‹ Causeries d'ÉgypteChapitre 10 sur 40 · INSCRIPTION TRILINGUE DE G. CORNELIUS GALLUS · texte numérisé non relu

INSCRIPTION TRILINGUE DE G. CORNELIUS GALLUS

volume de ses eaux, sur le bruit assourdissant qui s'échappait d'elles, sur la hardiesse avec laquelle les riverains se laissaient entraîner par elle et la descendaient : au-delà, c'étaient ces déserts de l'Afrique, d'où quelque monstre nouveau sortait toujours, des régions hantées par des sphinx et des onocentaures, parcourues par des tribus d'Oreillards ou de Sciapodes. Les Français de Desaix ne croyaient plus à aucun de ces beaux contes ; mais il faut voir, dans le Voyage de Denon ou dans les volumes de la Description, à quel point ils étaient nourris des souvenirs de l'antiquité classique, et quelle émotion ils éprouvaient à faire flotter leurs drapeaux sur les rochers où les légions avaient jadis planté leurs aigles. Romains et Français, ils avaient mené à bien, en quelques semaines, une entreprise qui semblait presque impossible à terminer : on conçoit qu'ils aient tenu à n'en point laisser perdre la mémoire. Cornélius Gallus la raconta en trois langues, pour que nul ne l'ignorât de ceux qui viendraient après lui. La stèle devait se dresser en bonne lumière et le texte en était surmonté d'un tableau qui attirait l'attention tout d'abord; on y admirait un cavalier qui foulait des barbares renversés sous les sabots de sa monture. On aimerait à savoir l'endroit précis où les morceaux ont été retrouvés ; les circonstances de la découverte nous permettraient peut-être de deviner si la stèle fut épargnée et si elle survécut à celui qui l'avait érigée, ou si Auguste la fit renverser par le préfet nouveau, afin que le souvenir de la victoire s'eiïaçàt aux lieux mêmes où le vainqueur avait voulu le perpétuer.

ivril is'tti.

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