‹ Causeries d'un curieux (volume 2)Chapitre 42 sur 97 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

MICHEL DE MONTAIGNE

Deux lettres communiquées par M. Du Prat.

dont je n1 ai consulté que deux, ceux qui contiennent les lettres de Montaigne. Il paraît qu’ayant la reliure un certain nombre des pièces les plus importantes ont été distraites et disséminées. Le Musée Britannique possède plusieurs dossiers qui en ont fait partie , notamment une superbe lettre de Montaigne ; et toutes ou presque toutes les lettres autographes de Henry de Navarre et de ce prince devenu Henry IV de France ont passé dans la collection de Béthune, léguée par ce seigneur à Louis XIV, et aujourd’hui l’un des trésors les plus précieux de notre Bibliothèque impériale.

Deux*des lettres de Montaigne, les premières en date, m’ont été gracieusement communiquées en fac si mi le par M. le marquis Du Prat, qui descend de la famille du célèbre cardinal légat, Antoine Du Prat, si diversement jugé, principal ministre de François Ier et chancelier de France (1). M. Du Prat aime et cul-

fondé la brandie des comtes de Thorigny ; 2° d’Auguste, qui fonda celle des comtes de Gacé. C’est de la première de ces branches que sort la maison actuelle des princes de Monaco. Leur auteur est Jacques-François-Eléonor Goyon, sire de Matignon et de la Roehe-Goyon, comte de Thorigny, né à Thorigny, diocèse de Bayeux, le 21 novembre 1689. En vue de son mariage avec Louise-Hippolyte Grimaldi, née le 10 novembre 1697, fille aînée et héritière présomptive d’Antoine Grimaldi, prince souverain de Monaco, duc de Valentinois, pair de France, et de Marie de Lorraine-Armagnac, Louis XIV avait érigé de nouveau en sa faveur la duché-pairie de Valentinois, par brevet en date de Marly, le 24 juillet 1715. En suite de cette création, il prit donc le titre de duc de Valentinois et son siège à la chambre haute du Parlement; et, par concession, il prit également les noms et armes des Grimaldi, princes de Monaco. C’est donc du chef de sa femme que les princes actuels de Monaco jouissent de leur souveraineté.

(1) Le cardinal Du Prat,*« l’un des plus pernicieux hommes qui furent oncques, » dit Regnier de La Planche. D’Aubigné, au livre des

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tive les lettres; il a déjà donné du cardinal une vie remplie de recherches, et qui fait ressortir les services rendus par lui à nos rois Louis XII et François Ier. Il prépare aujourd’hui la publication du cartulaire de sa famille, et c’est de son recueil qu’il a tiré les deux lettres de Montaigne pour m’aider à rehausser mon volume. Ces lettres sont adressées à Antoine Du Prat, seigneur de Nantouillet et de Précy, baron de Thiers et de Thoucy, petit-fils du chancelier (qui, avant d’entrer dans les ordres, avait été marié), et fils d Antoine Du Prat, chevalier de l’ordre du Pioi, et d’Anne d’Alègre. Il fut prévôt de Paris, le 19 février 1553, à la place de son père. Celui-ci, chambellan de Charles IX, marié à Anne de Barbançon, mourut en 1589.

C’est dans les deux lettres de Montaigne qui suivent qu’on remarque les singularités orthographiques que nous avons signalées plus haut : ponctuation, accentuation, serviteur pour servitar, monseigneur pour monseignur, etc.

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