‹ Causeries d'un curieux (volume 3)Chapitre 102 sur 127 · VALENTIN CO>'P.ART · texte numérisé non relu

VALENTIN CO>'P.ART

dément. Il disoit souvent qu'il no connoissoit point d'homme de vostre â(je (1) qui eust un savoir plus vaste, ni plus universel que le vostre, et vous savez qu'il estoit capable d'en jufjer. Cependant, Monsieur, quelque satisfaction que j'ave eue à voir dans ce laborieux ouvrage combien vous estes digne et de cet éloge, et du rang que vous tenez parmy les plus doctes de nostre siècle; je ne vous céleray point que j'ay lu avec regret et avec douleur tant de choses qui ont blessé et déchiré une des plus belles amitiés qui fut jamais , et qui méritoit d'estre éternelle. Je n'entre point dans la question qui causa vostre dispute , parce qu'elle n'est Y>as de ma portée; mais j'oseray bien dire qu'elle ne devoit pas aller si loin , et qu'il eust suffy, d'un costé, de vous avertir en j)articulier de l'obmission que vous aviez faite en copiant, et de l'autre, que vous eussiez suppléé, de bonne foy, ce qui avoit esté obmis. Au-lieu de cela, les choses se sont divulguées, les esprits se sont aigris; les picoteries ont attiré des reproches et les reproches des injures ; et tout cela a fait brèche à deux cœurs les mieux unis du monde, et a affligé les amis communs. Je voudrois que vous vous fussiez souvenu dés l'entrée de vostre lettre de la période qui la finit ; vos railleries eussent esté moins piquantes , et l'ironie n'eust pas régné dans tout vostre discours, en parlant à un homme, que l'âge, le savoir, la bonté naturelle, et l'amitié cordiale, vous rendoyent vénérable, par vostre aveu mesme. Mais puisque cela n'a pas esté,

(1) Huet avait trente-sept a^^ à la mort de Bochart. Cului-ci en avait cinquante-huit.

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