‹ Causeries d'un curieux (volume 3)Chapitre 12 sur 127 · TOME n · texte numérisé non relu

TOME n

iiii centenaire.

j'y trovive un motif de plus pour remercier le Ciel de la

protection qu'il accorde à mon règne, »

Ce prince, qui vécut quatre-vingt-neuf ans, et, comme son aïeul Kang-Hi , en régna soixante , exerça plusieurs fois sa verve en l'honneur de l'un de ses peintres européens, le jésuite Joseph Castiglione, qui mourut plus que septuagénaire à sa cour. Le jour où la soixante-dixième année avait sonné pour le hon religieux, qui tenait encore le pinceau de sa main tremblante, Khien-Loung voulut l'honorer avec éclat. Il lui fit porter en grande pompe , au bruit des fanfares , au milieu d'un concours immense de peuple, de riches présents, par des mandarins ; le fit féliciter par ses fils, par les grands et par les lettrés; et, pour rehausser encore la grandeur touchante de la fête, aux yeux des Chinois émerveillés, l'empereur avait joint aux présents quatre caractères, tracés de sa propre main, à la louange de Castiglione.

Mais si Dieu avait mesuré assez d'années au pauvre peintre pour mériter cette gloire, il lui laissa j)eu de joiu's pour en jouir. En 17G8, Castiglione n'était plus. Mais Khien-Loung, (pii ne mourut (ju'en 1791), ne l'oidjlia point. Passant un jour, en 1783, à l'âge de soixanledou/c ans, devant son propre portrait [cnne, peint pur Castiglione, il composa ces vers , qui lurent attaches (Ml autographe au tableau :

(Nous les écrivons dans le sens ordinaire de l'c-criture chinoise, c'est-à-dire en colonnes posées de droite à gauche.)

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