TOME III
Louis XIII appelle les Anglais des marauts
Le Roi fait en héros au siéye de
La Rochelle.
MALHERBE
Lettre
de
Louis XIH, écrite du siège
La Rochelle, à Marie de Médicis.
De Laleu, le 3 octobre
continuer le lendemain sans plus de résultat, et contrariés les jours suivants par la mer, brûler de la poudre sans portée. Voici les lettres que, le 3 et le 4, le Roi Louis XIII écrivit, sur ce sujet, à la Reine mère.
« Madame, Vous saures par celle cy comme
les Anglois ont attaqué ce matin nôtre armee naualle sur les 1 heures. Le conbat a duré deux heures et demie ou il s’est tiré de part ou dautre plus de 4 à 5 mil coups de canon. Nos vesseaux ont très bien fait leur deuoir. Nous ny auons perdu que six ou sept soldats, et auons coulé a fous vu vesseau des enemis de cent cinquante tonneaux et pris deux grandes chaloupes et coupé le mas a vue Roberge, et auons veu vu grand vesseau qui sen ua a la cargue que nous croyions estre fort mal mené, sans ceux de quoy nous nauons connoysance. Sur terre nous ny auons perdu que sinq hommes qui ont esté tuez dun coup de canon, dont le poure des Friches qui estoit a moy en a esté vn. Je ouhliois a vous dire que, du costé de La Rochelle, il est sorti trois chaloupes, dont lune a esté coulée a fons dun coup de canon, et les deux autres sont rantrées ausi tost. Voila tout ce qui cest passé. Je ne vous mande rien par ouï dire, ayant esté si heureux de my trouuér dès le premier coup qui cest tiré. Mon Cousin le cardinal de Richelieu a fait vne relation que je vous anuoye la ou vous verrés plus au long les particularités du conbat. Dieu mercy, nous sommes asurés au coups de canon, an ayant oui si lier quantité a nos oreilles. Je vous puis asurér que les Anglois ne nous feront ny peur ny mal, nayant rien fait aujourduy quil auoient le vent tel quils le pouuoient
dezirer. Je me porte très bien , Dieu rnercy, et tous sup lie de croire que je suis,
» Madame,
» Vôtre très humble et très obeisant fils,
» Loris j{ .
» A Laleu, ce 3œe octobre 1628 a onze heures du matin.
» Mon Cousin le Cardal de Richelieu a luv mesme pousé a la roue pour remettre le canon dans les ambrazures (1). »
Autre lettre de Louis XIII à sa mère :
«Madame, Les Ànglois sont venus rataquer
ce matin nôtre armée naualle et nous ont anuoyié onze bru] eaux lesquels ont esté tous arestés par nos chaloupes qui ont tres-bien fait leur deuoir. Le combat a duré 2 heures, et a esté tiré, du costé des enemis, douze ou quinze sans coups de canon vn peu de loin. Ils nosent plus ap rocher de nous a cause des bateries de terre. De nôtre costé il a esté tiré des vesseaux quelque 450 coups de canon, et des bateries de chef de bois 60. Xous nauons pas voulu tirer dauantage, parceque ils estoient trop loin. Jay defandu a nos vesseaux que vue autre fois de ne plus tirer que a trois cens pas, et de laisér tirer les enemis sans leur faire reponce, si iis tirent de loin comme ils ont fait aujourdhuv. Je oubliois a vous dire que le feu a pris a un vesseau des leurs, et auons veu
(1) Comme celle du 29 septembre 1627, cette lettre est tirée du cabinet de M. le baron de Chassiron.
Autre lettre de
Louis XIII .
écrite à Marie de Médicis du siège de
La Rochelle.
De Laleu, le 4 octobre
MALHERBE
Mort
de Malherbe, le 16 octobre
sottér tout ce qui estoit dedans. Nous croyions que ils nous attaquerons encore toutes les marées, quils auront des bruleaux , et que quand ils auront jette tous leurs dits bruleaux, ils s’en iront sans oser attaquer la digue. Le vesseau de Soubise n’a pas aproché dune lieue et demie de nôtre armée et tiroit force coups de canon qui ne venoient pas a moitié chemin. Il n’a esté tué aujourdhuy ni blesé aucun des nostres. Tout le inonde a veu donner dans leurs vesseaux sinq ou six coups de canon des nostres, sans ceux que nous ne pouuons pas auoir veux. Le conbat a commancé entre six et sept, et finy a neuf heure. Si ils font toujours comme ils ont fait aujourdhuy, ils ne couront pas grand hazart, car ils tirent de bien loin. Je ne manqueray a vous donner auis de tout ce qui se passera. Je vous suplie de maimer toujours en vos bonnes grâces et de croire que je suis, Madame, vôtre tres-humble et très obéissant fils.
» Louis fl »
» A Laleu, ce 4ine octobre 1628, à dix heures du matin.
« Jettois à la baterie vue heure deuant que le conbat eut commancé. »
Enfin, les Rochellois, pour la troisième fois déçus, et ne comptant plus que sur eux-mêmes, traitèrent directement avec Louis XIII, et le 29 octobre, la ville était en l’obéissance du Roi !
Treize jours avant la reddition de la place, le 16 octobre, le poète Malherbe, qui, pour dernier chant du cvgne, avait célébré dans une ode le départ du Roi allant châtier la rébellion des Rochellois et chasser les
MALHERBE
Anglais, n’était plus. Il avait été rendre compte de sa vie, à l’âge de soixante-treize ans , enlevé par un mal dont il avait pris le germe au camp devant La Rochelle, où il avait été solliciter le Roi contre ceux qu’il appelait les assassins de son fils. C’est là qu’il avait revu pour la dernière fois le poète Racan, son disciple favori, qui servait au siège auprès du Roi, en sa qualité de gentilhomme de la chambre.
Le grand « tyran des mots et des syllabes » , comme on l’appelait, l’inexorable restaurateur de la poésie en France, et qui possédait tout l’indomptable orgueil, toute la robuste foi en soi-même que doit avoir un réformateur, a écrit, dans l’année de sa mort, à ce même Racan, pendant que celui-ci était au siège, une lettre de fort agréable esprit, la dernière que je possède de sa main. La voici :
« Monsieur,
» Je uoy bien que si les Muses vous ont fait passer pour vn resueur, Mars ne vous donnera pas meilleur bruit. Vous n’en estes encor qu’au collet de buffe, et desia vous ne vous souuenez plus de uos amis. Vous pouuez penser ce que ce sera quand vous en serez a la cuirasse. Peut estre chercherez vous vne excuse a la nouueauté de vostre mariage? et certes ie scay bien que la cage d’Hymenée n’est pas plus gracieuse que les autres et que les oyseaux n’y entrent pas sans quelque estonnement pour les premiers jours. Mais de quelque cause que vienne vostre silence, je ne suis pas assez complaisant pour (1) ne vous en dire pas mon
Lettre
de Malherbe h Racan.
De Paris , le 13 mai
(A) L’approuver, mot effacé.
sentiment. Si ce sont les peu sers de Mars qui vous occupent, la (pierre ne sera pas si longue, Dieu aydant, que pour elle vous deuiez tout a fait quitter les exercices de la paix. Si ce sont (1) les soings d’IIymenée, les rossignols ne sont muetz que quand ils ont des petitz, et je scay bien que vous n’en estes pas encores là. Je le jure que si jamais vous reuenez sur Parnasse, ie n’y auray point de crédit, ou ie vous en feray fermer la porte. Et si vous y entrez par surprise ou autrement, vous n’y aurez que des feuilles de chou pour des feuilles de laurier. Pensez y et vous amandez. C’est assez raillé. Parlons a cest heure a bon escient. Je veux, Monsieur, et vous en prie, que vous (2) m’aïez tousiours comme
» Vôtre très humble et très affectionné seruiteur,
» Malherbe.
» A Paris, ce 13e de may 1628. »
Suscription :
A Monsieur Monsieur de Ixacân, gentilhomme ordinaire de la chambre.
Il existe une autre correspondance des plus curieuses, non moins précieuse historiquement que celle de Malherbe, et qui mériterait de trouver un éditeur entendu, éclairé, de talent et de goût, assez modeste pour s’effacer devant son auteur, restituer et
(!) Celles, mot effacé.
(2) Me teniez, mots supprimés.
Correspondance de Bussy- Rabustin.
BUSSY-RABUSTIN.
•classer religieusement les textes, les illustrer sobrement de bonnes notes , et achever avec netteté les éclaircissements déjà si abondamment donnés par feu Walckenaer dans son excellente Histoire de madame de Sévigné. Je veux parler de la correspondance du comte Roger de Bussy-Rabustin (1). C’est à lui que le monde littéraire est redevable des premières lettres qu’on ait connues de la marquise de Sévigné. Il ne me paraît pas qu’on lui sache assez de gré du présent qu’il nous a fait par cette révélation dans le courant de ses Mémoires, publiés en 1696, et dans la première édition, également posthume, de sa correspondance. Un tel mérite rachète cependant, aux yeux de la postérité, bien des torts personnels. Fanfaron en amour et en guerre, dénigrant et caustique, Rabustin employa ses talents à se faire des ennemis. On abuse ordinairement de ce dont on a beaucoup : or, il avait infiniment d’esprit. Le comble de l’art eût été de ne mettre en chaque chose que l’esprit qui y convînt; mais à force de chercher à en mettre partout, il a trouvé le secret d’en mettre mal à propos, et il est rare d’en avoir fait abus autant que lui. Suffisamment honnête homme, c’està-dire, suivant la définition du bel air, homme poli et sachant vivre, mais poli à sa manière, avec un orgueil .sourcilleux, une vanité féroce, une malignité bilieuse, il écrivit sur le bon usage des adversités , sans prêcher d’exemple, regrettant amèrement la cour et rongeant son frein dans la solitude, d’où il poursuivait le roi
(1) Bussy, dans ses lettres autographes que j’ai sous les yeux, signe Bussy-Rabutin, et le plus souvent Bussy-Rabustin.
BÜSSY-RABUSTIS.
Les Mémoires de Bussy- Rabustin sontbien faits.
Raison
pour laquelle ils n’ont pas été compris dans
les collections de Mémoires sur l’histoire de France.
Louis XIV de protestations de respect et d’amour, dont ni l’un ni l’autre ne croyaient un mot. « Mais, écrivait-il au Père Bouhours , si les sentiments tendres n’attendrissent pas toujours le cœur des rois, au moins ils n’attirent pas leurs insultes et leurs injures, comme le Roi m’en auroit fait une, si après mes dernières paroles qui estoient touchantes , il avoit voulu répondre cruellement à celles qui n’estoient qu’indifférentes. » Pour le sage, la manière de se repentir est de se corriger, — lui ne savait point se repentir, et trop jaloux des moindres produits de sa plume pour détester son Histoire amoureuse des Gaules , cause de son exil, il la continuait en correspondances, il la continuait en inscriptions sur les murs du château de Bussy. Enfin, il fit les Mémoires de sa vie , comme certaines femmes font leur confession, pour avoir l’occasion de se vanter. Néanmoins, ces Mémoires, rédigés à loisir dans la retraite, sont aussi Bien écrits qu’à lui appartenait; aussi exacts, pour les actions de guerre et les dates, que l’histoire le pouvait désirer. Ils sont en outre remplis de portraits vigoureusement dessinés, de main de maître : côté excellent de ce livre. Et cependant, on leur a refusé l’honneur de figurer dans les collections de mémoires relatifs à l’histoire de France, où l’on en compte qui sont loin de les valoir. La raison n’en est pas absolument dans les Mémoires eux-mémes, mais dans la mauvaise renommée de l’auteur. C’est que la vie publique ou littéraire d’un homme offre toujours un point culminant ou d’éclat qui sert fatalement à le caractériser, en bien ou en mal, en mal surtout. C’est comme un autre nom de famille, un emblème, une sorte d’in-
BUSSY-RABUSTIN.
dividualité résumée, derrière laquelle tout l’homme s’efface. Que sera-ce si ce point caractéristique éveille les instincts sensuels et ia malignité? « Aussi, disait le prince de Ligne, qui est-ce qui sait que Bussy se battait, à la tête de la cavalerie légère de France, à la bataille des Dunes? Mais on se ressouvient de Y Histoire amoureuse des Gaules et des Alléluia. » Ce stigmate ineffaçable lui reste au front; et le fatal souvenir qui domine sa réputation tue ce qu’eile eût pu avoir de bon et d’honorable. Voyez encore le malheureux Piron : le souvenir d’une débauche d’esprit a écrasé toute sa vie ; et la Métromanie , son chef-d’œuvre et l’un des chefsd’œuvre de notre répertoire, n’est pas le premier souvenir qu’il éveille. Et cependant, ce réprouvé, loin d’être ni méchant ni mauvais, ne fut en résumé qu’un malin bonhomme, un Bourguignon salé comme Bussy, comme La Monnoye, comme De Brosses, et qui, pour son compte, avait le cœur chaud, la verve pétillante, l’orgueil alerte et le vin libertin. Infortuné Bussy! ton propre orgueil t’avait cependant assez maltraité sans que tu dusses l’être encore dans tes écrits par le sort et par tes éditeurs! D’un côté, l’on ne publie, un an après sa mort, que la première partie de ses Mémoires , et l’on attend si longtemps pour songer à la seconde, qu’elle finit par s’oublier et s’égarer (1). D’uu autre
Les mêmes raisons
mettent Piron à l’index.
Les éditeurs de Bussy le trahissent en' le mutilant et
l’interpolant.
(1) Cette seconde partie appartenait à M. le marquis de La Guiehe. M. de Monmerqué, qui dit l’avoir vue en 1818, rapporte que Bussy, à raison de son éloignement du théâtre des événements publics et de la cour, n’a guère introduit de récit dans cette seconde partie, et l’a remplie presque entièrement de copies de ses lettres et de réponses , commençant avec le mois de janvier 1677 et finissant avec avril 1679.
BUSSY-R ABUST1N.
Sa fille est du nombre.
Lettre de Bussy au Père Bouliours.
Juin 1691.
côté, c’est sa fille, la marquise de Coligny, comtesse de Dalet, qui, façonnée par son père à l’image de son esprit, et piquée d’une pointe de prétention littéraire, ne veut publier, en 1794, le Discours du comte sur le bon vsage des aduersités qu’après y avoir introduit des corrections de sa façon , qui n’enlèvent pas au livre , édifiant comme un sermon , le mortel ennui qu’il respire. j’en possède le manuscrit autographe avec les nombreuses ratures, retouches et surcharges de la comtesse (2). Déjà cependant, dès avant 1691, Bussy l’avait soumis à son vieil ami le Père Bouliours, comme on le peut voir par le billet suivant, à charge de revanche, il est vrai, car Bouliours lui envoyait aussi ses manuscrits, pour qu’il y mit, lui disait-il, « de ces traits originaux qui lui étoient propres et y retranchât tout ce qui ne lui plairoit pas. ».
« A Dijon, ce 25 me juin 1691.
« Uoila Enfin mes Malheureux (1), Mon Reverend Pere, reueus, Corrigés, et diminués. Je nous supplie de les donner au Reuerend Pere de la Chaise, et de le supplier de me faire la grâce de le présenter au Roy, sil iuge que cela en soit digne, apres îauoir Leu. Sil me ueut faire ce plaisir, Il prendra bien son fems, car il uoit les choses de près.
(1) Le livre avait eu d’abord pour premier titre les Illustres Malheureux , par le comte de Bussy -Rabutin, avec un Discours à ses enfants sur le bon vsage des aduersitèz et les diuers éuénements de sa vie. C’est sous ce titre qu’il parut à Cologne chez Leers, 1694, in-12. La seconde édition, qui est de Paris, ne portait plus pour titre que Discours, etc.
B U S S Y- Il A B U S T I N.
» Pour uous M. R. P. nous uerrés qu’en retranchant de Dauid, de S‘ Louis, du Roy Jean, et de François premier ce que uous rn’avés Conseillé de retrancher, Jay augmenté ce qui me regarde, Car cest pour moy que se fait la feste.
» Mandés moy, sil uous pîait, M. R. P., ce que uous aura dit le R. P. de la Chaise et m’aymés bien touiours, Car ie nous ayme de tout mon ceur. Àddressés, sil uous plait, les reponces que uous me ferés a ma fille de Bussy a S{ Julien, Car elle scaura ou ie seray, ce que ie ne Scay pas encor. Adieu, M. R. P. Je suis assurément de tout mon cœur, à vous ,
» Bussy-Rabutin. »
Mais le bon Père ne trouvait probablement pas qu’il eut assez châtié les imaginations de son ami, et il était de complicité dans l’œuvre de la fille, qui émondait, taillait, coupait à sa guise. Dans une lettre de Ghaseu (1), elle écrit, le 7 janvier 1694, au Père Bouhours, à la veille d’imprimer la première édition : « J’ai fait copier le manuscrit des Malheureux ; j’y ay changé ce qui ne m’a pas plu, j’ai touché mesme aux endroits du livre qui ont été ajoutés, sur la foi que ne je touchois à rien de vous, M. R. P. » Toute inquiète de ce qui pourrait être sorti de la Minerve du Père Bouhours,
(1) Le château cle Ghaseu était l’une des propriétés de Bussy, et c’est là qu’il passait le temps de son bannissement de la cour quand il n’était pas à Bussy. Le village de Chaseu est dans la paroisse de Laisy, près d’Autun. Le château de Bussy-le-Grand domine le gros village de ce nom, qui est partie sur la montagne rocheuse, partie au vallon, près de Flavigny, après Montbard, la patrie de Bnffon.
Le Père Bouhours corrige Bussy.
Sa fille le corrige à son tour,
mais faisant bon marché de ce qui vient de son propre père, elle détaille ses opérations de crayon, de ciseaux et de compas. Ici, elle trouve « un air de vanité qui ne lui plaît point. » Ailleurs, absence de « naturel » . Ailleurs encore, c’est une expression qu’elle trouve « trop molle » ; ou « un style fade pour tout le monde, mais qui, par-dessus cela, ne convient pas à un père, qui d’ordinaire ne fait pas de compliments à ses enfants » . Je veux bien qu’il y ait là un sentiment de piété pour la réputation de son père, qu’elle veut parer à l’intention du public; mais à coup sur elle tenait de son sang un vigoureux fonds d’orgueil , et croyait en savoir plus que lui, comme, de son côté, lui-même s’était cru supérieur à la marquise de Sévigné. Et tous deux se trompaient également. On a en effet du style original de madame de Dalet. Rien ne justifie ses airs de Yaugelas, ni rien ne se sent des fermetés de la plume du père.
Même Le même comité de répression s’assemble pour pu-
confusion 1 11
et mêmes blier, en 1097, avec une confusion déplorable , la cor-
interpolations 1
clans lacorres- respondauce du défunt, et il en défigure souvent le texte, à l’exemple des licences prises par Bussy luimême, qui, pour se mettre en règle avec la postérité, avait préparé de sa plus belle main son Recueil épi— stolaire et en avait arrangé le texte à plaisir.
Les lettres de lui qui sont dans ses Mémoires ne sont pas toutes non plus telles qu’il les avait adressées, soit qu’à l’exemple de Tullius, il eût refait lui-même à loisir son plaidoyer pour Milon , soit que les scrupuleux éditeurs y eussent comme partout mis du leur.
Après avoir fait vaillamment à la bataille des Dunes,