‹ Causeries avec les enfantsChapitre 8 sur 20 · LA EECITATIOIT PAR CŒUR. — ACCENTS ET PON^C- TUATION · texte numérisé non relu

LA EECITATIOIT PAR CŒUR. — ACCENTS ET PON^C- TUATION

Vous voilà touS; mes enfants, avec vos livres. Oh ! n'ouvrez pas vos livres. La fable de l'Âne et l'Enfant est dans vos livrés, n'est-ce pas ? — Oui, monsieur, à la page 47. — Vous savez la page par cœur ? — Oui. — La fable n'est-elle pas dans votre mémoire ? — Si. — Savez- vous la fable par cœur ? — Nous savons la fable par cœur parfaitement. — Connaissez-vous l'orthographe des mots ? — Nous l'espérons. Nous avons regardé les mots et les syllabes attentivement. — Vous êtes de sages enfants.

Levez-vous tous et mettez vos livres sur la table. Où sont vos livres ? — Sur la table. —

OÙ est la fable ? — Dans nos livres et dans notre mémoire. — Dans votre mémoire: voilà une bonne place pour la fable.

Eh bien ! récitez tour à tour la fable. Commence, Elise. . . . C'est bien, chère enfant. A ton tour, Alice. ... A toi, Olive. Eécite et prononce bien. . . . Plus haut, petite.

Allez tous à la planche noire. Prenez un bâton de craie. Ecrivez la fable par cœur.

Vous avez fini. Eeprenez vos livres qui sont sur la table. . . • C'est bien. Retournez aux planches noires. Prenez chacun la planche de votre voisin. Regardez chaque mot dans le livre, et chaque mot sur la planche, et marquez les fautes. Tirez une petite ligne sous les mots mal orthographiés. Voilà un mot mal orthographié sur la planche de George : piteu. Piteux veut un X. Je tire une petite ligne sous le mot piteiiy je souligne ce mot.

Soulignez donc les mots mal orthographiés, et soyez attentifs à la ponctuation. Soulignez aussi les fautes de ponctuation.

Avez- vous fini ? — Oui, monsieur. — Comptez les mots soulignés, et marquez sur la planche le chiffre des fautes d'orthographe.

Quel est le total de tes fautes, George ? — J'ai fait trois fautes. — Oui, tu as écvitpiteu sans x ; joyeiis avec un s au lieu d'un x ; dona avec un

n. Il y a deux n dans ton livre^ n'est-ce pas ? — Ouï, monsieur.

Qui a corrigé la planche de George ? — Moi, monsieur. — Tu n'as pas marqué toutes les fautes, Marguerite. Eegarde dans ton livre au huitième vers. Notre fable a onze vers. Tète est à la fin du vers huitième. Ce mot est-il bien écrit sur la planche de George ? — Non. — Non, amie : George a écrit la seconde lettre, 6, sans accent. Il faut un accent circonflexe sur è dans le mot tète. Il a aussi écrit ébahi sans accent : il faut un accent aigu sur é.

Combien d'acents y a-t-il en français ? — Deux, monsieur ; l'accent aigu et l'accent circonflexe. — Il y a un troisième accent, mes petits amis, l'accent grave. Le voilà, sur e dans le mot après.

Je vois encore deux fautes sur la planche de George. — Oh ! monsieur, j'ai beaucoup de fautes. — Oui, ami. Sois plus attentif à l'avenir. Tu as écrit lair sans apostrophe : il faut écrire, Vair. Puis au huitième vers tu as fait une faute de ponctuation. Il faut une virgule après alors. La ponctuation est importante.

Examinons la ponctuation. Vous connaissez la virgule. Quelle ponctuation y a-t-il au troisième vers? . . . C'est un point- virgule. Après tète il y a deux points. Voilà le point après

joyeux. Et voilà le point exclamatif à la fin de la fable après Merci !

Eegardez : j'écris sur la planche une question. Ètes'vous fatigues ? Voilà le point înterrogatif, après le mot fatigues ?

Vous ne répondez pas, mes enfants. . . . Voyez- vous les points après le mot enfants ? . . . — Oui. — Ce sont les points suspensifs.

Regardez Hi-han! Remarquez cette petite ligne entre Hi et han : c'est un trait d'union.

Combien de fautes as-tu f aites, George ? — J'ai fait sept fautes : trois fautes d'orthographe, pne faute de ponctuation, une faute d'apostrophe, et deux fautes d'accents.

Je trouve une huitième faute, cher ami. Au troisième vers tu as écrit un petit cZ. Il faut commencer les vers par une lettre majuscule, D. Ton d est une lettre minuscule.

Nous avons fini. Adieu, mes enfants. Nous examinerons demain la fable.

l'aNE ET l'eîTFAKT. (sUITE.)

Vous comprenez une grande partie de notre fable. Vous m'avez nommé beaucoup de mots que vous connaissez. Vous avez compris que TÂne est poli, n'est-il pas vrai ? — Nous avons compris : il a dit merci. — N'avez-vous pas compris que la maman de l'Enfant aimerait l'Âne ?

— Si, et nous l'aimons aussi, parce qu'il est poli.

La pauvre bête cria, n'est-ce pas ? — Oui, l'Âne cria Hi-han. — Il cria Hi-Jian deux fois.

— Que signifie Hi-haTl^ monsieur ? — Hi-han signifie merci dans la langue de l'Âne. Nous

disons merci en français. La pauvre bête ne parle ni français^ ni anglais ; elle parle la langue d'Âne. Elle dit Hi-han.

Nous ne comprenons pas V Enfant tout ebcihi,

— Tu prononces mal^ Olive. Le h est muet dans ce mot. Prononce comme moi : é-ha-i.

Quand l'Âne dit merci dans sa langue : Hihan ! hi-han ! l'Enfant fut étonné, surpris, trèsétonné. L'Enfant regarda l'Âne avec étonnement et ouvrit la bouche : voilà un enfant êhahi^ un enfant très-étonné, qui regarde en ouvrant la bouche.

Eh bien ! l'Âne cria Hi-han deux fois et l'Enfant fut ébahi.

Le jeune Enfant rencontre le pauvre Âne sur une place, n'est-ce pas, Julie ? — Oui, monsieur. Mais que signifie rencontre? — Lève-toi, amie.

— Je me lève. — Je me lève aussi. Marche vers moi, je marcherai vers toi ! . . . Nous marchons. Nous nous rencontrons au milieu de la chambre. Comprends-tu ? — Oui, très-bien.

Vous voyez comme l'Enfant rencontre l'Âne sur une place. — Oui.

L'Âne avait sa besace sur le dos. VoUà le dos de r^-ne. — Où est sa besace ? — La voilà. C'est un sac, ime espèce de sac, ouvert au milieu. Ce sac, cette besace repose sur le ventre de l'Âne, une moitié à droite, une moitié à

gauche. Je gesticule et je montre : comprenezvous ? — Oui.

Pauvre Âne, il n'était pas content, il n'était pas heureux. Il n'avait pas de joie dans son cœur. Il marchait, l'air mélancolique et piteux. Oh ! pauvre bête ! J'ai pitié de lui. N'as-tu pas pitié de l'Âne, George. — J'ai pitié de la bête mélancolique, monsieur.

L'Enfant eut aussi pitié de l'Âne. L'Enfant avait bon coeur. Il donna du pain à la pauvre bête. — Nous ne comprenons pas.

Vous ne savez pas ce que l'Enfant donna à l'Âne. Le pain est excellent à manger. Eegardez ici ces épis de froment et de seigle. Avec le froment on fait le pain blanc ; avec le seigle on fait le pain noir. — Nous comprenons.

L'Enfant donna du pain à l'Âne. N'était-il pas joyeux, le bon Enfant? — Si, il était tout joyeux. — Oui, il avait la joie dans son cœur, la joie de donner son pain à la bête mélancolique.

Que fit l'Âne, Olive ? Ne releva-t-il pas la tête et ne cria-t-il pas Hi-han f — Si. — Oui : quand l'Âne rencontra l'Enfant sur la place, il avait l'air mélancolique et piteux, et sa tête était baissée. Baisse la tête, George. — Je baisse la tête. — ^Kelève la tête, ami. Eh bien! l'Âne releva la tête parce que la joie entra dans

son coeur. Il prît le pain et dit " Merci " à l'Enfant : Hi-han ! Hi-han !

Au revoir, petits amis ; vous avez compris la fable, n'est-ce pas ? — Oui, oui, monsieur. Nous comprenons parfaitement tous les mots, excepté un matin. — Demain nous parlerons du matin et du soir, de la nuit et du jour.

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