LETTRES DE FOL'CQUET
grandes et aduantageuses, et que mon expérience eust peu seruir. Je n'affectois pas de demeurer surintendant : au moindre mot que i'eusse peu comprendre, i eusse remis tout sans quil eust esté besoin des extremitez ou l'on m'a mis. Mais ce sont des secrets ou ie ne doibs pas pénétrer.
» Mais ie puis ])ien me réduire a supplier a iointes mains la bonté et la générosité du Ilov d'addoucir ma j)eine, et ce quil accorderoit a dautres par la seule considération d'une longue, pénible et dangereuse maladie qui ne peut estre guérie au lieu ou ie suis, de me le douer au nom de Dieu pour la seule recompense de tous mes seruices et de quelques actions que Sa M"" se souuiendra que iay faites qui n'ont pas dent luy estre désagréables. Ce que ie demande est peu, c'est de conuertir ma prison en un exil pour tout le temps quil lui plaira, au lieu de son rovaiime le plus esloigné de la cour. Jay une meschante chaumière au fonds de la Bretagne ou il n'a iamais demeuré qu'un concierge, acquise de M. d'Elbeuf et qui tient a des bois, dont ie doibs encor le prix, ie consens d'estre relégué la. M. de la Meilleraye, qui ne inavme pas et qui sera assez bien aduerti, verra ma conduile; jo signeray soubs peine de la vie de ne me mesler d'aulcuue affaire que des miennes domestiques, de ma conscience, de ma saiit('', de ma famille; ie rendray compte de temps en tenq)s à }ii^. le Tellier de tout; et ce sera encor bien assez d'exemple et de cliastiment j)uis(]ue le Roy croid que iay failly, «pie ie me trouue dépouillé de la suriiilciKJaiue, de ma charge de procureur gênerai, exclu des conseils, banni de la Cour, de Paris, de mes maisons, de mes parents et