‹ Causeries d'un curieux (volume 2)Chapitre 83 sur 97 · BUSSY- R ABU STI N · texte numérisé non relu

BUSSY- R ABU STI N

homme à la tête des troupes , il ne tergiversa pas un instant dans son dévouement à la cour, en ces temps de troubles où faillirent tant de fidélités. Mais quand vint le grand jour des récompenses et de la curée des places, les ralliés ne le cédèrent pas toujours, comme d’usage, aux fidèles; et de plus, l’arrogance et la malignité du héros achevèrent de le perdre. Mais en ce temps heureux des Dunes et des suffrages du Mazarin, il crut tenir la faveur, et il caressait dans un avenir flatteur le bâton de maréchal de France. Castelnau, qui dans la bataille avait commandé en héros l’aile gauche, s’était, le IG, trop approché des travaux du siège de Dunkerque. Une halle de mousquet, tiré de la place, l’avait atteint en plein ventre et blessé à mort. Fait maréchal in extremis, il allait laisser vacant le commandement en chef d’un corps de réserve. Sur-lechamp l’ambition de Bussy s’allume, et il écrit à Mazarin :

« Monseigneur,

» Mr de Castelnaut uient d’etre fort blessé, Dieu ueuille qu’il en réchappé ; mais si par malheur il venait a mourir et que U. E. mist en sa place quelque lieüt gnal de mes anciens, Je n’aurois rien à luy dire. Autrement, ie ne pense pas qu’elle me voulust faire Liniustice de ne me pas mettre en ce poste la. U. E. considérera sil Luy plaist, qu’il ny a que moy seul en France d’anciens lieüts gnaux qui ait seruv apres letablissement des lieüts gnaux en chef, tous les autres se sont retirés. Mais outre Les raisons que iav de prétendre a cet employ, c’est que U. E. scait fort bien

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