CHAPITRE V
Quel tst Au premier ran^ des plus anciens autographes chi-
le ])lus ancien . ,, . /i-ir.i
.aiiij-rapiin uois quc 1 OU conuaisse communément, u raut placer (le 1 éciim're ceux tlc Waii-Hi-Chc, magistrat illustre qui vécut sous la dynastie des Tsin, vers la fin du troisième siècle de notre ère, et qui, pour la Chine, est le Raphaël de la calligraphie. Les caractères sortis du pinceau de ce Jarry chinois sont empreints d'un cachet unique et inimitable qui fait immédiatement reconnaître à l'œil exercé les autographes vrais des nombreux faux que la spéculation n'a pas manqué de jeter dans la circulation depuis quinze siècles.
Mais autant Wan-Hi-Che excellait dans l'art d'écrire, autant il lui répugnait de donner de ses autographes ; et il fallait user de stratagème ou le prendre })ar un faible pour vaincre sa modestie sur ce point. On raconte (pie la j)lupart de ses autographes, dont la postérité s'enorgueillit, étaient dus à l'adresse d'un bonze CorniiKiii (pii , connaissant le goût tout particulier de Wan-Hi-
on obtenait
(les Che pour les oies , alléchait sa friandise par un cadeau
anlo;;ra|)]ics
(1(1 <(i<i.iv de ces grasses dépouilles, spolia opima , sous la condi- Waii iii Cil, tion cpi u lui écrivit quehpies caractères. Les oies apparoiTiuiont étaient alors une rareté en Chine, et le mandarin calli{;raphe était pauvre et simple de UKïMirs. On couvrirait aujourd'hui de pâtés de foie gras une j)artie (le la {;rande muraille avec le j)rix des autographes du grand \Vati-ili-(jlie ; car son écriture bien authentique se vend (sous main) de (jualre cents à huit cents taëls
[huit francs chaque taël environ de notre nu)nnaiej : soit, de trois mille deux cents francs à six mille quatre cents.
Le goût de la calligraphie a été poussé fort loin éga- Du {yoût
(le la
lement chez les Arabes, les Turcs, les Indiens, les (aiiijîrapiiie
chcy.
Persans. Chez ces derniers, les manuscrits d'une belle i<s luriicns,
, , , ., '''^ Aralies,
executujn se vendent très-cher, quand us sont un peu Us Tmts
fl les Persans.
anciens. On célèbre les autographes des fameux calligraphes nommés Imàd et Dervich qui florissaient il y a près d'un siècle. On en suppute la valeur par lettre , et chaque lettre dans une pièce autographe est portée de cinq à dix francs, suivant la beauté des caractères. Il y a deux ans, de petits autographes de ces kliQchnewis (c'est ainsi qu'on appelle les calligraphes persans) se sont payés cinquante tomans; encore n'étaient-ils pas d'une conservation parfaite.
Il existe en turc un livre spécial sur la calligraphie.
, CHAPITRE YI.
Chez nous, le fleuriste peut offrir en cadeau ses fleurs; le peintre, son tableau; le dessinateur, son dessin : le Chinois grand seigneur offre son autographe , Antographes
... écliangcs
présent toujours acceptable pour qui le reçoit, peu coû- en iirtscms
• -Il rr » • • 1 I • - entre les
teux pour qui l offre. Ainsi, dans la première entre- néj;nciatenrs