi.
Que maman l'aimerait ! comme il dit bien merci !
Lisons ensemble. Lisez avec moi^ et imitez ma prononciation. Lisez bien haut. Elevez la voix. . . .
C'est bien : je suis content de votre lecture. Pour demain vous apprendrez par cœur la fable. . . . Ne comprenez- vous pas ? — Non.
— Eh bien ! demain, quand vous serez ici, vous fermerez tous le livre, et vous réciterez la fable. Comprenez- vous ? — Oui, oui. — Vous réciterez par cœur.
Voilà le cœur. Je mets la main sur mon cœur. Le cœur bat sous ma main. Mets ta main sur ton cœur, George. . . . Ton cœur bat-il ? — Oui, monsieur ; mon cœur bat sous ma main. — Le cœur est-il à droite ou à gauche ?
— Il est à gauche. Je mets ma main ici, à gauche : voyez- vous, monsieur ? — Oui, ami, tu connais la place de ton cœur. C'est une bonne place, n'est-ce pas ? — Oui. — N'as-tu pas dans ton cœur ta mère et ton père ? — Si : j'ai aussi dans mon cœur les petits garçons et les petites filles, et toi, monsieur. — Merci, George.
Vous apprendrez donc par cœur, chers amîs, pour demain L'Âne et l'Enfant. — Oui, nous aimons la récitation par cœur.
Ce n'est pas tout. Après la récitation de la fable vous irez à la planche noire. — Pourquoi? — Pour écrire. — Quoi ? — La fable. — Avec le livre ? — Non : vous mettrez vos livres sur la table et vous écrirez sans le livre. — Oh ! c'est impossible. — Non. Eegardez bien dans le livre tous les mots, l'orthographe de chaque mot et de chaque syllabe, et vous écrirez sur la planche très-bien. — Nous ne comprenons pas mot.
Eegardez la planche noire. J'écris un mot sur la planche : parfaitement. C'est un long mot : il a quatre syllabes par-fai-te-ment. — Nous comprenons : nous regarderons dans le livre les mots et les syllabes. — A la bonne heure.
Monsieur, nous ne comprenons pas la fable. — Vous la comprenez en partie, n'est-ce pas? — Oui, nous connaissons les mots : Vècole^ un jeune enfant^ la main^ sur une place^ un pauvre àne^ Vair mèlancoliquey et le lui donna tout joyeux^ la tete^ cria la pauvre hète^ oh! dit V Enfant. Nous devinons aussi: que maman V aimerait! comme il dit bien merci!
Vous devinez ! Ecoutez. La maman de TEn-
f ant est-elle présente quand l'Âne crie ? — Non.
— Si. . . . C'est une supposition. ... Si la maman était présente, elle aimerait l'Âne^ n'estce pas ? — Oui. — Elle l'aimerait beaucoup. '^ Que maman Taimerait !" dit l'Enfant. Eemarquez le ton de ma voix. ^^ Comme il dit bien merci !" La maman de TEnfant aimerait l'Âne^ si elle était présente. Pourquoi, Olive ?
— Parce qu'il dit bien J/em. — L'Âne est-il poli ? — Oui, très-poli. — Comment le savezvous ? — Parce qu'il dit Merci.
Imitez l'Âne de la fable, mes amis, soyez toujours polis. Dites Merci^ quand on vous donne quelque chose, quand on vous rend un service, quand on fait quelque chose pour vous.
George, voilà le mouchoir de Marguerite sur le plancher, près de son pied. Eamasse-le et présente-le à la petite fille. — Je me lève. Je marche vers le mouchoir de Marguerite. Je ramasse le joli mouchoir blanc, je fais une révérence à mademoiselle Marguerite, et je présente le mouchoir. — Je prends le mouchoir : merci, monsieur George. — Bravo ! mes enfants. Vous parlez admirablement, et vous êtes polis au superlatif, très-polis, encore plus polis que l'Âne. — Oui, monsieur, car l'Âne ne fait pas la révérence.— Tu as raison, George, et il ne dit pas mademoiselle. Si l'Âne était présent ici, il re-
cevraît une leçon de politesse, n'est-ce pas ? — Oui, monsieur, une leçon de politesse au superlatif.
La leçon est finie.