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qu’elle ue le scauroit donner a personne qui soit plus que moy,
» Moi i seigneur,
» Y otre très humble , très obéissant et très fidelle seruiteur,
» Bussy-Rabustin.
» Du camp de Dunquerque , ce 17e juin 1658. »
Castelnau ne mourut que le 15 juillet, et toutes les ambitions avaient eu le temps de faire jouer leurs batteries. Créquy, F ancien de Bussy et dont la conduite dans le commandement de l’aile droite, à l’affaire des Dunes, avait été brillante, eut le poste. Mais si, dès le mois de juin , il était déjà nommé in petto , rien n’avait transpiré encore, et Bussy, dans toute la fièvre de ses espérances, écrivit le 6 juillet, au cardinal Mazarin , une lettre nouvelle, toute chargée de la fureur de son dévouement :
(Du camp de Dixmude, le 6 juillet 1658 (1).)
Monseigneur ,
« Je suj)plie très humblement U. E. de garder cette Lettre
, p . . , . . . de Bussy
lettre cy pour faire uoir a tout le monde que je suis un à Mazarin. Coquin, si, en cas que uous avés jamais besoin de uos 6 iulllet 1G>8 serai teurs , uous ne me trouués avec tous mes amis en état de uous témoigner que ie suis enuers et contre tous,
» Monseigneur, de U. E.
» J je très humble, très obéissant et très fidelle seruiteur,
» Bussy. »
(1) C’est la date que donne Bussy dans ses Mémoires. La lettre originale n’est point datée.
BUSSY-R ÀBUSTIN.
Rabustin en fut pour ses frais épistolaires, et l’essor de sa grande carrière militaire s’arrêta court devant le concert de récriminations des ennemis de tout genre qu’il avait eu l’art de se susciter. Aussi, la dernière lettre, d’une énergie de dévouement si frappante, au texte original, est-elle atténuée, dans l’expression, aux Mémoires historiques révisés par lui ou par le comité posthume.
L’ambition de Bussy était toujours sur le qui vive, et le 15 août suivant, il écrivait au cardinal une lettre plus curieuse encore. Ce qu’elle présente d’équivoque disparaît devant les explications qu'il donne en ses Mémoires, où il la cite sans la rapporter textuellement (1). Il dit que c’est M. de Gossé (que Mazarin voulait établir après Moret , parce qu’il était lieutenant de sa compagnie de chevau- légers) qu’il avait en vue quand il proposait de donner cinquante mille livres à une créature du Cardinal pour s’assurer la place qu’il demandait. Le Cardinal refusa, parce que, dès le temps de la prise de Gravelines, le gouvernement en avait été destiné au maréchal de Grancey. Voici la lettre :
« Monseigneur,
» Je uiens d’apprendre La mort de Mr de Moret, et comme ie sauois que U. E. Luv auoit fait auoir du Roy des assurances du gouuernement de grauelines , je La supplie très humblement de se souuenir qu’elle me lit la grâce, l’autre iour, a Bergues, de me pro-
Lettre Je Bussy au cardinal Mazarin.
Août 1658.
(1) T. II, p. 167 de l’édition in-4°.
Bussy-Rabustin au cardinal de Mazarin .
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