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Roi de Navarre, né le 20 août 1560. Matteeoulon fait partie de la commune de Montpeyroux, d’où vient qu’aujourd’hùi on dit plus ordinairement le château de Montpeyroux que le château de Matteeoulon. Arnaud était aussi seigneur de la Gasquerie et de Theaujan.
Michel avait eu deux frères aînés, morts avant le père.
Sa femme, Françoise de La Chassaigne, était fille d’un membre du parlement de Bordeaux, Joseph de La Chassaigne, et sœur de Geoffroy de La Chassaigne , sieur de Pressac , auteur de quelques ouvrages oubliés. Il en eut une fille nommée Léonor, née en 1572, et qui fut mariée en premières noces à M. de la Tour d’Evier, en Saintonge, et en secondes au vicomte de Gamaches.
Sa sœur Jeanne eut une fdle , née en 1556 , qui épousa, à l’âge de dix-sept ans, Gaston, marquis de Montferrand, dont elle eut sept enfants. Cette fille, après la mort de son mari, entra dans le couvent des Feuillantines de Toulouse, où elle prit l’habit, en 1603. Mais la faiblesse de sa santé ne lui ayant pas permis d’y faire profession, elle revint à Bordeaux, où elle fonda, pour les femmes, le monastère des religieuses de Notre-Dame, sur le plan de la compagnie de Jésus pour les hommes, et mourut en odeur de béatitude, le 2 février 1640. Les religieuses de Notre-Dame demeurèrent d’abord près du château Trompette, et furent transférées, peu de temps après, dans la rue du lia. (Voir Le Clergé de France, par l’abbé Hugues du Temps ; 1774, t. II, p. 230.)
Une archiduchesse d’Autriche, Marianne , fille de Léopold 1er, avait imaginé, sous le pape Pie VI, de fonder une communauté de Mères de la Foi. C’étaient des Jésuitesses. (Voir Du Pape et des Jésuites , p. 73-74. Paris, 1814.)
LES GUERRES DE RELIGION
Il reçoit chez lui le Roi de Navarre.
Son penchant pour le Roi qui fut Henry IV.
eu, pendant ses quatre années de mairie, de fréquentes relations d’affaires avec le Roi de Navarre. Une ou deux fois il avait eu l’honneur, brillant et coûteux, de le recevoir en son château de Montaigne (1) ; et, dans le tête-à-tête avec une si souple et fine nature, il n’avait pu manquer de subir la séduction de l’âme expansive et généreuse, du pétulant et délicat esprit gascon qui ont fait du prince un Roi deux fois français. Celui-ci était loin d’annoncer encore de premier jet tout ce qu’il devait être un jour; mais pour qui savait observer, on discernait bien vite, à travers les bouillons de la jeunesse, le fils et l’élève de cette noble Jeanne d’ Albret, qui, suivant d’Aubigné, n’avait de femme que le sexe, avait l ame entière aux choses viriles , l’esprit puissant aux grandes affaires, le cœur invincible aux adversités. Michel de Montaigne était de ceux qui savent deviner l’aigle dans l’aiglon. Aussi, est-ce incontestablement à lui qu’il faisait allusion quand il disait :
« l’cn scay un qui aimeroit bien mieuls estre battu que de dormir pendant qu’on se battroit pour iuy, et qui ne veit iamais sans ialousie ses gents mesmes faire quelque chose de grand en son absence. »
Voilà pourquoi tous ses instincts le portaient vers celui qui devint notre Henry IV; voilà pourquoi il ne voulut jamais s’engager dans le mensonge de la Ligue : — toujours modéré cependant, toujours
(1) On est certain pour une fois : Montaigne porte la date, en ses Éphémérides , au 19 décembre 1584. La suite du Roi était si nombreuse qu’il en fallut loger une grande partie dans les environs. Ce sont là jeux de princes.
LES GUEULES DE RELIGION
calme au sein de Forage, toujours lui-même, voyant la cour de France sans qu’il en coûtât rien à son indépendance, cultivant celle de Nérac sans faire en rien fléchir ses convictions.
. Nec sunt rnilii nota potentiun
Mimera (1).
« Les princes me donnent prou, s’ils ne m’offrent rien, et me font assez de bien, quand ils ne me font point de mal; c’est tout ce que i’en demande. » Rôle nettement indépendant, mais difficile à un homme de paix et de retraite, pour qui « les occupations publiques n’estoient, comme il dit, aulcuncment de son gibier » ; à un membre de ce Parlement bordelais auquel les agitations politiques et religieuses avaient soufflé un esprit de violence, d’indiscipline et d’intolérance, si fort antipathique à tous les instincts de droiture de Michel de Montaigne.
Il était évident au premier coup d’œil qu’en toutes ces luttes la religion n’était qu’un prétexte ; et que la vraie cause des agitations était dans 1 antagonisme à outrance des maisons de Bourbon et de Lorraine se disputant depuis longtemps l’influence , pour s’arracher le suprême pouvoir.
Les premiers dans l’ordre de succession au trône après les Valois, mais détachés depuis plus de trois cents ans de la tige royale, les Bourbons, issus de saint Louis par son dernier fils Robert, comte de Clermont, avaient adopté les idées nouvelles; tandis que les Guise , qui se prétendaient sortis de la souche de Charlemagne et déclaraient que la ligne
Quelles sont les
vraies causes et les
inspirations de la Ligue.
Les Bourbons.
Les Guise.
(1) Virg., Æneid., XII, 519.
LES GUERRES DE RELIGION
des Valois une fois éteinte, c’était à eux, issus de la seconde race , qu’il appartenait de faire cesser l’ usurpation de celle des Gapets, affichaient le Catholicisme pur, moins par conviction assurément que par ambition. Ces grands hommes funestes, fauteurs acharnés de la guerre civile, d’abord en grand crédit auprès de Charles IX, mais peu goûtés en France, avaient travaillé à détruire F union et la bonne intelligence du duc d’Alençon, depuis duc d’Anjou, avec le prince de Béarn, le prince de Coudé et les Huguenots. Dans ce but, le Balafré donne à ses deux cousins le duc d’Aumale et le marquis d’Elbeuf une mission d’intrigue. Appuyé sur la maison d’Espagne, en rapports secrets avec don Juan de Varias Mejia, ambassadeur de Philippe II à Paris, il conspire contre son maître et rêve d’arracher à son profit quelques lambeaux de cette couronne de France qu’il convoite entière. « Descubririan occasion que los hiziesse resolver de emprender, cada uno, su pcdaco desta eorona, y salir con el (1). » Vaines fumées de l’ambition, et, comme dit Montaigne : « Les prétendants à la couronne trouvent tous les échelons, jusqu’au marchepied du trône, et petits et aisés; mais le dernier ne se peult franchir pour sa hauteur (2). »
(1) Voir une dépêche espagnole de don Juan de Vargas à Philippe II, sous la date de Paris, le 13 février 1580, dans les Papiers d’Etat relatifs d l’histoire d’Ecosse au seizième siècle, publiés par M. Alexandre Teulet, pour le Fallatyne Club d’Edimbourg. In-4°. T. III, p. 246. Très-beau , très-bon et précieux livre, l’histoire au vif.
(2) Mot de Montaigne rapporté par d’AubignÉ, Histoire universelle, liv. II, cliap. 23.
LES GUERRES DE RELIGION. 49
De son côté , politique italienne impatiente de l’inaction , Catherine de Médicis , ambitieuse et légère tout à la lois, redoutée de tous les partis, et s’en inquiétant fort peu, pourvu quelle les trompât, n’avait d’autre pensée que de « nettoyer le royaume des mauvais » , c’est-à-dire d’exterminer les Huguenots , pour maintenir l’unité de la monarchie.
Déjà, en I5G5, elle avait voulu voir de près cette Guyenne, où le Protestantisme poussait racines. Escortée de la princesse Marguerite, sa fille, alors âgée de douze ans, celle-là qui plus tard devait être le déshonneur du trône de Navarre et descendre de celui de France ; entourée de toutes les splendeurs , de toutes les séductions d’une cour toujours grosse dans les voyages, toujours brillante d’un escadron de beautés en fleur devenu un moyen de gouvernement, elle parcourut la France et parut à Bordeaux avec Charles IX. Ce voyage, simulant une tournée princière de plaisir, et qui devait aboutir à la célèbre entrevue de Bayonne avec la reine d Espagne Elisabeth, sœur du roi de France, n’était au fond qu’une pointe politique destinée à détacher des Huguenots les princes d’Allemagne et à gagner des alliés et d’actifs serviteurs à la cour, des ennemis et des bourreaux contre la Réforme.
Celle-ci, de son côté, n’était guère mieux disposée, comme on l’a vu plus haut. Ee massacre, non prémédité peut-être, des Religionnaires à Vassy, sur la frontière de Champagne, en mars 1562, moins de deux mois après la promulgation de l’œuvre
Desseins de Catherine <lc Médicis.
Elle voyage en Guyenne, en
l’année 1565 , avec
son escadron de jeunes beautés.
Massacre
des
Huguenots à Vassy.