‹ Causeries d'un curieux (volume 3)Chapitre 13 sur 127 · AUTOGRAPHES IMPERIAUX · texte numérisé non relu

AUTOGRAPHES IMPERIAUX

Jou Pou Kouéi Sié

tche che iigo tchen

tse pan chao Che

che jen nien Ning

choiiëi tchè che chen

Ce qui veut dire : Éioce

1 • • ^ r^ • !• \ / \ jiostliuine d

« Che-Ning (surnom chinois de Castighone) (1) ex- casticiione cehe dans l'art de peindre au vrai hi nature :

en vers , de la main . . , - . , du même

» Il a fait mon portrait dans mes plus jeunes années, empcieui-.

" Quand j'entre aujourd'hui dans la salle avec mes cheveux hlancs ,

') Je ne sais plus quel personnage ce portrait représente (2). »

(1) Ces mots, qui signifient celui dont la vie est calme et tranfjitille, qui est calme dans le monde, peignaient la placidité du missionnaire.

(2) Voir le Livre des fêtes de Khien-Loung, déjà cité, vol. I*^'",fol. 18.

Ces vers et cette traduction m'ont été fournis par M. Callery, secrétaire interprète de l'Empereur des Français pour les langues de la Chine, et qui a demeuré quinze ans dans l'Empiie du Milieu.

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36 LA crn>E.

Voilà de ces autographes sacrés que les plus grands seigneurs de la Chine se disputeraient à des prix fabuleux, si de fortune ils pouvaient être mis en vente.

Est-on de coudition modeste , et a-t-on des amis haut places, on fait solliciter auprès des grands de l'empire la faveur d'une inscription horizontale , ou de deux inscriptions verticales autographes à l'adresse de sa personne, et l'on en fait le plus bel ornement de son salon.

Tout le monde n'étant pas habile ou disposé à écrire des lettres de grande dimension, la passion autogra- Aiitojïraplips phique dut se contenter souvent de l'écriture ordinaire. Elle se ménagea dès lors une pâture immense en introduisant l'habitude d'écrire sur des éventails. En Chine, l'éventail est une partie intégrante du costmne national, à tel point que sous la dvnastie actuelle l'étui à éventail est au nombre des insignes de l'autorité, avec l'étui à lunettes, le porte-montre et les sachets h tabac et à bétel. Qu'il fasse froid ou cliaud, <pi'il pleuve ou qu'il luïige , tout Chinois comme il faut ti(Mit son éventail à la main dans les visites de cérémonie. L'amour-propre est la plus inaltérable de toutes les affections humaines : quelle satisfaction pour le porteur d'éventail, si , pendant la conversation, il peut étaler, sans en avoir l'air, aux veux de ses inlei'Iocuteurs , quehjues lignes tracées exprès poui- lui pai" un personnage; illustre de l'empire ! Satisfaction qui se paye souvent fort cher, et dojit souvent aussi le faux procure l'équivoque jouissance. « Ou'inqxjrte (jui soit le père, disait-on ii Sparte, p()ur\n (pu.' l'enfant soit beau! »

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