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vue diplomatique entre ^Nl. de Lagrene et les hauts si{,MR,eni8'ii, mandarins de Canton, a Macao, le haut commissaire do la i nmce impérial Ki-Ing offrit à l'ambassadeur de France et aux principaux membres de son ambassade , alors présents, des éventails d'une valeur intrinsèque de vingtcinq centimes la pièce , mais que les collègues de Ki-
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Ing semblaient envier à nos compatriotes, parce que Son Altesse v avait écrit de sa main quelques lignes à l'intention de ces heureux barbares. L'un de ces éventails du haut commissaire m'a été gracieusement donné par madame de Lagrené : j'en transcris ici le texte, qui est tiré du Kou-wen ou fragments antiques recueillis par ordre de l'empereur Khang-Hi (1) :
Ce qui signifie :
« Diuis cet endroit, il v a des montagnes élevées, de liantes collines, des forêts épaisses et des bambous gi-
(1) \i>ir (I.ins lis fragiiieiits écrits sous la (Iviiastio des Tsiri.
gantesques. On voit aussi à droite et n gauche un eiii- Ijellissement de ruisseaux limpides qui s'entremêlent avec bruit. Un courant d'eau qui serpente sert à nous apporter les covqjes dans lesquelles nous buvons. Quand nous nous assevons en rangs dans cet endroit de délices, nous cliantons ini cou})let à chaque verre , tout j)rives que nous sovons d'un grand nombre de flûtes et de guitares. Et cela suffit pour égayer nos esprits dans la vie intime que nous menons. Ces jours-là, le temps est magnifique et souriant, la température est pleine de douceur. »
« Ecrit par Ki , précepteur du Prince Impérial. » Sur le côté est apposé son cachet à l'encre rouge.
A l'entrevue dernière, quand on en vint de part et d'autre à se faire des cadeaux, et que les Chinois offrirent des soieries et des jades, des porcelaines et des laques, l'oncle de l'empereur, voulant par-dessus tout donner au chef de la mission française une marque singulière de son estime et le saluer d'un dernier vœu hospitalier, lui présenta une pancarte de trois mètres de long, où brillait, comme une comète au firmament, un caractère unique , caractère gigantesque , tracé de sa main :
CHEOU , qui veut dire Longévité,
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Le cheoii. La longévité a ses temples à la Chine (1). Le vita
brevis a été, chez tous les peuples, comme dans tons les temps, ime des plus poignantes préoccupations humaines. Le Chinois , si amoureux de la vie sensuelle, a son Cheoii et son adoration pour le genseng miraculeux , qui valent bien notre tradition éternelle de la Fontaine de Jouvence, dont l'origine va se perdre dans la nuit mythologique. Pline l'Ancien enregistrait avec une scrupuleuse admiration les cas de longévité. Le Chinois, en pareil sujet, ne reste pas en arrière. On a vu l'empereur de la Chine lui-même envoyer de sa main sacrée des félicitations à ceux de ses sujets qui avaient su triompher du temps. Partout se rencontrent, dans le Céleste Empire, des bronzes, des laques , des jades , des porcelaines antiques ou modernes , qui sont tout couverts d'un semis de ce mot Longévité, répété, en façon d'ornement, sous toutes les formes et en tous caractères. Souvent même ce mot couvre les vases à cuire le genseng, cette racine précieuse et rare à laquelle le Chinois attribue la vertu souveraine de prolonger la vie, comme notre moyen âge l'attribuait aux ('lixiis, comme le grand IJacon hii-nu'me la cli(;rchait encore dans la médecine dorée, dans les préparations de perles, de pferres précieuses, d'ambre et de bézoard; comme elle ne cessera d'être placée dans l'arcane des recettes, tant (pie la vie ne sera ponr notre faiblesse (pi'unc opération purement ])livsique et chimique, tant qu'on oubliera que l'organisme humain est
(1) La longt';vite est cgaleineiU fort prisée au .1 i|miii. Elle a pour emblèmes la tortue, la eigoyne et le sapin, ce (jiii cxpliinie 1.» rcproductioii si IVcqueiite des peintures de ce genre sur les lafjucs de Yedo.
autre chose que le simple exercice des forces régissant la matière, et qu'on prétendra faire sortir du domaine de l'homme ce qui repose tout entier dans la main de Dieu. «La dernière démarche de la raison, c'est de connaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent (1). »
Le premier secrétaire de l'ambassade de M. le baron Gros, à la Chine, M. Duchesne de Bellecourt, aujourd'hui ministre de France au Japon , a rapporté un de ces bâtons de commandement appelés /ou-j, qui sont un des signes de la dignité de mandarin. Le Cheou y est reproduit sur la pieri'e de jade si difficile à tailler.
Lors de la signature du premier traité négocié par rn des
plénipoten-
M. de Lagrené, le célèbre Huân, collègue de Ki-Ing, tiaires chinois et qui avait fait l'office de secrétaire d'État, offrit également de ses autographes sur des éventails ; mais celui-là , académicien et poète , voulut , dans une circonstance aussi solennelle, donner en même temps un échantillon de sa poésie. Il entreprit les louanges du Cette poésie
1 u 1 1 r • 1 • ' . ^st rélo{;e
secrétaire de 1 anabassade française , dernièrement mi- Aa premier
, , I . 1 sccrélaire de
nistre de 1 empereur à Florence, le marquis de Fer- lambassade
, 1 , 1 ''^ France.
rière-Levayer, qui avait tenu la plume a toutes les conférences diplomatiques, et qui, dans l'entrevue dernière, avait, après diner, fait de la musique sur un piano de Pan-Se-Tchen. Le piano a poussé ses tristes conquêtes jusqu'à la Chine.
Voici les vers traduits en français :
« Il y avait à Paris un docteur à l'aspect brillant comme le jaspe. Son esprit était éclatant comme la lune
offre
une poésie
autographe.
(1) Pascal, Pensées, art. xiii, 1.