CHAPITRE III
Le faux, disions-nous. Eu effet, il y a des faussaires Faussaires eu
1/-1I- •! 1 r 1 • 1' •• autojraplie.
a la Chuie, u y a des raJ)ricateurs d antiquités, de J)rouzes, de médailles et d'autographes, de même qu'il y avait eu des faussaires eu autographe dans l'antique Rome, dans la nouvelle Troie. Nul doute, il est vrai, que les Grecs, peuple moqueur et plaisant, bientôt consoles de leur disgrâce à l'endroit du faux autographe de Sarpédon , dont on avait quelque tem])s amusé leur crédulité, n'aient été disposés h se railler d'eux-mêmes : jkjuvaient-ils oublier que Zoroastre avait ri le jour même de sa naissance ( 1 ) , et que Lycurgue voulait que la statue du dieu du Rire eût toujom^s sa place dans la maison? Mais les Chinois, peuple superstitieux et grave, prennent toutes ces choses au sérieux. Toutefois, chez eux comme ailleurs, il est une critique au moyen de laquelle on découvre les contrefaçons. Pour les autographes en cnii([ue particulier, on a recours au procédé àxx fac-similé, et l'on reproduit ainsi l'écriture des grands hommes dont l'autographe atteint des prix trop élevés. Calqués sur des originaux avérés et incontestables , ces fac-siniile offrent un terme de comparaison. Malheureusement les Chinois sont de bien adroits faussaires , et il faut un œil très-exercé pour ne pas s'y laisser prendre.
On se rappelle, par exemple, ce fameux Tchèn,
011 matière d'aiilo- "ranlir.
(1) Pi.iN"., Nat. Hht. " llisisse eodoiu diu, qiiu (jcnitus essct ,
acf'e[)iinus Zoroastrciii. n VII, 15.
vice -roi de Canton.
Autographe vice-i'oi (le Caiitoii à l'époque où les Tartares qui
de Tchèn ,
occupent actuellement le trône de la Chine, renversèrent, vers le milieu du dix-septième siècle de notre ère, la dvnastie des Mitig, chinoise pur sang. Fidèle au souverain qui l'avait investi de ses pouvoirs dans une des provinces les plus importantes de l'empire, Tchèn refusa de se rendre aux usurpateurs, bien que leur triomphe fût presque assuré, et qu'il ne lui restât que de faibles moyens de résistance. Tombé au pouvoir des Tartares, il fut condamné à être scié tout vif. Et comme les bourreaux malhabiles le mutilaient sans avancer leur féroce besogne, lui, avec sangfroid , leur conseilla de l'attacher entre deux planches, afin d'avoir un point d'appui. Triomphe de la grandeur d'ànie sur la douleur, et qui rappelle cette fierté stoïque de l'une des victimes de Néron , le tribun guerrier Subrius Flavius , qui , sur le lieu du supplice et devant la fosse troj) étroite où allait être jeté son corps, dit aux soldats avec dédain : « Même cela n'est point fait suivant les règles : Ne /loc cjaùlein ex disciplina (1) ! " Supplices X Canton, sans avoir eu l'horreur d'être témoin
i la Cliirie.
du supplice de la scie, on peut se faire, au naturel, une idée de ce supplice dont l'usage remonte en Cliinc ;i plus de trois mille ans, et qui était l'un des supplices chez les Hébreux. Kn effet, c'est par la scie (|u'a été mis à mort le grand prophète Isaie, au commencement du règiu; de Manass(;, à l'âge; de cent ans. Dans un lempl(; de cette ville de Canton, ou la .scidp-
(1) T,u;ii., Annal., XV, 67.