‹ Causeries d'un curieux (volume 2)Chapitre 75 sur 97 · L-'iuii Yfluj^ç WTAi nu>Aon}p']n (iww mnpii · texte numérisé non relu

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UTILITÉ DES DOCUMENTS ÉCRITS. 407 il se faut défier du mesquin pédantisme moderne, qui épluche minutieusement les traditions acquises à l’histoire et devenues comme la conscience des nations.

Une des manies de notre temps est de tout démolir : chicane de demi-savants, en général plus facile qu’on ne le croit , et dont le résultat est de tout rapetisser, d’introduire partout le désordre et le doute, sans guère en définitive servir la vérité. On se récrie, par exemple, sur tel mot historique déjà dit par un autre .personnage, comme s’il n’v avait pas de ces rencontres naturelles d’idées et de paroles, résultant de l’identité de génie et de situation. Avant de taxer un mot ou un récit de légendaire, il faut avoir cent bonnes raisons, car souvent au fond de ces mots et de ces récits douteux il se cache une vérité, sinon absolue, du moins relative, qui appelle le respect. Souvent le mot diffère tout au plus par une nuance très-légère de rédaction. F audrait-il, par exemple, repousser comme fausse de piano cette anecdote que nous avons déjà citée, de la terrible ballucination du roi des Goths Théodoric, voyant dans une tète d’énorme poisson qu’on venait de servir sur sa table la tête du beau-père de Boêce , l’honnête Symmaque, La tête qu’il avait fait égorger? Qu’à cette vision il fût mort symmaque. d’épouvante et d’horreur de soi-même, qu’y aurait-il de surprenant? Qu’y aurait-il qui dépassât les probabilités historiques et les sages données de l’étude du cœur humain? Pourquoi cette réalisation de l’ombre de Banquo serait-elle une pure légende? En fut-elle une d’ailleurs, nous le répétons, c’est celle du remords, c’est le cri vengeur de la conscience de l’humanité , c’est l’expiation éternellement attachée aux tyrannies sangui-

Harangues des histoires anciennes.

UTILITÉ DES DOCUMENTS ÉCRITS, naires, et que les peuples accepteront toujours comme vraie. Vingt exemples analogues seraient à rappeler, où l’imagination réussira toujours à dominer sur le froid raisonnement. Examinons en toute ouverture.

Que résulterait-il d’un système inexorable de regrattage historique? N’y aurait-il pas , pour être conséquent à soi-même , à commencer par rejeter tout d’abord ce système des historiens anciens, résumant ou développant dans leurs magnifiques harangues, presque toujours supposées, les situations et les caractères? N’y aurait-il pas, sur ce point, à crier au mensonge et à la légende? Ne faudrait-il pas oublier qu’en certaines conditions littéraires la vérité relative, pour ne pas être la vérité vraie, n’en est pas moins la vérité , si elle s’est maintenue dans le sentiment historique? Qu’importe, encore une fois, que les harangues de Thucydide soient, comme il l’avoue lui-même, le développement ou le résumé de la pensée mère que la tradition lui avait fournie? Qu’importe que la bouche de Périclès ait ou non prononcé mot pour mot la fameuse oraison funèbre, demeurée un des plus beaux morceaux de la littérature grecque; et que les ambassadeurs de Corinthe et d’Athènes aient fait entendre en réalité devant l’assemblée de Sparte, comme ils le font dans l’histoire du Péloponèse, leur grand plaidoyer de la paix ou de la guerre? Qu’importe que les Fabius, les Scipion et autres pères de la patrie aient tenu textuellement à leurs armées, au sénat et au peuple les superbes discours que leur prêtent Polybe, Tite- Live ou Dion Cassius? Qu’importe enfin que les grands hommes que Tacite fait parler en ses histoires ; que le

UTILITÉ DES DOCUMENTS ÉCRITS. 409 vigoureux Galgacus, auquel il attribue une si mémorable improvisation dans son Agricole., n’aient pas eu phrase à phrase l’éloquent langage que célèbrent les Conciones?

L’essentiel est que le fond en fût vrai. On peut s’armer ensuite de la loupe archéologique, et se donner le plaisir de peser les diphthongues et de faire rentrer dans l’ordre, férule en main, l’alpha et l’oméga. Cependant toute concession faite aux privilèges de l’historien, la vérité littérale, ne l’oublions pas, est la vérité; elle a aussi ses droits et ses devoirs, il faut bien lui faire faire place, quand, pour excuser ou expliquer ses déviations, on n’a rien de victorieux à alléguer.

Il est un mot, par exemple, qui se présente tout Tout est perdu d’abord, c’est celui que François Ier aurait écrit à sa l’honneur. mère après la perte de la bataille de Pavie : Tout est perdu fors l'honneur. Ce mot de laconisme sublime, de roi chevalier, que les enfants apprennent avec la parole, ce mot auquel se complaît le sentiment national, et qu’il lui serait si pénible de ne plus regarder comme authentique, faudrait-il donc y renoncer et n’y voir qu’un dicton apocryphe? Apocryphe! non assurément; la parole est vraie, mais on est bien forcé de reconnaître qu’elle n’a pas été écrite tout à fait comme elle est rapportée, et que, dans le véritable texte, elle est suivie d’un complément moins héroïque. Pour rendre le mot plus frappant, la tradition l’a rendu plus bref; et, à la rigueur, s’il est de vivacité moins antique dans sa vérité nue, il est peut-être plus touchant tel qu’il a été écrit par un fds à sa mère, sans pour cela rien perdre de l’élévation d’âme qui l’a dicté. Voici, du reste, le véritable texte, publié, avec de légères va-

Lettre

de

François Ier à sa mère Louise de Savoie , après la perte de la bataille de Pavie.

MOTS HISTORIQUES, riantes sans importance, par M. Ghampollion-Figeac , dans les Documents inédits sur V histoire de France; par M. Macé , par M. Gheruel, par M. Édouard Fournier, par M. Vallet de Viriville. La lettre est adressée du camp impérial de Pizzichitone , près Pavie, à Louise de Savoie par François Ier, prisonnier du général en chef pour Gharles-Quint , le comte de Lannoy :

« Madame, pour vous faire asscauoir côme aseteure se porte le reste de mon infortune , de toutes chozes ne m’est demouré que Ihoneur et la vye qui est saulue. Et pour ce que , en nostre aduersyte, sete nouelle vous sera un g peu de reconfort, jé pryé qu’on me leyssast vous escryre sete letre : ce que^ Ion ma ayzeinant acorde, vous suplyant ne vouloyr prandre lestremyte de vous mesnies, en usant de vostre acostumee prudance ; car ie ay esperance que a la fin Dyeu ne me abandonera point , vous recômandant vos petyts enfans et les myens, et vous suplyant fere doner seur passayge a se porteur pour aller et retorner en Espaygne, car il va deuers lampereur, pour asscauoir cornant il vouldra que je soys trayeté.

» Et sur ce me voys très hüblemant recomander a vostre bone grase.

» Vostre très hüble et très obeyssant fylz,

» Francoys. »

Telle est au vrai la lettre si fameuse de ce Roi «' plus spécieux que solide » , ainsi que l’appelait Henry IV, et qui, brave comme son épée, épris de galanterie et encore plus de licence, étourdi d’enthou-

MOTS HISTORIQUES

siasme pour l’ancienne chevalerie et « le beau train d’amour » , jeta le pays dans les aventures, et, comme dit Rabelais, courut en tout genre « la bague des conquêtes » ; réussit à rendre inutiles le génie et les vertus de Bayard ; éclaira et attrista la folie fastueuse de ses fêtes par des auto-da-fe d’hérétiques, par l’inique supplice de Jacques de Beaune de Samblançay, victime de la lâche duplicité de Louise de Savoie, et se joua enfin de la foi politique envers ses alliés, en les abandonnant à son rival Charîes-Quint. Mais en revanche, il avait l’adresse de racheter le mal par son élégance à le commettre ; il s’était couvert de gloire à cette bataille de Marignan , que le maréchal de Trivuîce appelait une bataille de géants, et il avait contraint le pape Léon X à faire avec lui la paix. Affable, libéral, magnifique, protecteur des lettres et des arts, promoteur de la découverte du Canada, il fut également le fondateur du Collège de France et de la Bibliothèque royale. Aussi, l’imagination séduite de la postérité , qui a ses faiblesses, lui conserve-t-elle encore le titre de Roi chevalier, et lui pardonne-t-elle, à côté des Reines légitimes , l’institution scandaleuse des maîtresses en titre établie comme un luxe indispensable à la royauté et des officiers de plus de la couronne.

Une autre lettre, devenue dicton populaire à force d’être célèbre, est celle que Voltaire a prêtée à Henry IV, dans sa note sur le vers 97 du chant VIII de sa Henriade :

Sully, Nangis, Crillon , ces ennemis du crime,

Que la Ligue déteste, et que la Ligue estime.

MOTS HISTORIQUES

Pends -toi , brave Crillon.

« P ends-tpi , brave Grillon! nous avons combattu à Arques, et tu n’y étois pas — Adieu, brave Grillon, je vous aime à tort et à travers. »

Pour cette fois, sans être absolument parlant imaginaire, la lettre n’est plus que d’une vérité relative bien lointaine : c’est une sorte de pot-pourri composé de plusieurs lettres, avec anachronisme. Voltaire est là en pleine poésie; et, dans cette circonstance, il a luimême donné la preuve de ce qu’il dit, quelques pages plus loin , du même volume : Qu’il faut tout lire avec défiance. En effet, à l’époque de la journée d’Arques, le 21 décembre 1589, journée importante dans la situation précaire où se trouvait Henry IV, mais qui d’ailleurs ne fut point un fait d’armes assez extraordinaire pour devenir un point culminant historique, Henry n’avait eu que bien peu d’occasions de voir Grillon combattre à ses côtés , Grillon bon catholique et qui avait tenu vigoureusement pour Henry III. L’affection et le dévouement particulier avaient bien fixé auprès du Roi de Navarre quelques officiers catholiques qui faisaient avec lui la guerre; mais ils étaient en petit nombre , et Grillon n’en fit partie que plus tard. Encore quelques années, et le tutoiement à part, — dont le Roi usa un jour envers Montesquiou : « Grand pendu , lui disait-il , j’irai tâter de ton vin », — ce tutoiement à part, dont il usa encore avec quelque autre familier, mais qu’il n’employa jamais dans ses lettres à Grillon, — il eût pu lui écrire une lettre pareille, car il le prisait alors entre ses plus braves et familiers. Mais la lettre telle que Voltaire en a donné le texte, n’existe pas. Huit ans après les journées d’Arques, en

MOT S* HISTORIQUES. 413

1597, Henry le Grand écrivit à Grillon un billet dont le début rappelle le billet apocryphe. L’original avait été imprimé en Avignon, dans l’année 1G16, au livre du Bouclier d’honneur. Voltaire l’avait vu sans doute, ou en avait entendu parler ; peut-être l’avait-il lu dans les archives du duc de Grillon, dont l’arrière-petit-fils conserve encore aujourd’hui l’original. Il s’en souvenait confusément, et son imagination suppléant à sa mémoire, il n’avait tenu compte ni de la date ni du vrai texte qui suit, dont Berger de Xivrey a donné le fac-similé dans sa grande collection des lettres de Henry IV :

« Brave Gryllon , pandes uous de nauoyr esté ycy v

près de moy lundy dernyer a la plus belle ocasyon quy à

ce soyt james ueue et quy peut estre ce uerra james. Croyès que ie uous y ay byen desyré. Le cardynal nous uynt uoyr fort furyeusemant , mes vl san est retourne fort honteusement. Jespere, jeudy prochain, estre dans Amyens ou ie ceyourneré gueres pour aller antreprandre quelque chose, car jay mayntenant une des belles armees que Ion sauroyt ymagyner. Yl ny manque ryen que le brave Gryllon quy cera touyours le bien uenu et ueu de moy. A dyeu, ce xxme cetambre, au camp deuant Amyens.

Le grand Roi affectionnait cette locution : « Pendezvous » , car il l’employait encore plus tard, dans une lettre à d’Harambure, qu’il appelait familièrement son Borgne , depuis qu’il avait glorieusement perdu un œil au siège de Niort. Ge Jean de Harambure, baron de

raie lettre Henry IV Crillon.

septembre

rH4 MOTS HISTORIQUES.

Picassarv, seigneur de Romefort, Gliatres, Cachez et autres lieux, fds de Bertrand de Harambure et de Florence de Belzunce, avait été élevé, dès sa première enfance, auprès du Roi de Navarre, et remplissait dans sa maison les fonctions de gentilhomme ordinaire de la chambre.

Lettre « Haranbure , écrivait-il, pendes-uous de ne uous

de Henry IV à . , 1

<r Harambure. estre point trouué près de moy en un combat que nous auons eu contre les ennemys, où nous auons faict rage ; mays non pas tous ceuls qui estoient auec moy. Je uous en dyray les particularytez quand ie uous uerray. Lomenye m’a faict entendre ce que vous aues prié Yicoge de me dire, ce qu’il n’a faict. Asseurés-vous cjue , puisqu’en ce faict là il y va de vostre contentement, je vous tesmoigneray que ie l’affectionne et que je n’y manquer ay nullement , et vous en donne ma parole; et me venes trouuer au plus tost, et vous hastes, car j’ay besoin de vous. A Dieu, Borgne. Ce xnje juin , à Dijon.

» Henry. »

Venons à un temps plus rapproché.

Fils On a nié que l’abbé Edgeworth de Firmont ait pro-

montez nonce à Louis XVI, sur l’échafaud, les paroles si célèbres : « Fils de saint Louis, montez au ciel! » Aujourd’hui, cependant, ce mot, tant de fois réimprimé, semble acquis à l’histoire. Madame Royale ellemême, la fille de Louis XVI, l’avait ouï répéter avant que le respectable abbé allât auprès d’elle, dans l’exil, terminer ses jours, et elle l’a en quelque sorte consacré dans le récit qu’elle a donné des événements arri-

MOTS HISTORIQUES, vés au Temple durant sa captivité. On en éprouve d’autant plus de répugnance à le discuter. A tout prendre cependant, ne pourrait-on s’y hasarder sans manquer de respect à l’un des plus grands et des plus poignants souvenirs de l’humanité? Que s’il s’agissait d’une action dramatique feinte, il n’y aurait, touchant le mot, qu’à s’occuper de la vérité de sentiment, de la vérité relative. Peu importe, en matière littéraire, qu’un mot historique ait été dit en réalité, pourvu qu’il ait pu l’être, et qu’il ait, comme celui-là, tout le sublime de situation qui l’a gravé dans les esprits et dans les cœurs. Quand la ressemblance morale est conservée, embellir par l’expression est un mérite de plus. Ainsi, il n’est pas bien sûr, comme le fait observer un critique, que César, en voyant la tête de Pompée, — ce niais grand homme, accepté tel que l’a transformé le poète, — il n’est pas bien sûr que César ait prononcé rien d’aussi beau que ces deux vers de Corneille :

Reste d’un demi-dieu, dont à peine je puis

Egaler le grand nom, tout vainqueur que j’en suis.

Toutefois, s’il ne l’a pas dit, il a pu le dire, et il est bien glorieux pour le poète qu’on puisse douter si son génie n’a pas été au-dessus de l’âme de César, « un des plus grands miracles de nature» , comme dit Montaigne. Mais dans le mot attribué à l’abbé de Firmont, il y va d’autre chose que d’une fiction ou l’art interprète l’histoire, il s’agit d’une situation marquée au sceau du Christianisme : je n’y veux que la vérité vraie. Aussi bien, le fait en sa simplicité est assez grand par lui-

MOTS HISTORIQUES

Témoignage de l’abbé Edgeworth sur le mot qui lui est attribué.

même, sans que le mot ajoute rien à la sublimité de la scène, il ne fait que résumer. Prononcé ou non, il a été pensé : il était dans l’âme, dans le regard, dans le geste du saint prêtre, montrant, le crucifix en main, le ciel entr’ ouvert au martyr. Gela suffit; l’archéologue peut ensuite faire son métier et discuter l’exactitude matérielle du mot : la gloire du prêtre n’a rien à y gagner ni à y perdre. En réalité, le mot a-t-il été proféré? Le plus naturel est de recourir, sur ce point, à l’abbé Edgeworth lui-même. Le court récit qu’il a laissé sur les derniers moments du Roi n’en fait nulle mention. Il est vrai que bien des noms et des circonstances y ont été omis à dessein , par ménagement pour certains personnages engagés dans la révolution , et qui s’étaient montrés sympathiques au Roi. Mais assurément le mot en question échappait à de pareilles considérations, et l’abbé n’eût pu avoir aucune raison de l’omettre, s’il eût été certain de l’avoir prononcé. Or, il s’en est expliqué plusieurs fois soit avec l’ancien ministre de Louis XYI , le marquis de Bertrand-Molleville , soit avec un ancien émigré, le comte d’Allonville , qui a beaucoup vécu avec lui , et dont il a béni le mariage avec la petite-fille du maréchal de Munich. « Cette parole, lui dit-il , était bien dans le sentiment qui me dominait à ce moment suprême; je puis l’avoir dite; je me souviens bien que j’ai parlé ; mais j’étais alors trop absorbé en Dieu , trop oppressé de douleur pour me rappeler au juste ce qui est sorti de ma botfche. Le sacrifice une fois consommé , les soldats s’ouvrirent pour me laisser passer. Je me jetai dans les rues, hors de moi, marchant sans dessein, les yeux obscurcis, et

UTILITÉ DES DOCUMENTS ORIGINAUX. 417 comme un homme ivre, et je me trouvai sans le savoir à la porte de INJ. de Malesherbes, chez qui j’entrai d’instinct, et avec qui je n’eus que des larmes. » C’est de la propre bouche du comte que j’ai recueilli sous sa dictée, avant la publication de ses Mémoires, les paroles qu’on vient de lire. Le récit qu’il en a donné dans ces mêmes Mémoires est identique (1).

L’abbé a parlé de Malesherbes. On a retrouvé, en effet, dans les papiers de l’illustre défenseur de Louis XVI, des fragments autographes de conversation avec l’abbé de Firmont : la belle parole : Fils de saint Louis , montez au ciel ! n’y est point rappelée. Cette parole, inspirée peut-être par le geste du saint confesseur, a été rapportée pour la première fois, et probablement inventée par un écrivain royaliste de l’époque, M. Charles His, rendant compte de la mort du Roi; comme, de son côté, M. Beugnot a fait plus tard le mot du comte d’Artois rentrant de l’exil en 18 14 : Il ny a qu’un Français de plus.

Le comte d’Àllonville, que nous avons cité, est le même qui a été le principal rédacteur des Mémoires tirés des papiers d’un homme d’État, c’est-à-dire du prince de Hardenberg. Les deux premiers volumes sont composés presque entièrement des papiers du prince. Le comte a mis beaucoup du sien dans les volumes suivants. Les derniers sont de M. Schubart. Les Mémoires personnels du comte forment six volumes. C’est un ouvrage un peu incolore de vieillard, mais riche d’informations et utile à l’étude des époques dont

(1) Mémoires du comte d'Allonville, t. III, p. 159-160.

Le comte d’Allonville.

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